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Billet de blog 4 juil. 2022

VOULEZ-VOUS M'ACCORDER CETTE DANSE ?

Honni soit qui mal y pense...En tout bien et tout honneur, bien sûr  ! Pas de regard répréhensible ni de main baladeuse, promis juré. Je m'empresse de vous prévenir car par les temps qui courent...Enfin nous nous comprenons.

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Je suis, en paroles beaucoup plus qu'en actes, un virtuose des danses de salon et j'entretiens auprès de mes amies qui ne dansent pas ou peu, une réputation très surfaite, si ce n'est pas carrément usurpé, de danseur émérite. Je regrette infiniment de ne pas être à la hauteur de mes ambitions, tant j'aurais aimé faire virevolter, toupiller, tourbillonner, vibrionner et éblouir celle que je tiendrais dans mes bras autant que celles qui admireraient de loin mes poses avantageuses et mes entrechats vertigineux. Ce n'est pas faute d'avoir essayé pourtant et les efforts que j'ai déployés pour être à la hauteur de toutes les situations du samedi soir mériteraient tous les encouragements et même une certaine admiration.

Aujourd'hui les salles de bal se font rares et les danses de salon sont devenues une distraction de niche, entendez par là une distraction que ne prisent plus que quelques passionnés qui ne la pratiquent qu'entre eux. Il fut un temps où le bal du samedi soir était une institution vénérée et les discothèques avec leur musique en conserve encore très rares. Ces bals étaient animés par des musiciens en chair et en os organisés en orchestre de plusieurs membres, parfois rassemblés autour d'une jeune femme avec un joli brin de voix.

Pour un prix d'entrée modique, nous étions assurés de passer une soirée agréable qui pouvait se terminer à l'aube. Parfois, l'entrée de certains lieux était gratuite, mais pour pouvoir danser il fallait acquérir des carnets de danses avec tickets détachables qu'il fallait remettre à la jeune fille que vous invitiez. A une heure précise de la soirée, la jeune fille qui avait le plus de tickets était invitée à monter sur scène sous les applaudissements : elle était la reine de la soirée et elle était entourée d'un nombre de dauphines variant selon les circonstances.

D'une pierre, le propriétaire du lieu faisait deux coups. Il créait une saine émulation entre les plus séduisantes jeunes filles du canton et évitait aux moins malins d'entre nous de faire lamentablement tapisserie. En outre, pour les jeunes filles, refuser une invitation à danser équivalait à une perte sèche et pouvait compromettre le plaisir d'être mise à l'honneur.

Avec un bon camarade de cette époque glorieuse et insouciante nous fréquentions assidûment les salles de bal. Nous rêvions de danser toute la nuit jusqu'à l'ivresse des sens, mais nous ne savions pas danser. Très vite nous nous sommes convaincus qu'il fallait y remédier au plus tôt. Vous devinez sans mal tous les fantasmes qui allaient nous motiver dans cette entreprise.

Avec mon bon camarade nous avons décidé de prendre le taureau par les cornes et nous nous sommes lancés dans le slow, danse facile qui consiste pour l'essentiel à se dandiner d'un pied sur l'autre en faisant du surplace et en prenant un air inspiré ou énamouré. Il nous avait échappé que les danses allaient par bouquets et que le slow ne revenait que toutes les quatre ou cinq danses, parfois en alternance avec le tango. Il nous avait échappé également, qu'entre deux slows, d'autres danseurs avaient tout loisir de charmer celle que nous convoitions et d'emballer grave.

Nous étions bons en slow et n'avions pas nos pareils pour poser quelques doigts légers et pianotants dans l'échancrure de la robe de nos cavalières et parfois même de caresser délicatement le creux de leurs reins, mais comme nos idylles ne progressaient pas, nous en étions réduits à rejouer à l'infini le sketch La drague de Guy Bedos et Sophie Daumier. Je préfère vous épargner le regard tout en suspicion des demoiselles quand nous venions les inviter pour les seuls slows ; je préfère de même oublier la méfiance que nous leur avons probablement inspirée.

