Allemagne: Accord CDU/CSU-SPD.... avec beaucoup de mais

Les discussions exploratoires entre la CDU, la CSU et le SPD ont conduit à un accord. Enfin! Mais rien n'est simple, tout commence dans cette Allemagne qui vit un grand moment démocratique qu'on aime en France, hélas, appeler crise politique.

Parvenir à cet accord fut très difficile selon Martin Schulz, Président du SPD.

Puis les directions des différents partis se sont réunis pour accepter ou non, ce que leur ont présenté les négociateurs. La direction de la CDU a adopté l'accord à l'unanimité, ce qui n'est pas le cas au SPD car 6 membres de la direction s'y sont opposés. Plus que prévu. Beaucoup d'adhérents sociaux-démocrates manifestent déjà leur scepticisme car si la direction du SPD s'est imposé sur l'Europe et l'éducation, elle a "laissé des plumes" au plan social et migratoire, même si, pour les questions de migration, cela restera de toutes façons mieux que chez nous sans comparaison. 

Vu les réactions des militants, Martin Schulz est obligé de prendre son bâton de pèlerin et de descendre dans les sections pour convaincre, car il y a un congrès extraordinaire le 21 janvier, plus tard viendra le vote des adhérents qui tombera sans doute.... en plein carnaval. 

Cette grande coalition (m') inquiète. Les deux grands partis sont affaiblis, l'extrême droite est très présente, les Verts sont heureusement sortis renforcés des discussions exploratoires Jamaïka. Mais deux grands partis affaiblis qui rempilent dans une grande coalition peut aboutir à la fin, c'est à dire aux prochaines élections, à une situation à l'autrichienne, parce qu'ils seront usés. 

Quand même, j'aime ce grand moment démocratique en Allemagne, qu'on aime appeler en France "crise politique" qui n'en est pas une, surtout que sans nouveau gouvernement, mais avec un parlement qui vit, le pays fonctionne. C'est ce qui a fait dire à Sigmar Gabriel, ministre SPD des Affaires étrangères qui est omniprésent sur la scène politique mais ne faisait pas partie des négociateurs : "Le plus grand danger pour les hommes politiques, c'est quand on s'aperçoit que le pays marche très bien sans nous". 

 

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