MES CHÈRES AMIES

Rendons hommage à la franco-allemande ou à la germano-française chaîne de télévision si respectueuse des uns et des autres et si respectueuse de celles et de ceux qui la regardent. Rendons hommage à ARTE et à tous ceux qui la font.

DES PAULINE PAR MILLIERS

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LE BONHEUR EST DANS LE PRÉ

Taureaux et vaches, naturellement.

Capture d'écran Arte

J'ai pour les vaches une profonde sympathie qui ne se dément pas avec les années et va même en s'amplifiant. J'aurais même la dent de plus en plus dure envers tous ceux qui utilisent mes amies pour se livrer à des comparaisons peu flatteuses pour elles. Je ne vois vraiment pas en quoi le regard d'une vache serait bovin même si sa profondeur échappe aux ignares. La robe de la vache est d'une grande douceur et je me demande pour quelles raisons la peau de vache a soudain une si mauvaise réputation. Celui qui n'a jamais fréquenté les Pauline, Marguerite et Jacqueline et ne fait que répéter à l'infini les médisances que colportent quelques citadins malveillants et ignorants, gagnerait à limiter ses comparaisons à ce qu'il connait vraiment.

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VACHE AU REGARD SCEPTIQUE

Taureaux et vaches, naturellement.

Capture d'écran Arte

Quand je me promène à la campagne et que je croise quelques vaches qui ruminent couchées, assises seraient plus juste car elles ne sont pas sur le flanc, à l'ombre d'un tilleul, je n'hésite jamais à les saluer en levant élégamment bon couvre-chef et en m'inclinant légèrement. Je joins toujours la parole au geste en m'enquérant : « Comment allez-vous, mesdames ? ». Les mots leur sont inutiles pour me répondre. Elles tournent leur museau humide vers moi, opinent légèrement du chef et je vois une profonde amitié dans leur œil. Quand je me promène dans les herbages, je porte  un chapeau de paille genre Panama, de préférence à une casquette. Il rend le geste de se découvrir plus élégant et j'ai l'impression de faire mieux honneur à celles que je salue.

J'ai moi-même des choses à me faire pardonner par elles. Il y a très longtemps de cela j'étais un fervent admirateur des cow-boys, je ne ratais jamais un western au cinéma du bourg voisin les dimanche après-midi. De la même manière que j'excellais et excelle toujours à pousser le cri de Tarzan, je n'avais pas mon pareil pour pousser un retentissant « Youhououou Rintintin ! » pour protéger mon ami le lieutenant Rip Masters des perfidies d'un apache chiricahuas. Quand je n'étais pas Rusty, j'étais selon mon humeur du jour Kid Carson, la légende de Sud-Ouest, un rude éclaireur-pisteur de la grande plaine, Buck Jones, le Bayard du Far-West ou à la rigueur Hoppalong Cassidy, vague cow-boy auquel j'avais du mal à m'identifier en raison de son manque de charisme peut-être dû au graphisme rédhibitoire du comics qui le mettait en scène.

Je pourchassais les canailles qui pullulaient à cette époque dans l'Ouest américain ou les irrédentistes indiens qui comme Geronimo refusaient la paix des braves. Puis vint le premier séisme de ma jeune vie. Les cow-boys n'étaient que, comme leur nom l'indique, des gardiens de vaches ! J'en perdis l'appétit. Moi qui, en ces temps-là, n'avais aucune sympathie pour ces Longhorn qui finissaient toujours par courir droit devant au lieu de brouter paisiblement. Tout au plus pouvais-je les accepter comme éléments du décor au même titre que le crotale du désert, le cactus Saguaro et le tumbleweedqui traverse la route avant l'arrivée des cavaliers. Désormais, je devais admettre que la vache serait le personnage central de mon univers ! Mon époque Western s'est arrêtée pile et a cédé la place à ma période Peplum.

De la même manière que Picasso est passé de sa période en bleu à la période en cube en passant par la rose, je suis passé de ma période Western à ma saison Peplum pour m'attarder ensuite à l'époque Seconde guerre mondiale et terminer en apothéose dans les plaisirs du Cinéma tout genre confondu. Vous avez noté au passage que je n'ai vraiment peur de rien mais soyez pleinement rassuré mes chevilles sont restées en l'état.

Le récent Salon de l'agriculture m'inspire décidément beaucoup. Plus récemment je suis tombé en arrêt devant deux très beaux documentaires diffusés sur Arte. Le premier Une vie de vache plus particulièrement consacré à celle à la robe couleur pie et connu comme la Holstein, le second Taureaux et vaches, naturellement met en scène la fameuse Bernoise plus connue sous le nom de Montbéliarde ou encore Simmental. Si vous vous souvenez de ma Pauline vous comprendrez mon émotion d'avoir vu ainsi tout un troupeau de Pauline, plus belles les unes que les autres. 

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EN FAMILLE

Taureaux et vaches, naturellement.

Capture d'écran Arte

 

 

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