Israël va réintroduire la peine de mort dans son code pénal

“Un projet de loi prônant la peine de mort pour les «terroristes» a été adopté mercredi en lecture préliminaire au parlement israélien, à une courte majorité (52 voix pour, 49 contre).” (DNA du 5/01/2018).

Voilà une terrible nouvelle. L’État d’Israël franchit le pas du recours à la peine capitale pour étoffer son arsenal juridique et tente d’atténuer la portée d’une décision aussi emblématique en assurant réserver ce châtiment suprême aux seuls “terroristes auteurs des crimes les plus graves”.

Derrière cette précaution purement oratoire se dévoile la nature du régime actuellement en place dans ce pays qui s’est construit, rappelons-le, sur la violence : qu’on se rappelle, entre autres, les attentats menés entre 1946 et 1948 contre l’armée brittanique en Palestine et Menahem Begin commanditaire de celui contre l’Hôtel King David qui tua 28 Britanniques, 41 Arabes, 17 Juifs et 5 non répertoriés.

En rappelant la peine de mort dans l’échelle des peines applicables, Avigdor Libermann et Benjamin Netanyahu se montrent sous un visage qui les range désormais dans la même famille idéologique que, entre autres, les Erdogan, Khamenei et Poutine, mais aussi comme les Orban, Le Pen, et autres “illibéraux” chers à notre Président, qui ne rêvent que de faire voter par référendum le rétablissement de cette peine abjecte dont on sait par expérience son inutilité comme force de dissuasion. Il suffit de voir le nombre d’attentats suicides, dont les auteurs se condamnent eux-mêmes à mort, pour s’en persuader.


On attend sur ce point de connaître la position de la Communauté juive française, dont on sait le soutien inconditionnel qu’elle apporte généralement à l’État d’Israël, quelles que soient ses décisions et ses actions. Si position il devait y avoir.

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