Comme la presse (sauf Le Monde, Reporterre et La Croix) ne le fait guère, je relaie le communiqué de presse de Grignon 2000. Au-delà du recul du gouvernement (à propos duquel il faut être vigilant dès après l'élection présidentielle), ce communiqué rappelle les orientations pour développer enfin un projet consistant que l'Etat se révèle incapable de penser et de piloter malgré l'urgence climatique. Aux yeux du public ce rappel est important car il ne faut pas réduire l'affaire à un combat contre la privatisation des biens de l'Etat ou contre le favoritisme pour une entreprise gourmande. Il s'agit de la cécité coupable d'un ensemble de politiques incapables d'envisager une vraie politique de transition écologique. Le savoir, la réflexion sur les pratiques, l'échange et la mise en synergie des efforts encore trop dispersés pour dessiner un avenir pérenne pour la planète, tout cela les indiffère. Pourtant nous savons que les pratiques agricoles pèsent d'un poids important dans la crise actuelle. C'est là-dessus qu'il faut alerter le public en priorité : dénoncer la conduite des affaires de privatisation par Bercy, c'est bien, mais c'est insuffisant.
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Cession du domaine de Grignon :
Le temps du dialogue
La décision est là. Après 3 mois de plaidoyer patiemment développé conjointement par Grignon 2000 et la commune de Thiverval-Grignon, soutenus par les élus locaux, des scientifiques, des étudiants, des entreprises et des associations, pour contester la décision d'aliéner le domaine de Grignon au profit du promoteur Altarea. L’État a finalement renoncé à lui céder ce symbole de l’agronomie française et mondiale.
Place à la reconstruction ! Le site de Grignon est un élément important pour la réussite de l'implantation d'AgroParisTech à Saclay. Il s'agit donc, dans un mutuel intérêt, de développer des synergies intelligentes. Grignon 2000 et sa communauté, avec les nombreux acteurs qui se sont opposés à un projet immobilier, restent déterminés à créer le centre international dédié à l’agriculture, l’alimentation et l’environnement et d'en faire un lieu de dialogue permanent entre les trois filières garantes de notre production agricole et alimentaire. La création d'une interface entre le monde universitaire et le monde professionnel sera la première et la plus importante de ces synergies.
Nous sommes convaincus que ce centre international permettra d’établir un dialogue franc et de trouver des consensus entre tous les acteurs impliqués pour accompagner la transformation des systèmes agricoles et alimentaires. Nous souhaitons participer à l'organisation et l'animation de ce centre avec tous les acteurs de la transition écologique et en premier lieu avec les ministères de l'Agriculture et de la Transition écologique ainsi qu'AgroParisTech et l'Université de Paris-Saclay.
Les objectifs du projet d'intérêt général concernant l'avenir de Grignon, dont la transition environnementale de l'agriculture et les activités de recherche et de formation, doivent être au centre des consultations en cours et à venir. Ils sont partagés et soutenus par la commune de Thiverval-Grignon et la communauté de communes Cœur d'Yvelines dans leur vision d'un centre d'excellence rurale, moteur du développement de leur territoire.
Tous ensemble, État et société civile, comme l’ont rappelé les 200 scientifiques dans la tribune de mai dernier, nous pourrons avoir ce lieu indispensable de dialogue et une vitrine du savoir-faire français, européen et international pour la transition agroécologique des systèmes agricoles et alimentaires.
Le chemin indiqué par les COP successives est long, les préconisations du GIEC et de l'UICN sont exigeantes, le travail à accomplir est immense. Il est plus que temps de s'atteler à la tâche en créant ce centre international dédié à l’agriculture, l’alimentation et l’environnement.
Le Conseil d’Administration de Grignon 2000