J'avais un faible pour certains tubes de l'été et aujourd'hui encore un frisson me parcourt l'échine quand j'entends When a man loves a woman de Percy Sledge, Nights in white satin des Moody Blues ou encore A whiter shade of pale de Procol Harum.

Nous avions mal pris le taureau par les cornes ou mais peut-être choisi le mauvais taureau. Un beau jour, mon bon camarade arrive plus euphorique que jamais et brandit à bout de bras un magazine dans lequel s'étalait une publicité pour un ouvrage qui promettait la lune : « APPRENDRE A DANSER EN TROIS HEURES ». Une sorte de La danse pour les nuls avant la lettre. Je vais donner un pseudonyme à mon bon camarade pour faciliter la narration car il n'aimerait peut-être pas que j'étale nos exploits au grand jour sans son accord. Il sera désormais Jean-Paul.

Jean-Paul et moi nous sommes cotisés pour commander l'ouvrage et avons guetté le facteur avec une impatience fébrile. Notre attente fut de courte durée et notre enthousiasme pour une méthode pédagogique quasi-révolutionnaire fit plaisir à voir d'après ma mère et son amie Elfriede. Elles nous le raconteront bien plus tard.

La méthode d'apprentissage est d'une simplicité étonnante. Comment ne pas y avoir pensé plus tôt ? Dans notre manuel, une double page est consacrée à chaque danse et toutes les danses de salon imaginables y sont décrites. Mieux qu'avec de simples mots, avec des dessins de pas fléchés. En rouge ceux du danseur et en bleu ceux de la danseuse, ou l'inverse peut-être. Il suffisait donc avec des craies de couleur, qu'il fallut se procurer, de reproduire cette chorégraphie de semelles et de flèches sur le sol et d’y poser ses pieds.

Par mesure de discrétion, nous avons réquisitionné le garage familial qui avait l'avantage d'avoir une porte qu'on pouvait fermer à clé, un sol lisse en ciment donc facile à marquer et à effacer au fur et à mesure de nos avancées. Surtout il permettait d'effacer toutes traces de nos exploits derrière nous. L'affaire relevait en effet du secret-drague.

Il ne restait alors que quelques menus détails à régler, dont celui du choix du genre pour chacun de nous. Qui sera le cavalier et qui sera la cavalière ? D'aucuns régleraient cela à pile ou face mais cela ne résoudrait en rien le problème qui est ailleurs. En principe, le cavalier guide la cavalière qui a donc vocation à se laisser guider, or nous étions potentiellement deux cavaliers et chacun de nous avait la ferme intention de savoir bientôt danser, surtout de le faire dans la plénitude de son genre et d'en exercer toutes les prérogatives. Aucun de nous n'avait envie de perdre son temps à apprendre à être une fille, enfin c'est ce que probablement nous avons sans doute pensé l'un et l'autre. De bonne grâce et parce que nous sommes de vieux amis, mais surtout parce qu'il y a urgence, chacun avait par conséquent consenti à être la cavalière à tour de rôle. Le moins longtemps possible.

Un autre détail nous avait totalement échappé, nous n'avions aucune musique dans laquelle ancrer notre apprentissage. Nous sommes donc convenus que ce qui était essentiel à ce stade c'était de mémoriser parfaitement la chronologie des pas de chaque danse pour qu'elle revienne avec une sorte d'automaticité une fois notre cavalière dans nos bras. Nous étions encore jeunes mais déjà très pragmatiques. Nous avons contourné le manque de bande-son par une espèce de sonorisation vocale faite de « hop, hop, hop, hop, hop», ce qui manquait singulièrement de discrétion et avait tôt fait d'attirer quelques curieuses qui ont suivi nos manigances de loin : ma mère et son amie. Au passage, et avant d'aller plus loin, vous avez certainement noté que les cinq hop, soit deux pas à gauche et trois pas à droite, sont ceux du tango standard.

