Cela fait quelques années que je blogue, ici ou ailleurs, et aussi que je lis et parfois commente ce que d'autres publient. Cette expérience me permet de dégager quelques règles, pour moi et j'espère pour d'autres.
Qui parle à qui ?
Un blog s'adresse à tous, et pas seulement à quelques initiés, qui connaissent le sujet traité et ses sous-entendus.
Préférer la recherche de la qualité à la quantité.
Je publie finalement assez peu de textes personnels, le plus souvent je me contente de reprendre ceux d'autres, ou de publier des brèves.
Si je parle d'un livre, je reproduis la notice d'éditeur, le commentaire d'une tierce personne, mais ne me livre à une analyse personnelle qu'après l'avoir lu, crayon en main.
J'évite de me lancer dans des constructions théoriques sur des sujets que je ne maîtrise pas. Je préfère m'intéresser à une situation concrète, bien délimitée, en évitant toute généralisation. Si je suis amené à citer un autre site, je me renseigne et évite d'aller chercher mes exemples « en face ». Je sais qu'il y a des sujets « casse-gueule », notamment ceux qui touchent à l'intimité des personnes et/ou aux choix des modes de vie. Alors, j'évite de les aborder, n'ayant aucune connaissance en matière de psychologie, psychothérapie, etc. et le sachant.
«Si tu n'es pas sûr que ton chant est plus beau que le silence, alors tais-toi ». C'est, paraît-il, un proverbe chinois.
Respecter le sens des mots,
Avant d'employer un mot exprimant un concept, je m'assure, dictionnaires à l'appui, qu'il existe en français, et qu'il a bien le sens que je lui donne. Si je devais créer un mot, j'en donnerais très précisément le sens.
Prendre le temps de la réflexion.
Et je rédige le plus souvent mes textes hors ligne, les « laisse reposer » au moins quelques heures avant de les relire et les mettre en ligne.
Tout doit être vérifiable.
Chacun doit pouvoir vérifier de quoi on parle : les faits, discours, écrits cités doivent être datés, aisément consultables. S'ils sont en ligne, il faut insérer les hyperliens. La seule exception concerne les hyperliens vers des sites illégaux, infects, dont on ne veut pas accroître l'audience par un simple clic de souris. Mais on doit malgré tout donner suffisamment d'éléments pour permettre leur consultation à quelqu'un de vraiment motivé, via Google par exemple.
Responsabilités associatives et positions personnelles.
Si le blog est un blog personnel, les références aux engagements du blogueur doivent être limités au strict minimum et régulièrement mis à jour. Il ne doit y avoir aucune confusion entre les idées personnelles du blogueur et celles des organismes auxquels il appartient. Si on indique exercer des responsabilités nationales, le risque de confusion est encore plus grand.
Pas de réécriture qui dénaturent le texte initial.
Le texte mis en ligne ne doit pas être modifié au gré des circonstances et des rectifications apportées par les commentateurs. En effet, celles-ci perdent alors toute signification et cohérence. Personnellement, je ne corrige que mes fautes d'orthographe, et si je dois faire une correction portant sur le fond, je m'arrange pour distinguer les corrections du texte initial, sans faire disparaître celui-ci.
Moi ou d'autres ?
En cas de citation plus ou moins importantes de textes d'autres personnes, il faut une mise en page, une typographie qui permettent de distinguer ce qui original de ce qui est repris.
Du pseudonymat.
Le pseudonymat, à ne pas confondre avec l'anonymat, est une solution élégante. Cela évite par exemple de confondre Maître Éolas, avocat-blogueur, avec Me Machin, qui a plaidé le dossier Truc contre Chose. Il permet également de satisfaire à l'obligation de réserve, professionnelle ou associative, ou d'éviter le harcèlement des extrémistes. Il a aussi un avantage : limiter le débat à ce qui est écrit, éventuellement replacé dans le seul contexte des écrits antérieurs du blogueur.
De toute manière, le pseudonymat ne protège pas des actions en justice contre les textes mis en ligne s'ils sont illégaux.
Alors, si le blogueur utilise un pseudonyme, on doit respecter son choix.
Commentaires sur les pages personnelles de médias
En général, les pages personnelles sur des médias, (Le Monde, Mediapart, feu Le Post,etc..) sont soumises à des règles plus strictes que les blogs personnels (Blogspot, etc.). Les services qui gèrent la « modération » ont souvent pour principe d'éviter les emm.. et ont alors une interprétation extensive des règles d'usage. Par exemple, je n'ai pas réussi à convaincre la société qui modérait a posteriori « Le Post » que la Palestine n'était pas une religion et que je n'avais donc pas violé l'interdiction prévue par la charte d'utilisation de faire de la propagande religieuse.
Sur ces pages personnelles, la règle est la liberté de commentaire. C'est ce qui fait l'intérêt de l'exercice. Il n'est pas normal de balancer une vacherie contre l'auteur(e) d'un commentaire et aussitôt après de fermer les commentaires. Il n'est pas non plus normal de mettre en ligne un texte que l'on sait être contestable, polémique, et d'empêcher toute réponse au pied du texte, a fortiori quand on cite, critique ou met en cause une personne.
Commentaires sur les blogs de plates-formes commerciales.
Sur les blogs personnels, chez Over-blog ou ailleurs, on peut choisir de modérer ou non a priori les commentaires. Suivant les cas, la responsabilité du blogueur est différente.
En cas de modération a priori, il est co-responsable s'il laisse passer un commentaire litigieux. C'est pourquoi, par exemple, j'ai bloqué sur un blog un commentaire accusant une personne d'être antisémite et d'avoir été condamnée en justice.
En cas de modération a posteriori (on peut toujours supprimer un commentaire litigieux), la responsabilité du blogueur est engagée si, averti, il n'a pas réagi dans un délai « raisonnable ». Il peut y avoir des problèmes en cas d'éloignement d'Internet (maladie, vacances). A titre d'exemple, sur un blog personnel qui ne traite pas de politique nationale ou internationale, qui n'évoque a priori aucun sujet sensible, j'avais fait part de mon indignation contre des mauvais traitements infligés à des animaux, photo d'un chat décapité à l'appui. Un commentaire a été posté, sans modération a priori : « Demandez à Prénom Nom, il doit savoir qui a fait ça ! ». Si je n'avais pas été averti par courriel automatique et n'avais pas supprimé le commentaire, j'étais complice de diffamation, une vraie.
J'ai dû aussi plusieurs fois avertir le responsable d'un blog local antiraciste qu'il devait surveiller les commentaires et faire le ménage, car des néo-nazis y déversaient leurs saletés.
En général, je ne bloque, sur mes autres blogs, que les commentaires injurieux, les trolls, les affirmations non vérifiables, etc.
Il est évident que si d'aventure je critiquais un texte d'une autre personne, elle aurait toute possibilité de répondre dans un commentaire, dans les mêmes formes que ma critique. Elle n'aurait pas besoin de s'épancher ailleurs, d'y attaquer mon texte, le tout sans y faire référence, en privant ses lecteurs de l'objet du litige.
Pas de menaces de judiciarisation à tout propos.
Enfin, je connais les sens précis des mots injure et diffamation, un peu la jurisprudence applicable, et j'évite donc de menacer à tort et à travers.
Me dire que j'écris des c... ou que je n'ai rien compris n'est ni injurieux, ni diffamatoire. Mais que cela ne vous donne pas des envies, merci.
Voilà quelles sont les règles que je m'efforce de respecter.