EELV plongé dans un climat délétère. C’est fini pour moi. Ciao, Tschüss

Quand la pensée unique s'installe dans un parti politique, et qu'il n'y a plus rien à faire, il est temps de partir, c'est ce que je fais.

De plus en plus de voix se font entendre sur les listes de diffusion d’Europe Ecologie-les Verts demandant à celles et ceux qui ont adhéré en 2009 de partir. Je ne me le fais pas dire deux fois, je pars.  Je pars aussi parce que j’ai cru que ceux qui mettent la main sur le parti depuis plusieurs années, allaient se mettre en retrait. Or, le Bureau Exécutif élit à l’unanimité, dit-on, comme Secrétaire national, David Cormand. Alors que la situation du parti est préoccupante, puisque le parti a perdu en très peu de temps comme adhérents ses deux derniers secrétaires nationaux et tous ses présidents et co-présidents de groupes parlementaire, le Conseil fédéral dont j’ai fait partie jusqu’à ce jour n’a absolument pas été consulté. Le verrouillage bat son plein,  puisque EELV n’a pas un secrétaire national suffisamment « neutre » et encore moins rassembleur pour préparer le Congrès dans la sérénité, les conditions ne sont pas réunies.  Je pars parce que le climat délétère au sein d’EELV est allé crescendo depuis la sortie du gouvernement de Cécile Duflot jusqu’à atteindre son paroxysme avec la nomination comme ministre d’Emma.

Pas besoin de rappeler comment le parti a été pris à la gorge avec le départ de Cécile, la machine à détruire s’est mise en marche notamment contre ceux qui n’étaient pas pour le départ du Gouvernement. De plus en plus on tentait de les pousser vers la sortie, plutôt que de débattre démocratiquement sur la question de la participation gouvernementale. Pas besoin de rappeler les tentatives de rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon, avec la gauche de la gauche, comme si le Grand Soir était arrivé. Pas besoin de rappeler que dans ce contexte, au lieu de combattre la droite et surtout le FN, le Tout Sauf le PS était le plus important aux élections régionales notamment en PACA et en NPDCP là où le FN menaçait, on sait où l’alliance avec le PG en NPDCP a mené. Celles et ceux qui pensaient autrement étaient sans doute déjà considérés comme des traitres. Pas étonnant que des personnes de qualité comme Marie-Pierre Bresson, qui sait ce que c’est que la lutte contre le FN, soient parties, pour ne citer qu’elle. Même si je n’ai pas partagé la façon dont un certain nombre de copains et copines ont quitté EELV en siphonnant le groupe de la région Ile de France, il n’ y a jamais eu au sein d’EELV d’analyse sereine sur ces départs et bien d’autres départs encore qu’on a préfère camoufler. Le seul mot était : Trahison ! Pas besoin de rappeler combien le climat délétère s’est développé sur les listes de diffusion par celles et ceux qui ont mis la main sur le parti, en l’hystérisant. Jamais le mot « exclusion » n’a été autant prononcé que ces derniers temps, souvent même en amont.

Ce climat délétère, très bien entretenu, est arrivé à en faire oublier le projet écologiste. On devenait inaudible. Sans doute est-ce volontaire, tout simplement pour casser. De plus en plus les insultes font oublier qu’il se passe des choses dehors, que nous les écologistes, on a des choses à proposer, qu’il y a des acquis en matière d’écologie dans ce gouvernement, que nos députés ont obtenus. Si certains tentent volontairement de les minimiser, le mieux à même de les énumérer et de les mettre en valeur, c’est sans doute Denis Baupin.

L’état du parti apparaît au grand jour après la nomination d’Emmanuelle Cosse comme ministre. On crie au loup, on hurle à la trahison. Et pourtant, Emma n’est pas opportuniste. Emma est une bosseuse. Elle a pris cette fonction pour bosser, ce qu’elle ne pouvait pas faire dans ce parti miné par les querelles, les oppositions stériles, les règlements de compte, empêchant ce parti d’avoir un projet et de le mettre en lumière. La situation est très compliquée en France et notamment en Ile de France. Emma le sait, le voit, et veut agir, comme elle a toujours fait, il n’ y a qu’à prendre l’exemple de sa Vice-présidence à la Région Ile de France. Emma a réaffirmé sur France Inter, alors qu’elle est devenue ministre, qu’elle est contre la déchéance de nationalité, qu'elle luttera contre le mal logement, les ghettos, pour la rénovation énergétique et pour les réfugiés. Sa brillante prestation au moment de la passation de pouvoir au ministère du logement a fait dire d’ailleurs à Claude Askolovitch : « Emmanuelle Cosse dégage de par sa personne une authenticité militante. Elle ne concède rien sur ce qu’elle est ». Que cela dérange ceux qui ont la mainmise sur EELV, rien d’étonnant. Mais c’est ce décalage entre la réalité de terrain que connaît Emma Cosse et ceux qui vont même jusqu’à demander son exclusion, alors qu’elle s’est elle-même mise en retrait et aussi parce que les conditions ne sont pas réunies pour un changement radical dans le parti qui exigerait que certains et pas des moindres se mettent en retrait, que je quitte le Conseil fédéral d’EELV, que je quitte EELV. 

Le clou de l’histoire est que Simone Peter, co-présidente des Grünen, félicite au nom de son parti Emma pour sa nomination et lui souhaite bon courage. C’est vrai que cela doit être incompréhensible pour les Grünen qu’une membre d’un parti, d’autant plus écologiste, soit virée parce que nommée ministre. EELV innove dans le ridicule.

Quelle déchéance ! Quelle déchéance depuis 2009 du temps de Dany Cohn-Bendit. Mais l’esprit de 2009 est bien présent, pas à EELV bien sûr, mais dans la primaire des gauches et des écologistes. Je m’y engage. 

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