J'ai du mal à croire que soudainement le président Macron a été frappé par l'émotion et la grâce en prenant connaissance de l'existence de ces hommes et de ces femmes venus d'ailleurs, car fuyant l'oppression politique, l'insécurité et la misère dans lesquelles elle les a enfermés.
J'ai peu goûté la manière dont le président Macron avait cru bon d'user pour "remettre en place " sa première ministre Elisabeth Borne qui avait souligné les liens de filiation du FN-RN avec Philippe Pétain et ses nervis. Tout autant me paraît suspect le numéro de duettiste que le président a entrepris avec son actuel premier ministre concernant le RN et son acceptation ou non dans l'arc républicain. Y a-t-il une doctrine de "la majorité présidentielle" en cette matière où assistons-nous à une espèce de jeu verbal dont la seule finalité serait de saturer un espace politique ?
Qu'il ait quelques arrière-pensées politiques et que le président Macron s'essaye à une triangulation dont désormais les électeurs de gauche sont l'enjeu ( je ne crois pas qu'il cherche à émouvoir un Mélenchon ou un Roussel) me paraît évident. Cette triangulation il l'a déjà mise en oeuvre ces derniers temps pour tenter de capter un électorat de droite et même d'extrême droite, ce qui lui avait valu l'accusation de faire leur lit par ceux qui n'ont que l'anathème permanent comme viatique. Il oublie parfois que la triangulation peut-être un jeu dangereux dans lequel on peut perdre don âme et qu'à trop vouloir être malin on finit toujours par trouver plus malin que soi.
Il se trouve que ce soir, officiellement le président Macron présidera ce moment intense qui verra Missak et Mélinée Manouchian entrer dans le Panthéon pour rejoindre Jean Moulin , Jean Zay, Pierre Brossolette, Geneviève De Gaule-Anthonioz et Germaine Tillon. A n'en pas douter ils seront tous les deux suivis par le long cortège de ceux et de celles qui ont dit non aux fascismes et seront discrédités à tout jamais ceux qui ont collaboré et qui ont sombré dans l'ignominie. C'est cela que je veux retenir aujourd'hui et j'en suis heureux. Les autres discussions pourront reprendre demain, elles n'effaceront pas ce qui se passera ce soir.
Ceux de la MOI-FTP sont notre honneur et aucun de nous ne peut parler à leur place. Ces hommes et ces femmes à qui la nationalité française n'avait pas été accordées de leur vivant doivent se la voir accorder à titre posthume pour ceux qui l'avaient demandée. Quoiqu'il en soit qu' ILS ENTRENT TOUS DANS LE PANTHEON et que leurs noms y soient gravés en lettre d'or pour l'éternité.
Les héritiers politiques de Reinhard Heydrich ne sont pas les bienvenus pour honorer la mémoire des métèques qui sont venus faire France avec nous.