Le loup détruit la biodiversité dans nos contrées

Un nouveau « Plaidoyer pour des écosystèmes non désertés par les bergers » (1) vient d’être signé par une pléiade de chercheurs, tant l’affaire est grave dans nos montagnes et en plaine.

 

pâturage au col de Salides © Anne-Marie Brisebarre pâturage au col de Salides © Anne-Marie Brisebarre


 

Dans le Grand Nord américain et en Russie, les loups sont considérés comme « espèce clé de voûte des écosystèmes, indicatrice d’une nature redevenue ou restée sauvage ». En France, « les loups manifestent leur comportement opportuniste. Selon les occasions, ils négligent leur fonction de régulateur d’animaux sauvages affaiblis ou malades, et s’attaquent fréquemment aux troupeaux d’élevage en parfaite santé ». Très peuplée, l’Europe occidentale n’a rien à voir avec les grandes étendues d’Amérique et d’Eurasie où la vie sauvage perdure.

L’arrivée du loup dans nos régions met en péril la seule agriculture respectueuse de l’environnement, l’agro-pastoralisme. Elle met aussi en péril nos paysages, et «  nombre d’espèces remarquables (qui) ont trouvé refuge » dans les prairies entretenues par les animaux domestiques. Or, l’hécatombe des brebis, veaux, vaches, chevaux,  sous les dents du loup ne cesse de croître. Les techniques de protection ou d’effarouchement du prédateur, imposées par l’écologie conservationniste et les pouvoirs publics, s’avèrent inefficaces. Le loup sait s’adapter, et la haute technologie (drones, ultrasons, fusées éclairantes…) imaginée par cette même écologie et les pouvoirs publics ne risque pas de l’effrayer.

En rappelant ces faits, les signataires de ce plaidoyer rétablissent la vérité. Le loup ne protège pas la nature, il la détruit dans nos contrées. « Un patrimoine majeur est en passe d’être sinistré par les loups. Une régulation s’impose. Il est bien tard. Peut-être n’est-il pas trop tard ». Il est urgent de choisir entre le maintien d’une activité respectueuse de l’environnement, de nos paysages, ou la généralisation des friches.

 

Les signataires

  • Gilles Allaire Economiste (Inra) 
  • Gérard Balent Ecologue (Inra)
  • Olivier Barrière Juriste (Institut de recherche pour le développement, IRD)
  • Claude Béranger * Zootechnicien (Inra) 
  • Jean-Paul Billaud Sociologue (CNRS)
  • Jean-Luc Bonniol Anthropologue (université Aix-Marseille)
  • Anne-Marie Brisebarre Anthropologue (CNRS)
  • Bernard Denis (Ecole vétérinaire, Nantes)
  • Vinciane Despret Philosophe (université de Liège)
  • Christian Deverre Sociologue (Inra)
  • Jean-Pierre Digard Anthropologue (CNRS)
  • Laurent Dobremez Agronome (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture, Irstea)
  • Jean-Claude Duclos Ethnologue
  • Laurent Garde Ecologue (Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes-Méditerranée, Cerpam)
  • Alfred Grosser Professeur émérite Sciences-Po
  • Laurent Hazard Agroécologue (Inra)
  • Bernard Hubert Ecologue (Inra et EHESS)
  • Gilbert Jolivet * Vétérinaire ( I nra)
  • Frédéric Joulian Ethologue et anthropologue (EHESS)
  • Etienne Landais Zootechnicien (ex-DG Montpellier SupAgro)
  • Guillaume Lebaudy Ethnologue (université Aix-Marseille)
  • Bernadette Lizet * Ethnologue (CNRS et Muséum national d’histoire naturelle, MNHN)
  • Michel Meuret Ecologue (Inra)
  • André Micoud * Sociologue (CNRS)
  • Danielle Musset Ethnologue (université Aix-Marseille)
  • Pierre-Louis Osty * Agronome (Inra)
  • Michel Petit Economiste (Institut agronomique méditerranéen de Montpellier, IAM)
  • Carlo Petrini Sociologue, président-fondateur de Slow Food International
  • Xavier de Planhol Géographe (université Paris-Sorbonne)
  • Sylvain Plantureux Agronome (université de Lorraine)
  • Jocelyne Porcher Sociologue (Inra)
  • Daniel Travier Ethnologue (Musée des Vallées cévenoles)
  • Pierre-Marie Tricaud Agro-paysagiste (Fédération française des paysages, FFP)
  • Marc Vincent Zootechnicien (Inra)

* Chercheurs honoraires

 

NOTE 


1- Ce plaidoyer a été publié dans la rubrique Rebonds de Libération du 13 octobre 2014.

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