Quel crédit politique accorder à un homme qui pour accéder au pouvoir fait le choix d'attiser tous les ressentiments, de jeter de l'huile sur le feu de chaque frustration et à désigner à la vindicte des siens des adversaires multiples et variés érigés en autant de boucs émissaires.
Le « bruit et la fureur » et le conflit à tout prix, théorisés et érigés en idéologie, enveniment les pensées et enflamment les esprits sur les réseaux sociaux et jusque sur les fils de Mediapart ou quiconque n'épouse pas la doxa du maître est lui-même jeter en pâture aux adeptes et partisans aux esprits en surchauffe permanente.
Quel crédit politique accorder à des disciples, hier à l'ombre du parapluie protecteur d'un maître à penser, puis tombés en disgrâce et désormais en révolte ouverte pour retrouver les bienfaits d'un cocon et surtout conserver pour toujours un avantage acquis par un dévouement et une soumission de tous les instants. Quel crédit accorder à ceux qui n'ont toujours pas compris que ce qui leur arrive était écrit, que quand ils ont accepté les faveurs et les récompenses, ils auraient dû savoir que tôt ou tard d'autres seraient appeler à les remplacer. Un autocrate s'entoure toujours de disciples dévoués mais pour conserver la main sur une mouvance érigée en cheptel ovin, épure et purge régulièrement son entourage. En cela, Jean Luc Mélenchon ne fait qu'agir à l'image de ses maîtres du passé, y compris les plus inattendus.
Quel crédit accorder à un mouvement politique qui a érigé un tel fonctionnement en système, si d'aventure il arrivait un jour à la tête du pays. De quelles méthodes useraient son lider maximo et ses hommes de main pour conserver et pérenniser leur pouvoir, et jusqu'où seraient-ils capables d'aller ?
Alors, pour atténuer les inquiétudes qui peuvent naître de ces interrogations légitimes et des réponses pour le moins inquiétantes qui pourraient leur venir à l'esprit, certains ont un étrange réflexe de protection dont l'histoire politique fourmille. Ils se choisissent un champion parmi les disciples déchus, le pare de toutes les vertus de clairvoyance et de pureté, gomme ses errements et cécité du passé puis l'érige en nouveau maître à penser. C'est ainsi qu'ils conjurent la crainte de se retrouver orphelins demain, livrés à eux-mêmes sans maître à aduler.