Par une lucarne, dont l'existence nous avait dans le feu de l'action totalement échappé, Elfriede et ma mère avait pu suivre les avancées de nos apprentissages pas à pas et en riant sous cape. Quand nous émergions du garage elles ne posaient jamais aucune question, comme s'il était tout à fait normal que deux amis s'enferment à double tour dans un garage sombre un jour de soleil resplendissant. Ma mère, fine mouche et considérant que notre extraordinaire persévérance serait inévitablement couronnée de succès, indépendamment de l'étrangeté de notre méthode, a décidé d'apporter son concours à l'entreprise. Elle s'est mise en tête de faire de moi un jeune homme éduqué dont elle n'aurait pas à rougir. Non seulement son fils préféré (elle n'en a pas d'autre d'ailleurs) sera un danseur émérite mais elle va en faire un jeune homme du monde dont elle pourra être fière.

Cela consistait à me faire comprendre que pour danser avec une jeune fille, il convenait de respecter certaines convenances. Pour l'inviter à danser, il fallait d'abord s'approcher d'elle franchement et non pas subrepticement ou en crabe, la regarder droit dans les yeux puis de lui dire, en inclinant légèrement la tête : « Mademoiselle, voulez-vous m'accorder cette danse ? ». Elle était censée être flattée et accepter l'invitation, puis s'appuyer délicatement sur une main offerte pour se lever et, de concert, nous devions nous rendre alors sur la piste en prenant les postures requises par la danse proposée. A la fin de la danse, un échange d'une discrète courbette et l'esquisse d'une révérence devait tenir lieu de remerciements et la galanterie consistait alors à offrir encore sa main en appui à celle de la cavalière pour la reconduire à sa place, sans l'abandonner au milieu de la piste pour aller rejoindre au plus tôt les copains accoudés au comptoir du bar. Il ne me restait donc plus qu'à étrenner mon tout nouveau savoir, ce que j'ai fait à la première occasion

Ma mère avait tout prévu sauf que celle de la jeune fille pouvait avoir oublié d'organiser la symétrie de ce délicat cérémonial. Ainsi, une adorable jeune fille me répondit-elle un soir, par un tonitruant et rageur : « Occupé ! » ; j'ai prudemment battu en retraite, un peu penaud, totalement abasourdi et pour tout dire incrédule. Je n'ai compris qu'un peu plus tard que la jeune fille avait réservé d'avance sa danse à un autre et s'était en quelque sorte mise en réserve en espérant que le prétendant convoité se décide enfin à l'inviter.

Un peu plus tard, une reconduite galante à sa place d'une autre cavalière n'a pas eu plus de succès car, sentant derrière elle ce qu'elle percevait peut-être comme un souffle rauque sur sa nuque, elle s'est retournée vivement et écriée : « Mais qu'est-ce qu'il veut celui-là ? ». J'ai une fois de plus battu en retraite sous les regards ironiques et moqueurs des copines qu'elle avait prises à témoin. J'ai décidé alors de mettre mes toutes nouvelles compétences, dont ma mère avait jugé l'acquisition si impérative, en veilleuse. A l'avenir, je serai peu soucieux de renouveler l'expérience, ni même d'entamer une étude statistique sur le nombre de jeunes filles que leurs mères ont omis de familiariser avec un usage au demeurant charmant.

Je m'étais souvent interrogé dans les semaines qui ont suivi mon étrange aventure, d'où ma mère avait bien pu sortir ces drôles de règles, un peu surannées et dont je semblais être devenu le seul dépositaire. C'est quand, quelques mois après, estimant sans doute venu le moment de poursuivre mon éducation et qu'elle a glissé

entre mes mains un ouvrage dont l'immaculée couverture comportait la représentation d'un collier de perles, d'une coupe de champagne avec ses bulles et d'une rose écarlate avec en belles lettres noires: « GUIDE PRATIQUE DU SAVOIR-VIVRE », que j'ai tout compris . Je l'ai dévoré comme un roman et me suis régalé à chaque page.

