Francoise Diehlmann
Germaniste, traduis, blogue sur l'Allemagne, également sur la France, l'Europe, le monde, membre du Comité directeur de l'Union des Fédéralistes Européens - France, Ecolo cohn-bendiste, Refugees Welcome, combats les nationalismes et régimes totalitaires, pour la reconnaissance de l'Etat de Palestine, défense des droits humains
Abonné·e de Mediapart

143 Billets

0 Édition

Billet de blog 12 août 2011

Balades sur les traces du mur de Berlin

Francoise Diehlmann
Germaniste, traduis, blogue sur l'Allemagne, également sur la France, l'Europe, le monde, membre du Comité directeur de l'Union des Fédéralistes Européens - France, Ecolo cohn-bendiste, Refugees Welcome, combats les nationalismes et régimes totalitaires, pour la reconnaissance de l'Etat de Palestine, défense des droits humains
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

En mai 2001, les Grünen ont publié une brochure « Berliner Mauerstreifzüge « ou balades sur les traces du murs de Berlin.

En mai 2001, les Grünen ont publié une brochure « Berliner Mauerstreifzüge « ou balades sur les traces du murs de Berlin. Cette brochure fut épuisée en une semaine.

C’est Michael Krämer, aujourd’hui député européen, qui a eu à l’époque l’idée de ces « Berliner Mauerstreifzüge » ainsi que d’un parcours le long de l’ancien mur intérieur, alors qu’il était porte parole du groupe des Grünen sur les questions de transport au Parlement du Land de Berlin.

Du 16 juin 2001 au 17 janvier 2002, le Land de Berlin était dirigé par une coalition composée des Sociaux-démocrates du SPD et des Grünen. Le Gouvernement du Land de Berlin prit donc la décision de classer monument historique les vestiges du mur, de labelliser son tracé et d’aménager le parcours pour les vélos. Ces balades sont devenues une véritable tradition verte. Il existe 8 parcours autour de l’ancien Berlin-Ouest. Les Berlinois, comme les touristes, veulent retrouver les traces de la division et comprendre ce que signifiait un mur au milieu de Berlin. On peut revivre à Berlin, mieux que dans toute autre ville d’Outre-Rhin, ce que fut la division de l’Allemagne grâce à des témoignages authentiques de l’histoire.

Le mur de Berlin

Le mur de Berlin a été érigé en pleine ville à partir de la nuit du 12 au 13 août 1961 par la République démocratique Allemande, qui tentait ainsi de mettre fin à l’exode croissant de ses habitants vers la république Fédérale d’Allemagne. Pendant 28 ans, le mur a séparé physiquement la ville en Berlin-Ouest et en Berlin-Est ou Berlin capitale de la RDA (dénomination officielle par les autorités est-allemandes). Il a entouré Berlin-Ouest sur 160 km. Plus qu’un simple mur, il s’agissait d’un dispositif militaire complexe comportant deux murs de 3,6 m de haut entre lesquels patrouillaient les forces frontalières de la RDA, plus de 300 miradors et dispositifs d’alarme et d’éclairage comme en plein jour, 14 000 gardes, 600 chiens et des barbelés dressés vers le ciel.

Environ 160 ressortissants de la RDA perdirent la vie en essayant de le franchir. Le premier fugitif, Günter Liftin, 24 ans, a été abattu le 24 août 1961, onze jours après le début de la construction du mur. Le dernier, Chris Geoffroy, a été tué le 5 février 1989 sous une pluie de balles, il n’avait que 20 ans.

Les procès, qui ont eu lieu contre ceux qui protégeaient le mur et aussi contre les responsables politiques, ont commencé le 12 novembre 1992. Bon nombre des dirigeants étaient âgés et malades. Trois ont été accusés, mais ils ont nié les faits, l’un d’entre eux n’ayant reconnu qu’une « faute morale ». Tous les trois ont déclaré qu’ils n’avaient pas le pouvoir, d’organiser humainement la gestion de la frontière. Seule la direction soviétique pouvait décider. Ils ont tout simplement ignoré la note de Mikhaïl Gorbatchev du 10 juin 1988 adressée au Bureau politique du SED, ex parti communiste de la RDA : « seule la RDA, en tant qu’Etat souverain peut décider de la façon dont elle assure ses frontières ».

