Lu dans Le Monde ce jour :
"Les chasseurs ont « un rôle à jouer en matière de police de proximité », estime leur patron, Willy Schraen
Le président de la Fédération nationale des chasseurs dit, dans une interview au « JDD », vouloir proposer un « partenariat » aux élus ruraux, pour lutter « contre la délinquance rurale et environnementale »."
Monsieur Schraen ne manque pas d'imagination : confier aux chasseurs des tâches de police rurale c'est comme confier le poulailler au renard. Ils auraient ainsi la possibilité de constater les flagrants délits et de dresser des procès verbaux. Il est vrai qu'un chasseur armé est autrement dissuasif qu'un garde de l'ONF ou un garde champêtre désarmés. Il semble qu'il va tenter de vendre l'idée aux maires ruraux.
A un moment où la recrudescence d'accidents de chasse exaspère une bonne partie de la population, il faut oser. Il est vrai que la ruralité après avoir été mise à sac par la désertion des services publics, le mitage des terres et, dans certaines régions, stérilisée par l'agro industrie, est en passe de devenir le terrain de jeu favori de la répression anti écolo. Des bassines et des retenues artificielles, des bretelles d'autoroute, des dépôts de déchets industriels, des projets immobiliers sur des terres fertiles etc. qui provoquent des réactions de la population, méritent effectivement d'être protégés par de multiples gardiens. A l'heure où le gouvernement veut assermenter des personnes privées en lieu et place des agents assermentés de l'ONF, la proposition de Monsieur Schraen tombe à point.
Dans l'avenir que nous promet Monsieur Schraen, entre Demeter et les chasseurs, les écologistes n'ont qu'à bien se tenir.