ERASMUS CHEZ LES POULES

L'Ecole d'Art de Glasgow s'est fait une spécialité de l'oeuf de Pâques richement décorés que les étudiants écossais offrent aux jeunes filles des résidences universitaires voisines ainsi qu'à celles simplement de passage.

 

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Gertrude à Glasgow

Poule écossaise ! disais-je dans une légende énigmatique qui vous a laissé songeur et tout d'interrogations fait. Elle s'appelle Gertrude, elle vit en Ecosse, à Glasgow plus précisément. Elle a été surprise à la Glasgow School of Art. Elle y était conviée par son directeur en vue de la signature d'un contrat portant sur une centaine d'oeufs à pondre avant le premier jour du mois d'avril. L'Ecole d'Art de Glasgow s'est fait une spécialité de l'oeuf de Pâques richement décorés que les étudiants écossais offrent aux jeunes filles des résidences universitaires voisines ainsi qu'à celles simplement de passage.

Gertrude est une célébrité locale. Originaire du Pays de Galles, elle est la fille d'une orpington née à Crokham Hill près de Edenbridge dans le Kent et d'un solide coq du Gers de France. Ils se sont connus en 2004 à Twickenham lors du Tournoi des Six Nations qui vit la France ravir le titre de champion d'Europe à l'Angleterre en cinq match joués et cinq match gagnés. C'est le cinquième jour de la rencontre, dans le match qui nous a justement opposé à l'Angleterre que Helmut, un fier gallinacé originaire du Bas-Rhin et gersois d'adoption, s'élança sur la pelouse en alternant d'une voix de stentor « Cocorico » et « kiki ri ki ». La mère de Gertrude tomba sous le charme du polyglotte à plumes. Elle ne s’en remit jamais. A l'issue du match que l'équipe qu'elle supportait perdit, elle vit dans cette défaite un signe du destin, une occasion unique de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Après avoir échangé des mots puis les premiers baisers et convenant qu'ils s'aimaient d'amour tendre, les deux tourtereaux convolèrent en justes noces et de cet amour européen naquit un adorable et déjà espiègle poussin.Le poussin devint grand, de poulet il devint poule tout en continuant à porter belle. Elle était la fierté de ses parents, de sa maman dont elle hérita de la douceur angévine, de son père qui lui transmit un port altier et une voix reconnaissable entre toutes les autres quand elle claquetait, caquetait et crételait. Je ne vous l'avais pas dit : quand poulette a pondu elle crételle alors qu'elle claquette comme la cigogne, mais en moins fort, quand elle se prépare à la ponte. Pendant qu'elle pond, elle se tait et se concentre. Pour cette raison d'ailleurs, il arrive parfois que l'amoureux dise à l'élue de son cœur qui caquette à tout va : « Tais-toi et pond ». Que la délicieuse Marlène Schiappa et la claviste qui rôde me pardonnent et ne voient aucun mal, là où il n'y en a pas, je ne fais qu 'établir et rapporter des faits dans lesquels je n'ai moi-même aucune responsabilité et que je n'approuve pas forcément.

La morale de cette histoire est qu'un grand dépit sportif peut conduire aux plus tendres transports et que si l'envie profonde est toujours de gagner, l'essentiel reste de participer et de se laisser parfois emporter.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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