 

Perpétuer le souvenir

Aujourd’hui, 22 ans après la chute du mur, on trouve encore peu de véritables signes rappelant l’époque de la division. Même les Berlinois qui ont vécu dans la ville divisée se demandent où était le mur. Dans le même temps, il existe une nouvelle génération pour qui la division de Berlin et de l’Allemagne fait partie de l’histoire.

Dans l’euphorie de la chute du mur et dans la phase de la réunification, le nécessaire travail d’histoire a été négligé. Les traces du mur ont été pratiquement éliminées du paysage urbain. Tout de suite après la chute du mur, un grand nombre d’associations environnementales ont demandé qu’un parcours à vélo autour de l’ancienne limite du mur soit aménagé. Malheureusement, la police frontalière de la RDA, qui était encore en service jusqu’au 3 octobre 1990, date de la réunification allemande, a détruit le revêtement de goudron à beaucoup d’endroits. Par ailleurs, les gouvernements des Länder de Berlin et du Brandebourg ont omis de garantir le droit de passage.

Ce qui s’est passé après la chute du mur - l’élimination des traces de la division - s’avère être aujourd’hui une grosse erreur.

Le Gouvernement du Land de Berlin a reconnu tardivement l’importance de perpétuer activement le souvenir et de refléter la vie des gens dans deux parties d’une même ville séparées par des dispositifs frontaliers colossaux.

Dans les années 90, la grande coalition berlinoise entre les Chrétiens démocrates de la CDU et les Sociaux démocrates du SPD n’étaient pas disposés à classer monument historique les vestiges du mur. Ce n’est que le temps d’une courte coalition SPD-Grünen en 2001-2002 que les choses se sont décantés grâce à l’action des Grünen comme mentionné plus haut.

Mais c’est sur la base de pressions politiques et publiques que le Gouvernement du Land dirigé par le SPD et die Linke a adopté un concept global à la mémoire du mur de Berlin. Ce concept a repris les propositions essentielles des Grünen : l’extension de 450 m du monument commémoratif « Berliner Mauer an der Bernauer Strasse » et dont l’inauguration aura lieu le 13 août 2011 en présence du Président de la République et du Maire de Berlin, tout deux venant de l’Ouest et de la Chancelière originaire de l’Est.

En septembre 2008 le Parlement du Land de Berlin a adopté une loi sur la « Stiftung Berliner Mauer » ou Fondation du mur de Berlin qui regroupe au plan fonctionnement et développement le monument commémoratif « Berliner Mauer an der Bernauer Strasse » et le monument du souvenir, le centre d’accueil d’urgence de Marienfelde. Vient s’y ajouter la réalisation d’un centre d’informations.

Travailler sur l’histoire de la RDA

Avec ce concept, le travail de mémoire n’est pas terminé. Aujourd’hui 22 ans après la chute du mur de Berlin, le souvenir de la réalité de la vie en RDA risque de disparaître. D’un côté, l’indifférence de la société grandit par rapport aux événements politiques de la RDA. D’e l’autre, se relâche l’accent mis sur l’analyse des crimes et des violations des droits humains, y compris sur les tirs au mur de Berlin, perpétrés par le SED et la Stasi. L’objectif est bien de contrer toutes les tentatives de banaliser la RDA et de contribuer à ce que les côtés totalitaires de la RDA ne tombent pas dans l’oubli.

