Après la chute du mur de Berlin, suivie par celle de l'URSS et après l'entrée des pays de l'est européen dans l'UE, les relations des pays de l'Ouest euroéeen avec l'ensemble des pays de l'est y compris ceux de l'ex URSS relèvent du domaine du désert politique. Le seul qui avait compris dans la foulée du mur de Berlin le message de Mikhail Gorbatchev de "maison commune européenne" fut François Mitterrand qui avait lancé l'idée d'une conférence européenne. Celle--ci n'a jamais eu lieu car il s'est heurté aux conservateurs Helmut Kohl et Margaret Thatcher dont les intérêts étaient tout autre: Thatcher était sur "I want my money back". La situation économique allemande était beaucoup moins favorable que celle de la France, l'Allemagne se retrouvait avec plus de 20% de chômeurs dans l'ex Allemagne de l'est. L'objectif de l'ancien chancelier était de réussir l'unité allemande. De ce fait il n'y a jamais eu de politique européenne vis à vis de la Russie. Et quand il y a un Poutine au pouvoir, on en voit les résultats aujourd'hui.
Concernant les pays de l'est membres de l'UE, ils ont été, durant la guerre froide, des satellites de l'URSS, avec des révolutions réussies comme en Pologne et écrasées comme en 1953 en RDA, en 1956 en Hongrie et en 1968 en Tchécoslovaquie. Le seul pays de l'est ayant eu une tradition démocratique fut cependant la Tchécoslovaquie. Ce n'est pas un hasard si les héros de la révolution réprimées comme Vaclav Havel et Alexandre Dubcek furent les héros de la révolution de velours en 1989 et prirent les rênes du pouvoir.
Après la chute du mur de Berlin et de l'URSS, les pays dits satellites ont eu une soif d'indépendance qui a plus ou moins exacerbé des sentiments nationalistes par la suite, surtout que l'église qui était plus ou moins réprimée sous le régime communiste s'est fortement développée, notamment en Pologne. De plus, ces pays n'ont jamais eu de fait de tradition multi ou interculturelle, le mur entre les 2 Europe et les régimes qui ont participé à sa construction l'en empêchaient.
L'adhésion à l'UE a permis à ces pays une certaine mise à niveau au plan économique. Mais les années Eltsine et les deux premiers mandats Poutine ont réveillé à juste titre dans ces pays notamment en Pologne et en Hongrie de nouveau une peur de la Russie. D'où leur demande à l'UE: " Comment pouvez-vous nous protéger militairement?". Réponse: "Il n'y a pas d'armée de défense européenne". Réaction: tous les pays de l'est européen se sont adressés aux Américains et sont rentrés dans l'OTAN.
Tout ça pour dire que du côté occidental de l'UE il n'y a jamais eu de véritable approche et surtout pas de façon bilatérale pour tenter de comprendre ce que tout cela signifiait et comment dépasser nos histoires différentes en les analysant préalablement pour favoriser avec nos différences l'unité de l'Europe.
Aujourd'hui, il y a des dirigeants polonais ultra réactionnaires qui refusent d'accueillir des réfugiés et qui sont prêts à remettre en cause l'IVG, et des dirigeants hongrois proches de l'extrême droite et prêts à construire des murs, comme si celui de Berlin n'avait pas suffi, pour empêcher l'entrée des migrants. Et il y a les autres, la Bulgarie et la Roumanie, qui sont les parents pauvres de l'UE.
Tous ces pays ont eu recours à la débrouille pour tenter de s'en sortir.
C'est dans le contexte de ce désert politique au niveau des relations Est-Ouest toutes ces décennies, qu'Emmanuel Macron fait ce déplacement dans les pays de l'est européen sauf la Pologne et la Hongrie, et pour cause! Qu'il y ait un accord de principe avec la République tchèque et la Slovaquie, rien d'étonnant, car ils sont animés par l'esprit européen. Ils ont eu la chance avec Vaclav Havel d'avoir un grand Européen comme président de la Tchécoslovaquie d'abord et de la République tchèque ensuite après la partition.
Mais cela sera compliqué pour les pays les plus pauvres comme la Bulgarie et la Roumanie. Il ne pourra pas contourner la Hongrie et la Pologne, surtout que c'est la Pologne qui profite le plus de ce système des travailleurs détachés. Une véritable stratégie est à inventer. C'est peut être le temps de rattraper tout ce qui n'a pas été fait toutes ces années. Mais la difficulté est grande quand la soif d'indépendance se transforme en nationalisme et que le repli sur soi continue de faire partie de la culture de ces pays trop marqués par le mur entre les deux parties de l'Europe, même si celui-ci est tombé il y a maintenant 28 ans.