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Billet de blog 27 juin 2020

ASPAS : les tribulations de la vie sauvage dans la Drôme

Que devient le domaine de Valfanjouse (Léoncel, Drôme) acheté en janvier dernier grâce aux 2,32 millions € récoltés par l'Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) ?

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Et si la nature reprenait tous ses droits ? © France24

Il devait accueillir les promeneurs "sans fusils ni tronçonneuses", des promeneurs contemplatifs  déambulant sur les sentiers balisés, sous le regard discret d'une brigade de bénévoles et d'une flopée de caméras de surveillance.   A l'heure qu'il est, le domaine de 500 hectares est toujours fermé au public. En fait,  le retour à la vie sauvage du site tel que voulu par l'association se heurte à quelques obstacles.

En cause : la réserve d'animaux sauvages inclue dans la propriété et l'acte de vente.  Cette réserve d'environ 500 animaux (cerfs, daims sangliers...) était gérée par une association de chasseurs qui louait le terrain pour y organiser des safaris privés. Certes, l'ASPAS a mis un terme à ce loisir. Reste à se  débarrasser maintenant de ces animaux semi-sauvages  jusqu'alors nourris par l'ancien propriétaire. Car, ce n'est pas la philosophie de l'ASPAS de s'investir "pour les beaux yeux des biches ou des chamois". Son objectif est d'acheter des terrains pour ne rien y faire, "livrer la nature à sa propre évolution". D'ailleurs, le site de l'association met d'emblée les choses au point :  "L'ASPAS n'est pas un centre de soins pour les animaux sauvages".

Donc, l'ASPAS se retrouve avec une faune abâtardie qui refuse de sortir de la propriété par des trous dans la clôture dans l'attente quotidienne de sa pitance. Pendant ce temps,  la réserve du Vercors appelée à "devenir la vitrine du savoir-faire" de l'ASPAS trépigne d'impatience. Ce "conflit" d'usage de la propriété explique en partie les rumeurs de maltraitance des animaux qui mouraient de faim. "Une communication tout à fait malhonnête" affirme la directrice de l'ASPAS, Madline Rubin, "répandue par deux personnes que nous attaquons en justice". Facebook vient de révéler l'une d'entre elles sur plusieurs comptes (Iloupdev association, Non aux loups dans nos montagnes, Non à l'ours, au loup, au lynx dans les Pyrénées, etc...). Des photos des animaux circulent également. Mais "ces informations sont fausses et mensongères" selon Madline Rubin, "d'ailleurs les gendarmes ont constaté qu'il n'y avait pas de souci".

Toutefois, le préfet de la Drôme avait rappelé à l'ordre l'ASPAS en janvier dernier sur les risques d'hybridation de ces animaux avec la faune sauvage environnante. Car un problème n'arrivant jamais seul, une partie de la faune de la réserve est constituée d'espèces exotiques (daims et cerfs Sika) qui risquent de contaminer la génétique alentour. Le préfet a donc ordonné la capture de ces espèces, leur stérilisation, leur transfert dans un zoo et la réfection de la clôture du domaine pour éviter toute échappatoire.

L'ASPAS a désormais prévu la sortie de crise, sa directrice déroule l'agenda. "En ce qui concerne les espèces exotiques (cerfs Sika et daims), nous allons les capturer et les faire stériliser, mais pas en ce moment car il fait chaud. Nous les déplacerons ensuite dans un sanctuaire ou un centre de vision". "Quant aux autres cerfs et sangliers de chez nous qui font aussi partie de la réserve, ils sortiront dès que nous aurons l'autorisation d'abattre les grilles. En attendant, ils se nourriront librement sur place dans  un enclos de 250 hectares (inclus dans la propriété). Des vétérinaires amis de l'ASPAS veilleront à ce qu'ils n'aient ni faim ni soif".

La réserve pourra enfin se consacrer à "la libre évolution de la nature, sans intervention humaine"... et sans faune semi-sauvage abâtardie....

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