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Billet de blog 9 juin 2022

La sécurité comme langage de l'ennemi

L’apparition d’une question sociale est souvent le fruit d’une construction intellectuelle, d'une mise en forme, d'une mise en mots. C’est le cas par exemple depuis quelques années de la notion de sécurité, et de son antonyme supposé, la violence. Alors que ces deux termes ne signifient pourtant rien en eux-mêmes qui ne soit de l’ordre de l’idée et du rôle politique qu’on prétend leur faire jouer.

François Thuillier
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 Cet article a fait l’objet d’une publication initiale dans le Monde Diplomatique d’avril 2022, dans une version raccourcie et sous le titre « Genèse du discours sécuritaire ».

Une société a rarement conscience d’elle-même. Mais on peut l’y aider. L’apparition d’une question sociale est ainsi le fruit d’une construction intellectuelle, d’une mise en forme, d’une mise en mots. La richesse symbolique[1] se mesure d’ailleurs à la capacité de ses détenteurs d’imposer aux autres leur représentation du monde. Ainsi que leur langage. Là où il conviendrait justement, en ces temps de course à l’abîme, de « rectifier un jugement quotidien et de ne pas permettre aux pouvoirs de disposer à leur gré, pour leur confort, du vocabulaire[2]… ». C’est le cas par exemple depuis quelques années de la notion de sécurité, et de son antonyme supposé, la violence. Alors que ces deux termes ne signifient pourtant rien en eux-mêmes qui ne soit de l’ordre de l’idée et du rôle politique qu’on prétend leur faire jouer[3].

Or, dans ce brouillard sémantique, des ombres inquiétantes ne cessent de gagner du terrain[4] et ont désormais acquis suffisamment de positions pour entrainer un changement de régime politique capable demain de revenir sur les maigres acquis de la République. Pour tenter d’y voir clair, sans s’égarer dans le temps et l’espace de notre sujet, nous pouvons considérer que les termes du débat ont été posés au cours de l’année 1977, soit entre le premier choc pétrolier qui mit fin aux Trente Glorieuses et les débuts de la révolution conservatrice qui allait donner à l’Occident la forme politique qu’on lui connait aujourd’hui.

La construction de la « sécurité »

En quelques mois, Michel Foucault et Alain Peyrefitte vont en effet dessiner le cadre conceptuel et tenir les deux pôles d’une disputatio qui n’a depuis cessé de se radicaliser. A l’occasion d’une mesure antiterroriste[5], le premier déclare alors dans Le Matin[6] : « Désormais, la sécurité est au-dessus des lois », et il ajoute, pour préciser son propos : « Le pouvoir a voulu montrer que l’arsenal juridique est incapable de protéger les citoyens. (…) Dans cette affaire, le gouvernement a estimé que le rapport de forces lui était favorable. C’est même pour cette raison qu’il a réagi avec violence et qu’il a donné à son action une forme imagée et théâtrale. (…) Il a considéré que l’opinion publique pouvait être conditionnée par les médias. Cette volonté de heurter fait d’ailleurs partie du jeu de la peur entretenue depuis des années par le pouvoir. Toute la campagne sur la sécurité publique doit être appuyée - pour être crédible et rentable politiquement - par des mesures spectaculaires qui prouvent que le gouvernement peut agir vite et fort par-dessus la légalité. »

L’époque est fondatrice. La crise économique qui s’installe et les mesures d’austérité provoquent des tensions sociales, syndicales et politiques. La droite agite le spectre de Mai 68 et du chaos pour raidir son discours. Elle se saisit de l’actualité du crime pour appeler à un accroissement du contrôle social et proposer un « pacte de sécurité » à la population. L’ethos punitif gagne du terrain. Foucault va vite pressentir que le prix à payer pour ce nouvel ordre symbolique est exorbitant et ne va plus cesser dès lors d’appeler au sursaut de l’ensemble des forces de gauche. En vain.

