Eva Joly a frôlé la victoire au 1er tour de la primaire de l'écologie. Il s'agit d'un signal politique très fort.Eva Joly a frôlé la victoire au 1er tour de la primaire de l'écologie. Il s'agit d'un signal politique très fort. En effet, les écologistes ont placé en tête celle qui a su s'adresser aux gens de France ou d’ailleurs qui souffrent de l'ensemble des crises qui traversent le monde et l'Europe.
Souvenons-nous ! au cours de la campagne des européennes, Dany Cohn-Bendit, Eva Joly, José Bové ont porté les couleurs d’Europe-Ecologie, en incarnant pour notre société l'espoir avec deux idées simples « pour protéger, il faut changer », « pour changer, il faut protéger », deux idées d'une actualité brûlante aujourd'hui tant les crises font des ravages, tant la politique de Sarkozy est destructrice, deux idées avec lesquelles Eva a saisi et continue de saisir les contradictions exacerbées d'une société en crise. Elle décline des propositions concrètes pour les gens qui ont besoin à la fois de protection et de changement pour eux-mêmes et pour le monde, des propositions concrètes non seulement au niveau de l’écologie, mais dans tous les domaines.
Le pouvoir en place, en surfant sur les crises, creuse le lit du Front National. Cependant, les effets des crises et le rejet de la politique de Sarkozy font que bon nombre de personnes ont de nombreuses exigences par rapport aux candidats à l’élection présidentielle et c'est normal. Les gens veulent bien que les candidat-es à l'élection présidentielle de 2012 viennent de la société civile, mais à condition qu’ils aient une expérience politique à la hauteur des enjeux d’aujourd’hui. C’est ce qu’incarne Eva Joly, avec sa vision politique aussi bien dans les domaines social et écologique qu'au niveau des fonctions régaliennes de l'Etat.
C'est pour tout cela qu'Eva est arrivée en tête, pas parce qu'elle n'aurait convaincu qu'en interne, comme le prétendent certain-es.
Eva Joly a la qualité de femme d'Etat.
Elle ne pratique pas l’écologie punitive, comme on a pu entendre ci et là. C’est une femme de convictions. Avoir des convictions ne signifie pas sectarisme, au contraire, cela va de pair avec le dialogue, avec le fait de transformer les désaccords en atout. Aussi, les convictions sont-elles importantes quand les repères tombent, comme c’est le cas aujourd’hui dans notre société en crise, et face à la candidate du Front National.
Forte de ses convictions, Eva apporte sa vision et ses propositions, celles des écologistes, toujours dans cet esprit de « Pour protéger, il faut changer », « pour changer, il faut protéger », et ce, concernant l’emploi, la sortie du nucléaire, la laïcité qui n’est pas racisme, les droits, la lutte contre les discriminations, contre l’expulsion des Roms, des Sans Papiers, des jeunes Tunisiens de la Villette, la situation dans les prisons, la démocratisation de l’Etat, le rôle de la justice et de la police, l’éducation, le dérèglement climatique, la sécheresse et ses conséquences, une véritable justice sociale et économique anti-corruption, les grandes questions de société etc. Elle est à même d’apporter sa vision et des propositions concernant l’Europe, la France dans l’Europe, la crise grecque, car il y a nécessité urgente d’une alternative au vieux concept socialiste et social-démocrate de l’Europe, aujourd’hui dépassé, et au repli que nous offre la gauche de gauche, d’une alternative à l’Europe forteresse que Lampedusa rend tristement célèbre. Sa vision, c’est aussi celle de faire que la France cesse de soutenir les dictateurs et hommes d’Etat corrompus, c’est soutenir les révolutions arabes, le mouvement démocratique et populaire au Sénégal, l’Etat palestinien etc..
C’est pour tout cela que je soutiens Eva Joly. Et pourtant, j’ai longuement hésité quant à la nécessité d’une candidature écologiste à la Présidentielle vu ma relation très conflictuelle avec le système autocrate de la Vè République, ceci étant du à mes 19 ans de vie en Allemagne. J’ai voté très souvent dès le premier tour pour le ou la candidate socialiste, ce fut encore le cas en 2007. Mais a violence du système sarkozyste, les crises, le désarroi, font que la voix des écologistes, en l’occurrence celle d’Eva, doit se faire entendre, surtout face au Front National, dès maintenant. Il y a urgence !
Il sera encore temps de prendre une autre décision, plus tard, en fonction de la situation et si les prévisions de votes pour le FN s’avéraient hautes
Pour le moment, soyons fortement mobilisés.
Et pour reprendre le titre d’un film célèbre de Fellini : « E la Nave va »… jusqu’à la victoire d’Eva.
Françoise DIEHLMANNConseillère régionale EELV d’Ile de FranceGennevilliers, Hauts de Seine