J'y ai même retrouvé le récit intégral, sous sa forme académique, de mes exploits d'un certain samedi soir mais en termes de réussite. J'ai lu et relu avec délectation toutes ces recommandations dans les domaines les plus variés, me disant qu'il faut surtout laisser décanter tout cela et n'en user qu'avec la plus grande parcimonie, sans jamais pratiquer à la lettre. C'est la danse et ses promesses qui doivent retenir toute mon attention.

La danse est un art avant de devenir un spectacle. Quand je parle de danse, je veux oublier ces étranges figures solitaires faites de gesticulations, de trémoussages et d'ondulations aussi aléatoires qu'étranges dans le vide. Je veux parler de la vraie danse, celle que nous appelons « danse de salon » et qui se pratique à deux, en couple, les yeux dans les yeux ou presque. Les plus férus d'entre nous, les vieux de la vieille et les ravissantes intemporelles savent de quoi je veux parler. Quelques initiées de belle eau et de belle prestance dont je vois les yeux briller de plaisir par avance, sont dans le secret. Je songe à toutes celles qui connaissent les différences subtiles entre le tango argentin et le tango de salon. Je pense à toutes celles qui savent à l'occasion établir des ponts et des passes inoubliables entre les deux et j'en souris d'émotion.

Le tango argentin est une danse latino-américaine qui se pratique en avançant la pointe du pied à chaque pas alors que le tango standard, de salon, attaque le parquet du talon à chaque nouveau pas. Talon, salon, pour ceux qui ont besoin d'un repère mnémotechnique. Le second se danse corps à corps, un bras tendu, une main posée bien à plat au creux des reins de la partenaire (sans caresses, ni pétrissages par conséquent) ou délicatement appuyée sur l'épaule du cavalier. Le tango argentin ne favorise pas le rapprochement des corps mais surtout, il autorise, exige même, des figures libres qui complètent celles contraintes ; le tango de salon se pratique à figures imposées, standardisées, aseptisés même.

La danse de salon ne se pratique d'ailleurs pas qu'en salon, elle se pratique ou plutôt se pratiquait au bal du soir, en thé dansant, en goûter dînatoire ou à la guinguette au bord de l'eau. En nocturne, une sphère à facettes composées d'autant de minuscules miroirs, fixée au plafond, éclairée d'un spot lumineux et tournant sur elle-même, était absolument indispensable : on l'appelait d'ailleurs une boule de tango. Cet accessoire, sans lequel le tango de salon ne serait que ce qu'il est, c'est à dire une danse parmi d'autres, est essentiel. Il crée et entretient une ambiance, une intimité faite de discrètes ondulations, de souffles tièdes partagés et de papillons de lumière qui virevoltent. Pour parfaire l'ambiance, un éclairage ultra violet fait ressortir les chemises et chemisiers en tissu blanc mais faisait malheureusement également les pellicules sur le revers des vestons sombres.

Le tango argentin, le vrai tango argentin, ne se pratique pas en salon : il demande de l'espace et de l'air pour oxygéner les danseurs qui se révèlent être de véritables athlètes. Il se danse également avec le regard et le port de tête qui l'accompagne ne supporte aucune indolence. Avec ses enroulés et ses déroulés de jambes, il est un spectacle, une exhibition des corps, des chevilles, des jarrets, des chutes de rein et des cambrures. Il est la sensualité à l'état pur. Honni soit qui mal y pense. Même si, rien que d'y penser, un frisson s'empare de vous.

Dans les hauts lieux du plaisir dansant, il arrive parfois que l'orchestre enchaîne à un rythme soutenu et sans prévenir quelques mesures de tango, de valse lente, de paso doble, de slow, pour enchaîner avec un début de rumba, un zest de cha cha cha, un peu de salsa, un embryon de valse viennoise, une amorce de foxtrot, puis de charleston nerveux, des miettes de samba puis la même chose en désordre, à l'endroit et à l'envers, en terminant sur un rock pour ceux qui en ont encore le souffle et la force. Les danseurs sur la piste doivent enchaîner toutes ces figures en rythme et au rythme sans désemparer, sans auréoles de sueur sous les aisselles et en gardant un frais sourire. Les couples se forment et se défont, se décomposent et ne se retrouvent pas toujours, au gré des chorégraphies et des enchaînements. La prestation se termine obligatoirement comme elle a commencé, par une courbette et une légère révérence, puis une chevaleresque reconduite à la place assise. Honni soit qui mal y danse.