Car le piège sémantique vient tout juste de se refermer avec un rapport[7] - dont la rédaction, entamée en avril 1976 sous la direction d’Alain Peyrefitte, vient de s’achever - vite claironné par les forces conservatrices. Il crée la notion de « violence » - mot apparu dans la langue française au XIIIe siècle - dans le sens qu’on lui connaitra désormais. Le terme, volontairement opaque, mais martelé 569 fois en 193 pages[8], recouvre à la fois les troubles à l’ordre public et les atteintes aux personnes, soit globalement les illégalismes populaires, pour aboutir à une sorte de fétichisation de la sécurité au profit d’un nouvel ordre bourgeois. Cette « violence » est décrite à grands traits en augmentation et comme un « ferment de désagrégation ». Elle va dès lors servir d’attendus à une longue série de textes « sécuritaires » - mot qui apparait lui en 1983 – inaugurée avec la loi Sécurité et Liberté du 2 février 1981.

Cette prise d’otage réussie du terme de « violence » pour désigner exclusivement la délinquance des pauvres va s’avérer un instrument de conquête et de maintien au pouvoir pour de longues décennies du camp conservateur qui va ainsi pouvoir en déduire sa propre politique pénale (puisque celle-ci permet en effet une relative autonomie de l’Etat pour traiter et hiérarchiser les illégalismes comme il l’entend, en fonction de ses intérêts) et s’exonérer d’autant de ses propres turpitudes. Mais elle va surtout enfermer tout un camp politique dans une rhétorique de l’ordre dont la fuite en avant va nourrir en son sein une extrême-droite aujourd’hui aux portes du pouvoir. Et à partir de cette date, pour l’ensemble de la gauche, débattre de la sécurité va consister à adopter le vocabulaire et les mines sombres de l’adversaire.

Et la gauche disparut

Car c’est tout le camp progressiste qui va tomber la tête la première dans le piège sécuritaire. Pourtant, dès l’origine, souhaitant rompre avec l’ordre féodal, les révolutionnaires placèrent la « sûreté » au cœur de leurs préoccupations (cf. articles 2 et 12 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen) et cette veine irriguera les débuts balbutiants de la République[9]. On retrouvera ce souci de la « force publique » deux siècles plus tard dans le Programme commun de 1972, qui constate alors que la police est demeurée, tant dans ses pratiques que dans son essence, une institution d’Ancien Régime. Le décrochage des forces de gauche sur les questions de sécurité va ensuite s’articuler en quatre étapes successives.

Tout d’abord, le sujet disparait des « 110 propositions » du candidat Mitterrand en 1981, ainsi que de sa « Lettre à tous les Français », sept années plus tard, à l’occasion de sa réélection. Cet oubli manifeste accompagne le recentrage doctrinal du Parti socialiste (PS) qui, devenu hégémonique au sein de la gauche avec le déclin du Parti communiste, ne compte plus, face à une opinion publique de plus en plus conservatrice, s’embarrasser de telles problématiques susceptibles de lui coûter l’accès au pouvoir. Il attribue d’ailleurs ses deux défaites électorales successives de 1986 et 1993 à cette « insécurité » qui gagne les unes des journaux[10]. La deuxième gauche raidit alors son discours et certains (Le Roux, Vaillant, Dray) se positionnent clairement sur une approche autoritaire, reprenant mot pour mot la rhétorique droitière sur les banlieues et la dénonciation de la petite délinquance.

Quand il revient au pouvoir en 1997, le PS assure que cette fois il a compris la leçon. Dans son discours de politique générale, Lionel Jospin déclare que « la sécurité est garante de la liberté » et, en octobre de la même année, le colloque de Villepinte entérine un alignement général sur les poncifs conservateurs[11]. On y chante les louanges de la « sécurité quotidienne », du « continuum de sécurité » et de la « police de proximité » [12]. Plus rien ne distingue dès lors les positions socialistes de celles de la droite la plus dure dans la priorité donnée à la délinquance de voie publique et l’appel, à la fois, au secteur privé et aux collectivités locales à prendre leur part dans cette cause prioritaire qu’est devenu « l’ordre dans la rue. »

Mais ce n’est pas encore suffisant. A l’occasion de sa défaite à l’élection présidentielle de 2002, et devant l’accession de Jean-Marie Le Pen au second tour, Lionel Jospin déclare qu’il a encore « péché par naïveté » sur l’insécurité. Malgré certains atermoiements[13], le PS se dilue alors corps et âme dans l’ordre sécuritaire. Ainsi, en mai 2012, l’arrivée de Manuel Valls place Beauvau se fait cette fois, dès le départ, sur la ligne dure du discours de Grenoble de Sarkozy (2010) : rhétorique guerrière, remise en cause de la justice des mineurs, lien immigration – délinquance, etc.

