Covid-19 : cafouillages dans les mesures économiques

On parle beaucoup des cafouillages, mensonges, etc.. du gouvernement dans la gestion médicale et sanitaire de la crise. Le volet économique et social en connaît lui aussi. Extrait de la lettre qu'un cabinet comptable a adressé ce jour aux clients dont il gère les payes et cotisations sociales :

"Les mesures exceptionnelles prises par le Gouvernement pour faire face à l’état d’urgence se sont traduites par des communications officielles ou non, suivies de décrets parfois contradictoires aux annonces. En outre, tous les points ne sont pas traités ou n’appréhendent pas l’ensemble des problématiques et la coordination entre les différents textes. Aujourd’hui, nous attendons encore des réponses….

Trois exemples pour illustrer ce quotidien difficile :
- Les ouvertures de compte activité partielle : il a été annoncé un délai d’ouverture de 48 heures qui dans les faits est monté jusqu’à presque 3 semaines. Il nous a souvent fallu les faire en dehors des horaires normaux de travail car le site était saturé.

- Les demandes d’indemnisation : la DIRECCTE a, il y a 5 jours, changé le format de dépôt des fichiers sans prévenir en amont les éditeurs de logiciels de paie ! Notre outil de production est donc bloqué et les éditeurs travaillent d’arrache-pied pour tenter de nous fournir au plus vite un état permettant la remontée automatique d’un maximum de données vers la DIRECCTE. La saisie manuelle, outre le risque d’erreurs, impliquerait un temps de traitement trop important. Cette situation altère notre production sans que nous en soyons responsables.

- Les problèmes d’interprétation des textes : le 9 mars, un décret favorise les arrêts de travail dérogatoires (garde d’enfant et personnes vulnérables) en venant assouplir et élargir les conditions d’accès. Les fiches de paie du mois de mars sont faites ainsi. Le 3 avril, le Ministère du travail indique que la garde d’enfant et personnes vulnérables ne peut pas faire l’objet d’un renouvellement si l’employeur a été dans l’obligation de fermer son entreprise. Par contre, pour les cas de chômage partiel (hors fermeture), le renouvellement reste possible."

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.