Le voile se déchire : pendant la loi, la fracturation s’amplifie


Le double discours du gouvernement ne tient plus, les appétits des pétroliers l’ont fait voler en éclats.

 

Alors que l’on répète sur les ondes, dans la presse, à l’étranger, que la France a mis un terme à l’exploitation du gaz de schiste, le directeur de l’Énergie, Pierre-Marie Abadie, a tranquillement signé dimanche 22 janvier 2012 une douzaine de nouveaux permis de « recherche »  d’hydrocarbures en Ile de France (11), en Lorraine, en Aquitaine. Ces arrêtés ne sont pas encore publiés. Évidemment, nous ne connaissons pas encore les communes concernées.

 

D’autres arrêtés suivront prochainement, puisque plus d’une centaine sont à l’ « étude ». Les bureaux  du ministère de l’Industrie se contenteront de vérifier que le terme de « fracturation hydraulique » n’y figure pas. Tout est question de terminologie car le contrôle réel n’existe pas.

De toutes façons, la loi du 13 juillet 2011 autorise cette fameuse  fracturation dont nous ne voulons pas. Car cette technologie détruit à jamais notre ressource en eau, constitue une véritable bombe à retardement pour les humains, la vie sur terre.

 

Bien que les preuves du danger s’accumulent, les autorités publiques persistent à nous faire danser sur un volcan.  Elles font la sourde oreille, n’écoutent que la voix des pétroliers et voudraient nous faire croire qu’elles agissent pour notre bien.

Les autorités publiques se soucieraient de notre avenir énergétique ? Il serait temps, le pic pétrolier est déjà dépassé… En dehors des discours, des colloques, des résolutions sans applications, elles n’ont rien fait (ou si peu) pour parer à ces échéances.

Aujourd’hui, tout le monde sait que les énergies fossiles disparaissent. On aura beau creuser toujours plus loin, il n’y en aura plus. Non pas dans cent ans, ni dans cinquante. Maintenant, prochainement.

 

En outre, le gaz de schiste n’est rentable que dans les premiers mois d’exploitation. Son pic ne dépasse pas les six premiers mois. Au bout de deux ans, le gisement secoué à renfort d’explosions, de fracturation et de produits hautement toxiques, ne rend plus rien.

Par contre, les puits sont incontrôlables, le méthane fuit au moment où ces friches industrielles reviennent au secteur public. Par contre l’eau des nappes phréatiques devient toxique, et véhicule la radioactivité de la couche mère. L’eau,  un bien commun, deviendra rare, car impropre à la consommation. Ce sera dès lors un produit marchand.

 Alors pourquoi persister dans cette voie mortifère ?

Parce que les fonds qui financent les compagnies sont impatientes d’avoir un retour sur investissement.
Parce que les compagnies d’énergie et celles de l’eau opèrent un dangereux rapprochement. Elles seront gagnantes sur tous les plans.

 

L’industrie n’a pas pour vocation de préserver l’environnement.

Les autorités publiques doivent par contre protéger les habitants.

Il est temps de  leur faire entendre raison.

 

 

No Fracking France

http://nofrackingfrance.fr/

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