Il s’appuiera d’ailleurs sur les mêmes réseaux policiers que son prédécesseur au ministère de l’Intérieur[14]. L’augmentation de la menace terroriste, qui culminera avec les attentats de 2015, va lui permettre pour la première fois d’aller au-delà des positions de la droite classique pour s’aventurer sur le terrain identitaire, avec l’essentialisation de l’islam dans le crime terroriste, et sur celui de l’alignement stratégique avec les pays anglo-saxons, en adoptant la rhétorique de la « guerre contre le terrorisme ».

On le voit, en moins d’un demi-siècle, la gauche dite « de gouvernement » a parcouru tout l’arc politique sur les questions de sécurité, cherchant fébrilement sa voie pour finir dans le camp de ceux qu’elle avait, dès l’origine, vocation à combattre. Mais dès lors que le PS s’est mis à relayer le discours sécuritaire, celui-ci a cessé de représenter une simple propagande de droite et a achevé de subvertir le débat public. Grâce à ce thème, les contre-révolutionnaires ont ainsi réussi la prouesse de s’arrimer plus que jamais au pouvoir. Leur victoire est écrasante et durable, grâce à leur mainmise sur les principaux moyens de fabrication de l’opinion publique. Le maître s’est enfin acquis les bonnes grâces du serviteur en lui proposant un ennemi de rechange. Mais de quoi parle-t-on exactement ici ?

Quelle violence ?

L’hypothèse d’une augmentation de la violence est invérifiable en l’absence d’outils de mesure fiables. Il existe en fait quatre type de recueils de données du processus criminel, mais chacun d’entre eux présente des biais significatifs. Tout d’abord les enquêtes de victimation et les enquêtes auto-reportées : apparues dans les années 1980, elles sont sans doute les plus proches de la réalité, mais souffrent tout de même des distorsions de perception des auteurs et des victimes. Les statistiques policières ensuite : diffusées depuis 1973, elles ne sont pas réellement utilisables. Elles ne mesurent que des faits constatés et dans une optique très restrictive (absence des contraventions, des faits ignorés et des délits traités par d’autres administrations comme le droit du travail, fiscal ou de l’environnement). Elles ne traduisent donc que des priorités répressives, en particulier depuis 2002 et l’instauration de la culture du résultat qui détourne l’activité des services.

Les statistiques judiciaires et pénitentiaires enfin (qui vont de la poursuite à la condamnation, en passant par l’instruction) existent depuis le XIXe siècle, mais sont souvent le reflet des sanctions accrues qui touchent les illégalismes populaires par rapport à la délinquance des riches du fait, justement, des priorités des politiques pénales, de la faiblesse des moyens de défense et des insuffisantes garanties de représentation des mis en cause. A l’imperfection de tels capteurs, s’ajoutent les fluctuations du périmètre législatif des infractions – sans cesse en augmentation – pour priver l’observateur de toute certitude en la matière.

La seule statistique fiable – car elle ne souffre d’aucune ambiguïté de recueil et est reproductible dans le temps et l’espace, ce qui permet les comparaisons internationales – est celle de la violence par homicide. Or, celle-ci présente une baisse tendancielle incontestable sur le temps long[15]. Alors qu’au XIIIe siècle, ce taux (calculé pour 100 000 habitants/an) était de 100, il tombait à 10 au XVIIe, pour atteindre globalement 1 aujourd’hui en Europe occidentale. Cette pacification des mœurs, qui a suivi l’installation progressive de l’Etat, a certes parfois subi quelques légères inflexions (Deuxième Guerre mondiale, guerre d’Algérie, terrorisme et contre-terrorisme de nos jours, dont on peine encore à mesurer les effets), mais elle accrédite l’idée que la grande violence a diminué en France, y compris chez les jeunes et les étrangers. Tout autre jugement n’est pas fondé scientifiquement.

A qui profite le crime ?

