Marquis est un cheval qui vivait en troupeau à l'état sauvage dans le Nevada. Comme pour nombre de ses congénères, un programme du Bureau de Gestion du Territoire a conduit à sa capture puis à son dressage en vue d'une adoption. Les mustangs sont les descendants de chevaux autrefois domestiques qui se sont échappés ou ont été abandonnés puis qui se sont reproduits dans les grands espaces que les western ont rendu populaires.
Coleman Roman a été condamné à la réclusion criminelle et purge sa longue peine dans un pénitencier où il vient d'être transféré après avoir connu un quartier d'isolement dans une autre prison. Lui également, bénéficie d'un programme spécial devant l'aider à maîtriser ses pulsions violentes, à s'humaniser et le conduire à la réhabilitation.
Marquis et Coleman étaient faits pour se rencontrer et...faire cause commune. Le mustang résiste à tout dressage et se trouve enfermé, à l'isolement, ce qui dans son cas conduit inévitablement à l'euthanasie. La mission de Coleman dans le ranch que le programme gère avec un personnel et des dresseurs pensionnaires du pénitencier voisin, est de ramasser le crottin des chevaux. Un peu par hasard, un peu en raison d'un concours de circonstances, le détenu mutique et insoumis deviendra le dresseur du mustang rétif.
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Le cheval et le détenu sont les personnages centraux de l'histoire. Ils s'apprivoiseront pas à pas et seront un des binômes qui animera la vente aux enchères de mustangs dressés de l'année. La présentation au public d'acheteurs potentiels virera à la catastrophe du fait du passage d'un hélicoptère qui rappelle à l'animal la traque de sa capture. Le programme sera suspendu : Coleman retournera dans sa cellule au pénitencier et le mustang indomptable dans son enclos d'isolement.
De la meurtrière qui tient lieu de fenêtre de sa cellule, Coleman revoit de temps à autre son ami de l'autre côté d'une clôture surmontée de fils de fer barbelés. Le prisonnier l'avait fait s'échapper pour qu'il retrouve sa liberté et sa vie d'avant dans les espaces semi-désertiques de l'ouest américain alors que lui-même a regagné volontairement sa cellule.
Laure de Clermont-Tonnerre, la réalisatrice, nous propose un parallèle entre deux êtres qui se ressemblent, se rencontrent puis s'éloignent. L'un comme l'autre ont perdu la liberté et doivent se soumettre. L'un comme l'autre sont réfractaires à cette soumission et prompts à la rébellion. Leur parcours en commun laisse des traces : le cheval rendu à la vie sauvage et à la liberté revient sur les lieux de son dressage, l'homme réincarcéré dans l'huis clos d'une cellule a retrouvé une part de son humanité même si l'incarcération sèche n'est pas le plus sûr moyen pour sortir du mutisme et développer son empathie.
Pendant toute la durée du film, j'attendais quelque chose de moins convenue, d'une confection plus fluide et cousue de fils moins visibles. J'aurais même accepté qu'une simple histoire me soit contée pour me distraire et m'émouvoir, sans fioritures et sans vaines promesses.
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