Gisèle Halimi est morte

Adieu Madame Halimi. Reposez en paix, vous avez fait du bon travail pour l'humanité.

La nouvelle vient de tomber : Gisèle Halimi est morte. Elle a été de tous les combats justes : engagée dans la lutte pour l'indépendance de la Tunisie, soutien des militants pour l'indépendance de l'Algérie, défenseure des droits des femmes victimes de violences, défenseure du droit à l'avortement, elle n'a jamais eu peur de mener les luttes qu'elle croyait justes. Elle s'est tenue loin des outrances et de l'appel à la vengeance en se tenant fermement sur le terrain du droit qu'elle a contribué à faire évoluer par un travail de fond et de conversion de l'opinion. Elle a contribué à faire évoluer les mentalités à une époque où le risque était réel d'y perdre la vie.

Sa mort me touche infiniment, pas seulement parce que pour ma génération elle a été une référence intellectuelle et militante, mais aussi parce qu'elle a su tenir tête à l'élite masculine qui se posait en référence absolue du progressisme - je pense à Robert Badinter notamment. Son humanité a touché aussi bien les intellectuelles que les femmes du peuple qui ont deviné chez elle une vraie compréhension de leur vie. A un moment où nous sommes quelques unes à ne pas nous  reconnaître dans les outrances de certains mouvements féministes, cette mort peut être l'occasion de rappeler que  les causes justes sont solidaires et que les luttes vraies ont partie liée avec le droit et son respect, à la fois comme moyen et comme but.

Adieu Madame Halimi. Reposez en paix, vous avez fait du bon travail pour l'humanité.

 

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