Alors, le succès des débats sur l’insécurité ne démontrerait-il pas plutôt une baisse de notre seuil de tolérance à la violence ? Et une hausse de sa dénonciation ? Pour y voir clair dans les enquêtes d’opinion, il faut distinguer deux notions. Tout d’abord, la peur de victimation qui mesure le sentiment de vulnérabilité, c’est-à-dire le risque estimé de se trouver soi-même en danger. Or ce sentiment est relativement stable depuis de nombreuses années. Ensuite, la préoccupation pour la délinquance, c’est-à-dire l’inquiétude liée au spectacle de la violence, ici des pauvres se battant entre-eux, policiers compris. Celle-ci varie en fonction de l’actualité et des contextes politiques. Il s’agit d’un ressenti qui ne provient pas des chiffres réels, mais bien d’un récit sur la sécurité, qui influe différemment en fonction de l’âge, du sexe, de l’affinité partisane ou de la position sociale[16] et présente donc un caractère subjectif et contingent.

Dans ce cas, il faut s’interroger sur la provenance de ce récit, son but et ses bénéficiaires. Dans cette guerre de l’opinion, il faut avoir en tête les forces et les causes en présence, pour en mesurer pleinement les enjeux. Toute pensée politique est une pensée de la conjoncture. Et la mise à l’affiche de la question de la « sécurité » correspond à un agenda et à un projet politique. Or les bénéficiaires secondaires du crime sont clairement identifiés parmi ceux qui ont fait de la violence une rente politique, économique, académique, publicitaire et d’audience. La puissance de ce camp tient d’ailleurs à son homogénéité, tant les passerelles sont nombreuses entre ces quatre milieux qui se partagent le pouvoir et tiennent le pays.

Quelles alternatives ?

Si un travail sur les discours semble donc impossible tant que l’information du public demeurera aux mains des puissances d’argent, un travail sur l’institution elle-même apparait, lui, pour l’instant purement théorique. En outre, dans les milieux qui ont appris à éviter, à fuir ou à se passer de la police, l’idée de sa seule réforme ne serait qu’une « mélancolie démocratique »[17]. Et un projet anachronique. De fait, il n’existe que peu d’expériences tentées ces dernières années en matière de décroissance sécuritaire. Les contre-modèles se font rares. En France, hormis la suppression de la Cour de sûreté de l’Etat, en 1982/83, aucun gouvernement n’a osé remettre en cause nos appétits croissants de contrôle. A peine suggère-t-on, à intervalles réguliers, le renforcement des organes d’inspection.

Quelques réflexions sur la dépoliciarisation ont tout de même affleuré ces dernières années, soit dans les milieux universitaires influencés par la criminologie critique et la sociologie de la déviance, soit dans les milieux sécuritaires soucieux de repositionner l’institution sur son cœur de métier et de la préserver des missions annexes où son image est la plus controversée (mesures sanitaires, conflits d’usage de l’espace public, maintien de l’ordre privé, etc.). L’approche latine d’une police des institutions a pourtant favorisé l’idée que les 250 000 membres des forces de l’ordre françaises (police et gendarmerie) ont trahi leur classe sociale et renié leurs origines populaires pour se mettre au service des tenants du pouvoir. Certes, les révolutions démocratiques de la fin du XVIIIe siècle ont introduit l’idée de l’égalité dans la loi, mais, pour beaucoup, le policier demeure encore celui qui défend l’accaparement des richesses et des espaces par une minorité, celui qui répercute la loi du plus fort et l’ordre des choses, celui qui accentue les rapports de domination.

Au printemps 2020, après la mort de George Floyd (25 mai), vingt millions de personnes sont descendues dans les rues du monde entier pour appeler à une nouvelle prise de conscience. Des militants américains sont parvenus à faire rediriger une partie du financement des forces de police vers les services sociaux, ce qui a abouti, au second semestre 2020, à une baisse de 840 millions de dollars des budgets sécurité à New-York, Los Angeles, San Francisco, Washington, Philadelphie et dans de nombreuses autres villes, sans hausse significative et directement imputable de la délinquance[18]. Demeure, cependant, une réflexion à entamer sur les modes de régulation de la violence dans les espaces dépoliciarisés, sans pour autant les communautariser. L’appétit que ces modes inédits de régulation suscitent en effet dans les gated communities de riches, chez les quakers, aux Etats-Unis, ou les confréries musulmanes, en Europe, illustrent bien la ligne de crête qui existe dans ce domaine. De même, les travaux sur la justice transformatrice ou réparatrice demeurent encore trop embryonnaires pour trouver quelque application concrète.

