Éric (Zemmour) est-il un prénom français ?

Raciste et inculte, Zemmour crache sur sa mémoire familiale et raconte une fois de plus n'importe quoi.

Éric Zemmour a encore frappé !! La question de fond est d’ailleurs la suivante : pourquoi continuer à inviter sur les plateaux un tel personnage, plusieurs fois mis en cause pour des incitations à la haine raciale ?

Cette fois, il a expliqué à son interlocutrice, Hapsatou Sy, que son prénom était une « insulte à la France », en méconnaissant une fois de plus la réalité des faits et du droit1, comme l’ont précisé les « Décodeurs du Monde ».

Donc prénom d’un calendrier ne signifie pas prénom d’un saint !!

Cas pratique :

Saint Éric

Il y a effectivement un saint Éric, prénom porté par plusieurs rois de Suède. Éric serait une forme scandinave de Heinrich (Henri), prénom d’origine germanique.

Il y a effectivement un saint Éric, roi de Suède. Mais le prénom ne sera popularisé en France que par la série « Prince Éric », de Serge Dalens (roman scout publié dans la collection « Signes de piste2 ».

Si l’officier d’état-civil de Montreuil avait consulté en 1958 l’almanach des Postes de l’année pour savoir si le prénom pouvait être admis, il n’aurait pas trouvé d’Éric. Et le 18 mai, jour de la fête de saint Éric de Suède, il aurait trouvé « Juliette ».

Aujourd’hui, le site catholique officiel Nominis précise qu’on fête aussi ce jour saint Dioscore d’Alexandrie et « Il est le patron des Cora, Corinne, Coralie et Coraline, en attendant qu'une femme ainsi nommée soit mise sur les autels pour le décharger de la protection de tant de fidèles qui se placent ainsi sous patronage. » . Et donc quand Éric Zemmour propose à Hapsatou Sy de se prénommer « Corinne », il ajoute le grotesque inculte à l’odieux.

Quels sont les prénoms autorisés par Bonaparte, auxquels tient tant Éric Zemmour ?

Loi du 11 germinal an XI3

Au NOM DU PEUPLE FRANÇAIS, BONAPARTE, premier Consul, PROCLAME loi de la République le décret suivant, rendu par le Corps législatif le 11 germinal an XI, conformément à la proposition faite par le Gouvernement le I.er du même mois, communiquée au Tribunal le lendemain.

DÉCRET.

TITRE PREMIER. Des Prénoms.

Art. Ier.

A compter de la publication de la présente loi, les noms en usage dans les différens calendriers, et ceux des personnages connus de l'histoire ancienne, pourront seuls être reçus, comme prénoms sur les registres de l'état civil destinés à constater la naissance des enfans; et il est interdit aux officiels publics d'en admettre aucun autre dans leurs actes.

Les « différents calendriers » fait référence au calendrier des saints catholiques, mais aussi au calendrier républicain, officiel à l’époque.

On pouvait donc appeler un enfant « cochon » (5 frimaire/25 novembre), « pissenlit (26 ventôse/ 16 mars). Je suggère « Noix » (14 fructidor / 31 août) jour de la naissance d’Éric Zemmour.

Le même Zemmour a contesté les prénoms de Natacha Polony et Gilles-William Goldnadel !!

J’aimerais conclure par deux exemples historiques :

1. Lazare Carnot (1753-1823) a prénommé son fils « Sadi » (1796-1832), un des pionniers de la thermodynamique, en hommage au poète persan Saadi. Le neveu de ce dernier (1837-1894) fut également prénommé Sadi, comme son oncle. Il fut le 4ème président de la IIIème république. Des insultes à la France ??

2. L’inusable Jack Lang, né le 2septembre 1939 a été prénommé ainsi, et non pas Jacques, car ses parents voulaient rendre hommage à l’allié britannique. Insulte à la France ?

1 C’est le même Éric Zemmour qui explique que Pétain a protégé les juifs français des persécutions nazies, contrairement aux faits confirmés par les spécialistes de l’époque. Zemmour, né en 1958 dans une famille juive algérienne, a-t-il oublié que c’est le gouvernement de Vichy qui a retiré le 7 octobre 1940 à ses parents la citoyenneté française qu’ils avaient depuis le décret Crémieux du 24 octobre 1870. Et sans aucune demande ni pression de l’Allemagne nazie !!

2 J’en ai lu plusieurs au temps de ma jeunesse. Ouh la la !!

3 Les aléas de l’histoire font que certains textes de cette époque font encore partie des corpus législatifs de la Belgique et du Luxembourg.

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