La valse et le foxtrot avaient particulièrement retenu mon attention. Beaucoup de danses se pratiquent dans un secteur limité de la piste. Vous le choisissez au moment de monter en scène, au milieu pour ne être trop vu si vous manquez d'assurance, sur l'extérieur si vous aimez briller et montrer votre talent de fin chaloupeur.

La vraie valse a cette particularité de vous faire tourner sur vous-même mais également de vous déplacer tout autour de la piste. Un peu à la manière de la terre qui tourne sur elle-même tout en tournant autour du soleil. Vous tournez en rond en décrivant tous les cercles possibles. Vous pouvez tourner dans le sens des aiguilles d'une montre ou en sens contraire et si vous êtes viennois d'origine même tenter de combiner les deux sens. La vraie valse est viennoise, en l'évoquant je pense immédiatement au Beau Danube bleu de Johann Strauss.

Le foxtrot est semi-statique. Un pas en avant, un pas à droite, un pas en arrière et un pas à gauche. Le parcours n'est plus circulaire mais carré et vous revenez toujours à votre point de départ. Quand vous vous entraînez avec la fameuse méthode des pas tracés à terre, vous prenez conscience de ce qu'être ridicule veut dire mais en chaloupant bien et en les suivant en musique, votre prestation peut être du plus bel effet. Bien sûr, vous ne tournez pas en rond et vous n'avancez pas, tout est dans les déhanchements !

La danse est une mise en scène avec ses grammaires, ses décors et ses costumes. A mes yeux le tango incarne le mieux cet art. Si nous pouvons nous déhancher sans difficulté particulière sur une plage de sable fin ou sur une pelouse taillée court, pour danser un tango qu'il soit argentin ou de salon il faut un parquet et pas n'importe lequel. Par ailleurs sur la plage et le gazon des tongues ou même les pieds dénudés font parfaitement l'affaire.

Le parquet d'une piste de danse doit être en bois dur. Du hêtre, du frêne ou encore mieux du chêne. Les lames de parquet sont minutieusement poncées puis cirées avec soin. Cirées avec soin, c'est dire recouvertes d'une première pellicule de cire naturelle dont l'excédent est aussitôt essuyé, puis recouvertes d'une nouvelle pellicule quelques heures après quand la première couche est absorbée. Un parquet en bois massif ne se lave pas à grande eau comme un carrelage mais il s'essuie délicatement au chiffon humide et s'entretient a température et hygrométrie constantes. Ni trop froid, ni trop chaud, ni trop sec ni trop humide : le bois est vivant et reste réactif pour toujours.

La danse se pratique en chaussures de villes à semelle de cuir. Le pied doit glisser sur le sol sans déraper toutefois. Un danseur de mes connaissances avait poussé le souci du détail jusqu'à transporter dans sa voiture du talc qu'il n'hésitait pas à répandre sur le parquet quand il estimait que le moment était venu d'optimiser son plaisir et celui de sa cavalière.

Ses chaussures étaient strictement réservées aux soirées dansantes et il était hors de question que leurs semelles se rayent au contact de l'asphalte ou des gravillons. Un puriste en quelque sorte mais sur une piste de danse il faisait briller les yeux de toutes et naître la jalousie de chacun.

« Au fait, que faites-vous samedi soir » ai-je failli vous demander, emporté dans mon élan ?

En tout bien et tout honneur, bien sûr  ! Pas de regard répréhensible ni de main baladeuse, promis juré. Je m'empresse de vous prévenir car par les temps qui courent...Enfin nous nous comprenons.

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