On le voit, pour celui qui accepterait aujourd’hui les termes du débat sur la sécurité, des arguments existent pour contester les analyses trompeuses qui sont souvent avancées. Un travail sérieux sur les chiffres et la façon de les communiquer, permettrait aisément de contrer partout où c’est nécessaire l’idéologie sécuritaire. Mais doit-on le faire au risque d’alimenter un débat qui en lui-même sert ses seuls bénéficiaires ? C’est le défi qui se présente aujourd’hui à l’ensemble des partis de gauche, sommés de trouver des modes d’action innovants et de s’interroger sur le pouvoir critique du langage.

Au moment où deux siècles d’espérance républicaine se referment sur un discours sur la « sécurité », au moment où une pensée étrangère s’empare peu à peu du pays, ignorante de son Histoire – puisque jamais le concept de « nation ethnique » n’y fut promu, ni sous l’Ancien Régime, dont ses relais cultivent volontiers la nostalgie, ni même en période de conflits -, il s’agit avant tout de colmater la brèche sémantique par où le mal est entré.

[1] Notion de sociologie utilisée par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, notamment dans Sociologie de la bourgeoisie, La Découverte, collection « Repères », 2000 (quatrième édition, 2016). Elle s’inspire explicitement de celle de « capital symbolique » développée par Pierre Bourdieu dans Raisons pratiques (Seuil, 1994) et Langage et pouvoir symbolique (Seuil, 2001), entre autres.

[2] Préface aux Textes des prisonniers de la Fraction Armée Rouge et Dernières lettres d’Ulrike Meinhof, Jean Genet, Maspero, 1977.

[3] Le principe sécurité, Frédéric Gros, NRF Essais Gallimard, 2013.

[4] La révolution sécuritaire (1976 – 2012), Nicolas Bourgoin, Champ Social, 2013.

[5] L’extradition de l’avocat des membres de la RAF, Klaus Croissant, réfugié en France, à la demande des autorités allemandes.

[6] Entretien avec J.P. Kauffmann, Le Matin, n°225, 18 novembre 1977.

[7] Réponses à la violence – Rapport du comité d’études présidé par Alain Peyrefitte, La Documentation française, 1977.

[8] La révolution sécuritaire, op cit, p. 35.

[9] Sur la distinction fondamentale entre « sûreté » et « sécurité », ainsi que sur le sens de l’effacement de la première par la seconde dans les lois françaises contemporaines : Revue des droits de l'homme - N°20, 2021, « Edito. Le droit à la sécurité a-t-il effacé le droit à la sûreté ? L’exemple de la loi ’’Sécurité globale’’ », par Christine Lazerges (https://doi.org/10.4000/revdh.12108 ou https://journals.openedition.org/revdh/12108) : « Le droit à la sûreté est à n’en point douter le droit à la protection de la liberté individuelle, il ne devrait en aucun cas être confondu avec le droit à la sécurité, ni s’effacer au bénéfice du droit à la sécurité. Inspirée de ’’l’habeas corpus’’ britannique, la sûreté est conçue comme une garantie contre l’arbitraire de l’État. »

[10] La France a peur – Une histoire sociale de l’insécurité, Laurent Bonelli, La Découverte, 2008.

[11] Actes du colloque : https://www.vie-publique.fr/sites/default/files/rapport/pdf/984000425.pdf

[12] L’îlotage faisait déjà partie du rapport Peyrefitte (recommandation n°81) avec cette idée de « mettre du bleu » dans « les quartiers » pour les discipliner.

[13] Par exemple, Le Printemps des libertés de Martine Aubry, en mars 2009, ou, plus tard, le positionnement de Christiane Taubira, garde des Sceaux, sur la justice des mineurs ou la lutte antiterroriste (déchéance de nationalité).

[14] Nicolas Sarkozy a été ministre de l'Intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, de mai 2002 à mars 2004, puis ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et de l'aménagement du territoire, de juin 2005 à mars 2007.

[15] Une histoire de la violence – de la fin du Moyen-Age à nos jours, Robert Muchembled, Seuil, 2008.

[16] Enquête sur la montée de la haine et de la violence dans la société française, Ipsos, janvier 2019.

[17] Défaire la police, Collectif, Divergences, 2021. Allusion à La mélancolie démocratique, Pascal Bruckner, Le Seuil, 1990.

[18] ’’Crime is up – But it’s not because people are criticizing the police’’, Richard Rosenfeld, The Washington Post, 14 septembre 2020.

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