TOULOUSE: l'adjoint au logement est il celui de la spéculation immobilière?

Dans la série des adjoints à la Mairie de Toulouse peu respectueux des habitant-e-s, après les propos de Marthe Marti sur les sans-abris, le DAL Toulouse 31 dénonce désormais ceux tenus par Franck Biasotto, officiellement adjoint au logement et président d’Habitat Toulouse Métropole. Le DAL Toulouse31 répond via ce communiqué.

Franck Biasotto, adjoint au Logement de la Mairie de Toulouse Franck Biasotto, adjoint au Logement de la Mairie de Toulouse

 

Dans la série des adjoints à la Mairie de Toulouse peu respectueux des habitant-e-s, après les propos de Marthe Marti sur les sans-abris, le DAL Toulouse 31 dénonce désormais ceux tenus par Franck Biasotto, officiellement adjoint au logement et président d’Habitat Toulouse Métropole. Ceux-ci sont rapportés dans un article de l’intéressant mensuel toulousain Boudu consacré à l’encadrement des loyers dans la ville rose. Franck Biasotto s’y répand en affirmations à l’emporte pièce sur le dos des locataires toulousain-e-s.

 

Ainsi déclare t-il de manière cash :« Le blocage des loyers est une mesure néfaste, dangereuse, contre-productive et anxiogène ». Pour qui le blocage des loyers serait néfaste, dangereux, contre-productif et anxiogène ? Pour les locataires toulousain-e-s ? Pas pour M. Biasotto qui nous apporte la réponse un peu plus loin :« Un blocage serait un mauvais signal. Il ferait fuir les investisseurs privés. »

Voilà donc la grande préoccupation de M. Biasotto : satisfaire ceux pour qui l’immobilier est synonyme de profits faciles(promoteurs, agents immobiliers, personnes aisées susceptibles d’investir en bénéficiant des aides de défiscalisation, etc.). Les mêmes dont un des représentants, M. Delnomdedieu, président de la FNAIM 31, déclare dans le même article: « Toulouse étant l’une des métropoles les moins chères à l’achat, les loyers sont mécaniquement trop bas. Plutôt que les bloquer, il faudrait que les prix augmentent. ». A faire dresser les cheveux de tous les locataires toulousains... Si l’on savait que les grands promoteurs immobiliers se souciaient peu des fins de mois des habitant-e-s avec de faibles revenus, locataires ou propriétaires, nous sommes déçus de voir que l’appât du gain fait nier la réalité à ce point.

Ainsi d’après l’Observatoire des loyers de la ville ces derniers ont augmenté en moyenne de 0,30  Euros par m² par mois ces trois dernières années dans l’agglomération toulousaine, ce qui nous donne une augmentation annuelle pour un T2 de 30 m² de 108 euros , et de 216 euros pour un T4 de 60m2 . A l’échelle nationale les loyers ont beaucoup plus augmenté que les revenus et les aides aux locataires ont aussi diminué. Par conséquent, en 2013, le niveau de vie moyen des locataires était inférieur de 26% (parc privé) à 35 % (parc social) au niveau de vie moyen. L’écart était quasi inexistant au début des années 1970 et il ne cesse de se creuser….

Ce qui apparaît comme une « stabilité des prix » pour M. Biasotto, représente des augmentations rendant encore plus difficile la vie des habitants les plus modestes, asphyxiés par l’augmentation des loyers. Mais qu’à cela ne tienne, notre adjoint à la spéculation immobilière se veut rassurant pour ses amis promoteurs en pratiquant la politique du doigt mouillé : « Le marché vit bien. Sortez dans la rue, regardez le nombre de panneaux “à louer”. Si le marché était en tension, il n’y aurait pas une telle offre apparente ! » . Une autre politique du doigt mouillé du promeneur toulousain, lui apprendrait que beaucoup de propriétaires affichent leurs biens vides à louer, pour bénéficier en cas d’occupation de sans-abris d’une expulsion plus rapide de ceux-ci. Tous les toulousains qui empruntent le périphérique peuvent voir les mêmes bâtiments vides à louer depuis des années. M.Biasotto devrait en savoir quelque chose lui qui a contribué à laisser vide un bâtiment de 5500 m² appartenant à l’office HLM de la ville, le Fidélio situé au centre-ville, avant de le revendre à une filiale de Vinci.

Les déclarations de Franck Biasotto, surprenantes par leur manque de mesure, restent cependant dans la lignée de la politique menée par la municipalité en faveur de l’immobilier plutôt que du logement de tous, avec le but d’enrichir ceux qui l’étaient déjà et de chasser les plus modestes du centre-ville. A ce titre, il est aujourd’hui davantage l’élu de la spéculation immobilière que du logement des toulousains.

Pourtant des solutions existent !

-Par exemple dans l’optique affiner la compréhension de la réalité de ce qui est vécu par les habitants, nous proposons à la municipalité la mise en place d’un observatoire du logement qui serait plus précis que le seul observatoire des loyers.

-Nous demandons également à ce que l’encadrement des loyers à Toulouse et toute son agglomération soit mis en place comme l’encourage l’arrêt du Conseil d’État du 15 mars dernier.

Le DAL Toulouse31 sera très vigilant sur cette question dans les mois à venir.

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