Les Verts allemands viennent de réveiller la campagne électorale d'Outre-Rhin en proposant une journée végétarienne ou Veggie Day dans les cantines scolaires. En effet, dans un pays où chaque allemand consomme 60 kilos de viande et de charcuterie par an, une telle proposition ne fait pas que des heureux. Les lobbies de la viande et les partis politiques traditionnels sont les premiers à protester. Rainer Brüderle, tête de liste du parti libéral (FDP), parti partenaire de l'Union Chrétienne Démocrate (CDU) d'Angela Merkel au sein de la coalition gouvernementale a osé déclarer: "Et puis pourquoi pas une journée de la toile de jute, une journée de la bicyclette, une journée du tea-shirt vert? Ca y est, ils sont de nouveau en marche, les jacobins verts! Ils veulent dicter aux gens ce qu'ils doivent manger et comment ils doivent vivre".
Les Grünen n'ont pas fait cette proposition sur un coup de tête en pleines vacances. Elle figure dans leur programme, car ils désirent ainsi s'associer à la décision prise en 2010 par la ville de Brême de faire un "Veggie Day" chaque jeudi dans les écoles. Cem Özdemir, co président des Grünen a insisté sur le fait qu'il s'agit de diversifier les repas et de ne rien imposer: "Nous les Verts, nous ne voulons interdire à personne de manger de la viande. Mais nous voulons qu'il y ait une alternative. Ce n'est pas une loi qui supprimera la consommation de viande. Personne ne doit être empêché de manger de la viande - y compris le jeudi". Les Grünen misent davantage sur l'approche volontaire et la convictions et soutiennent les cantines et restaurants scolaires qui offrent une journée végétarienne.
Pour Jürgen Trittin, tête de liste des Grünen pour les élections au Bundestag, dans l'interview qu'il vient de donner ce dimanche à l'hebdomadaire allemand "Welt am Sonntag", il ne s'agit pas pour les Grünen de régler la façon de vivre des gens, mais de les sensibiliser aux problèmes, afin de mettre fin aux abus. Ceci devrait être le devoir de tous les partis. Par exemple le "Veggie Day" montre qu'il est urgent de modifier la loi sur l'utilisation des médicaments pour les animaux surtout que des vétérinaires alimentent leurs revenus en prescrivant des antibiotiques aux animaux. Le "Veggie Day" tel qu'il est pratiqué dans les écoles et jardins d'enfants de Brême permet de mobiliser contre ce genre de dérives. Tout le monde se demande si l'élevage industriel, dans lequel figure deux fois plus d'antibiotiques que ce qui est prescrit aux patients comme médicament, doit être poursuivi.
Quand on sait :
- que 16 kilos de céréales et jusqu'à 15 000 litres d'eau sont utilisés pour la production d'un kilo de viande,
- que les animaux d'élevage émettent du méthane en abondance qui réchauffe l'atmosphère 20 fois plus que le CO2
- qu'un tiers de la récolte mondiale de céréales est utilisé comme fourrage,
on ne peut être qu'effrayé par le bilan la production de viande.
il est donc heureux que les verts allemands placent comme point n°2 de la thématique "écologie" de leur programme: " mettre fin à l'élevage industriel - élaborer une loi sur la protection des animaux pour leur bien être".
La partie de bras de fer est engagé sur fond de journée végétarienne dans les cantines scolaires entre les Grünen d'une part et le reste de la classe politique allemande et les lobbies de la viande d'autre part et ce, en pleine campagne électorale.
Les Grünen en appellent à la responsabilité de chacun. Il y va de la santé de toutes et tous.