Biodiversité : bref compte-rendu de la réunion qui s'est tenue à Charm el-Cheikh

La COP 14 s'est récemment tenue à Charm el-Cheikh (Egypte). La Conférence des Parties (Etats) est une manière de faire évoluer le droit international environnemental une fois que l'on a signé une convention. En l'occurrence, cette COP14 visait à faire évoluer la convention sur la diversité biologique signée à Rio en 1992.

COP 14 de Carm el-Cheikh COP 14 de Carm el-Cheikh
Dans le jargon inimitable de l'ONU, voici un bref compte-rendu de la COP 14 qui s'est récemment tenue à Charm el-Cheikh (Egypte). 
De quoi s'agit-il ? La COP, "Conference Of the Parties" en anglais, Conférence des Parties en français (CP) est une manière de faire évoluer le droit international environnemental une fois que l'on a signé une convention. Ces COP qui réunissent les Parties, c'est-à-dire les Etats signataires, se tiennent à un rythme régulier.à des endroits différents de la planète. Elles sont préparées en amont par l'Union internationale de conservation de la nature (UICN), qui rédige les conventions et les protocoles. Tout se passe bien, les textes sont généralement adoptés, signés, puis ratifiés et intégrés dans les droits nationaux. 
La COP 14 de la Convention sur la diversité biologique (CDB) signée en 1992 à Rio, a tracé un plan de protection et de recherche sur la biodiversité. 


On découvre à cette occasion les ratés de la planification de l'UICN qui a beaucoup de mal à faire respecter les "20 objectifs d'Aïchi". Sur le papier c'est une chose, dans les 196 Etats signataires de la CDB, c'est autre chose. 
On peut toujours signer une belle déclaration engageant à "inverser la courbe de la destruction mondiale de la nature et de la perte de la biodiversité ", la concrétisation n'est pas si simple, les Etats traînent les pieds. 
Ce qui énerve les apparatchiks de l'UICN qui veulent voir aboutir coûte que coûte les objectifs d'Aïchi en 2020. Sinon le rapport d'activité présenté au prochain congrès mondial de la nature prévu en 2020 à Marseille pourrait en pâtir. 


En compensation, l'UICN et l'ONU ont toujours la possibilité de se retourner contre les pays du Sud, fortement incités à renforcer "les capacités" (traduisez : investissements étrangers) et à mobiliser les "ressources" (naturelles, bien entendu).
Parmi les ressources, les ressources génétiques sont particulièrement visées, l'industrie est à l'affût. Reste à savoir qui en profitera. Apparemment, les Etats du Sud n'ont pas l'intention de faire de cadeau...


Sur la recherche, le compte-rendu de la COP 14 dévoile sans fioritures les turpitudes de l'UICN et de l'ONU. 
Acte 1 - la COP 14 (autrement dit l'UICN et l'ONU) fixe le programme de recherche de l'IPBES (international platform for the Biodiversity and the Ecosystems Services) jusqu'en 2030, rien que ça !!! Bref, les politiques orientent la recherche.
Acte 2 - l'IPBES, qui réunit des experts, des politiques et des entreprises, présentera ses rapports au nom de la science.
Acte 3 - la science a parlé, il faut donc lui obéir sans discuter. 
Margaret Thatcher avait déjà orienté la recherche fondamentale pour qu'elle devienne une recherche appliquée, répondant à ses objectifs politiques. Elle avait créé en 1989 le Hadley Center for Climate Prediction and Research, qui a précédé le GIEC. Son ambition était d'engager une nouvelle révolution industrielle. L'UICN et l'ONU lui emboîtent le pas.

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