 

Invitation

Aussi, un demi-siècle après la construction du mur de Berlin, le groupe de Grünen du parlement du Land de Berlin lance de nouveau, comme chaque année, son invitation aux balades sur les traces du mur. Elles se divisent en 8 parcours, de 20 à 30 km, peu importe la météo, avec possibilité d’une collation dans un Biergarten (jardin ou terrasse ou on consomme de la bière). Ces parcours sont à la fois des ateliers d’histoire, découverte de la nature, loisirs et culture.

Les rendez-vous ont commencé en juin. Pour celles et ceux qui sont ou se rendent à Berlin, les prochains rendez-vous ont lieu à 14h les 13 et 27 août ainsi que le 10 septembre.

Les Dates et lieux figurent sur le lien (en allemand) :http://www.gruene-fraktion-berlin.de/cms/verkehr/dok/381/381405.mauerstreifzuege_2011.html Sources :Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mur_de_BerlinMauerstreifzüge, Bündnis 90/Die Grünen: http://www.gruene-fraktion-berlin.de/cms/default/dok/1/1720.mauerstreifzuege_9_radtouren_auf_dem_ehe.html

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Social
Lidl : les syndicalistes dans le viseur
Dans plusieurs directions régionales de l’entreprise, les représentants du personnel perçus comme trop remuants affirment subir des pressions et écoper de multiples sanctions. La justice est saisie.
par Cécile Hautefeuille et Dan Israel
Journal — Social
Conditions de travail : la souffrance à tous les rayons
Le suicide de la responsable du magasin de Lamballe, en septembre, a attiré la lumière sur le mal-être des employés de l’enseigne. Un peu partout en France, à tous les niveaux de l’échelle, les burn-out et les arrêts de travail se multiplient. La hiérarchie est mise en cause.
par Cécile Hautefeuille et Dan Israel
Journal — Politique
Zemmour : quand le candidat parle, ses militants frappent
À Villepinte comme à Paris, des antifascistes se sont mobilisés pour ne pas laisser le premier meeting d’Éric Zemmour se tenir dans l’indifférence. Dans la salle, plus de 10 000 personnes s’étaient réunies pour l’entendre dérouler ses antiennes haineuses, dans une ambiance violente.
par Mathieu Dejean, Mathilde Goanec et Ellen Salvi
Journal — Politique
En marge du meeting de Zemmour, des habitants de Seine-Saint-Denis fustigent « sa politique remplie de haine »
Éric Zemmour a tenu le premier meeting de sa campagne présidentielle dans un département qui représente tout ce qu’il déteste. Cibles quotidiennes des injures du candidat d’extrême droite, des citoyens de Villepinte et des alentours témoignent.
par Hannah Saab (Bondy Blog)

La sélection du Club

Billet de blog
« Pas de plateforme pour le fascisme » et « liberté d’expression »
Alors que commence la campagne présidentielle et que des militants antifascistes se donnent pour projet de perturber ou d’empêcher l’expression publique de l’extrême droite et notamment de la campagne d’Éric Zemmour se multiplient les voix qui tendent à comparer ces pratiques au fascisme et accusent les militants autonomes de « censure », d' « intolérance » voire d’ « antidémocratie »...
par Geoffroy de Lagasnerie
Billet d’édition
Dimanche 5 décembre : un déchirement
Retour sur cette mobilisation antifasciste lourde de sens.
par Joseph Siraudeau
Billet de blog
Le fascisme est faible quand le mouvement de classe est fort
Paris s’apprête à manifester contre le candidat fasciste Éric Zemmour, dimanche 5 décembre, à l’appel de la CGT, de Solidaires et de la Jeune Garde Paris. Réflexions sur le rôle moteur, essentiel, que doit jouer le mouvement syndical dans la construction d’un front unitaire antifasciste.
par Guillaume Goutte
Billet de blog
Aimé Césaire : les origines coloniales du fascisme
Quel est le lien entre colonisation et fascisme ? Comme toujours... c'est le capitalisme ! Mais pour bien comprendre leur relation, il faut qu'on discute avec Aimé Césaire.
par Jean-Marc B