A. Bidar et le (Grand) Collège (Mufti) de France

L’exposé des intuitions salvatrices du philosophe/inspecteur (de l’éducation nationale et de la pensée ) Abdennour Bidar s’enracine dans une tradition française solidement implantée. Celle qui voit depuis plusieurs décennies la petite poignée des acteurs de la mondanité islamique parisienne chercher à s’ériger en magiciens guérisseurs des maladies de la République et du monde.

Le Collège de France doit  “(...) créer le grand contre-modèle intellectuel et spirituel nécessaire à l’idéologie salafiste qui menace tant de musulmans d’une vision rétrograde de l’islam, et qui nous menace tous par sa radicalité”.

L’exposé des  puissantes intuitions salvatrices du philosophe/inspecteur (de l’éducation nationale et de la pensée ) Abdennour Bidar s’enracine dans une tradition française solidement implantée. Celle qui voit depuis plusieurs décennies la petite poignée des acteurs de la mondanité islamique parisienne chercher à s’ériger en magiciens guérisseurs des maladies de la République et du monde. La démarche n’est pas nouvelle, ni la supercherie dont elle procède. Créez (et si possible, bien sûr, confiez-moi la présidence) un “Institut de la pensée politiquement correcte de l’Islam de France” (ou seulement une chaire au grand Collège où je rêve de trôner)  et,  je vous le promets, des cages d’escalier des HLM de nos banlieues aux avenues de Mossoul et jusqu’aux frontières de Gaza, cela en sera fini de ces vilains fauteurs de troubles que nous aurons enfin “éduqués” ! Et, ce faisant, de ces tensions françaises exacerbées entre les composantes du corps social et politique.

Ah …”le bon Islam” et ses apôtres ! Le vrai ! Celui qui interdirait à toute une partie de la planète toute appropriation protestataire de son identité religieuse. Celui dont aucun adepte n’aurait le mauvais goût de dénoncer tous les déséquilibres, les forfaitures, les contre-performances, la duplicité du monde des puissants… que, Bidar,  l’alter ego savant de notre Chalghoumi national,  écarte si parfaitement de sa recette ! Puisque seule la faiblesse de “l’éducation islamique” (celle que, du sommet de sa hauteur, il serait l’un des rares à pouvoir nous dispenser)  est à l’origine des tensions et des déchirures douloureuses de notre pauvre monde.

FB 

PS (Le 27 à 23 H 30) Alors que Bidar, fidèle  successeur d'Abdelwahab Meddeb,  (et d’autres avec lui)  pensent que c’est le salafisme qui brise le pacte républicain, j’ai pour ma part, sans nier la dimension clivante de cette interprétation de la foi musulmane, l’intime conviction, avec beaucoup d'autres, que la causalité est inverse : c’est notre façon très égoïste et très unilatérale de mettre en oeuvre ce pacte républicain, associée au plafond de verre auquel se heurtent les musulmans dans l’ascenseur social et aux grossières manipulations de leur représentation (dont l’arrogante surreprésentation médiatique offerte à Bidar - ou à Chalghoumi-  est l’une des nombreuses expressions)  qui… fabriquent des “salafistes” !

 

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