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Billet de blog 26 sept. 2022

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MA PLANIFICATION ECOLOGIQUE A MOI

Do it yourself ? Assurément, mais sans tomber dans les délires de la collapsologie et du survivalisme.

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Tout d’abord, j’ai commencé par externaliser et par sous-traiter le moins possible ce que je mets dans mon assiette. Puis j’ai soigneusement évité d’avoir recours aux « cabinets conseils » qui pullulent sur internet sans généralement maîtriser véritablement, ni les proportions, ni les temps de cuisson. J’ai fait appel à ma mémoire, aux conseils avisés de ma mère du temps de son vivant puis de sa cousine et amie devenue la dépositaire universelle de « l’art culinaire » dans la famille et le voisinage.

Devant le rayon « livres de cuisines », j’ai écarté les ouvrages richement illustrés sur papier glacé et j’ai renoué avec le livre de cuisine le plus classique, le plus fiable et le plus diversifié que je connaisse, celui de Ginette Matthiot, réédité à de nombreuses reprises depuis presque un siècle. Un recueil de recettes soigneusement collectées puis testées par cette ancienne professeur d’enseignement ménager.

Pour la bonne bouche, l’amie Matthiot offre plusieurs dizaines de manière d’accommoder l’oeuf sur les 1950 conseils culinaires et recettes qu’elle propose dans la réédition  de«  Je sais cuisiner »  par Albin Michel (les entremets les plus prometteurs y trouvent leur place par ailleurs). Le bel ouvrage est complété par de nombreuses annexes sur « l’art de la table », les vins, des renseignements pratiques sur la conservation des aliments et même quelques incursions dans les arts culinaires de nos voisins européens. Pour la modique somme de 16,50 € et en 750 pages, le plaisir du bien manger à votre portée.

En un second temps, j’ai cessé de me payer de mots et à me lamenter en répétant à l’infini que la vie est de plus en plus chère, l’inflation de plus en plus galopante et mon pouvoir d’achat toujours davantage en berne, sans aller voir de plus près le type de consommateur que je suis, en particulier en matière alimentaire.

Ensuite, je me suis amusé. Amusé à calculer des prix de revient par plat et par repas puis à me mettre aux fourneaux. Après être passé à table et avoir flatté mes papilles, j’ai vérifié si le rapport qualité/ prix était satisfaisant, si je trouvais mon compte dans l’affaire et même si, à l’occasion, une de mes invitées avait un air plus admiratif dans son regard énamouré.

Il va de soi que les préparations industrielles ne sont pas tout à fait absentes de mes courses. Encore faut-il nous entendre sur ce que nous entendons exactement par «  plat cuisiné ». J’achète toujours mes fonds de tarte de pâte brisée, feuilletée ou sablée et mes croutes de pizza. Mais ce que je mets dessus est toujours de mon cru. En revanche je n’achète ni choucroute, ni cassoulet en boîtes, sous blister en demi-frais ou surgelés. J’achète les ingrédients et je les assemble moi-même. Ce qui me permet de garder un œil vigilant sur leur qualité et de ne pas perdre la main.

Bien entendu, je laisse à d’autres le soin de faire la découpe puis la fermentation du chou blanc, de la même manière que je laisse aux vrais spécialistes le soin d’élever, d’abattre et de procéder à la découpe du cochon et d’assurer la plantation, la récolte et le séchage du haricot lingot. Do it yourself ? Assurément, mais sans tomber dans les délires de la collapsologie et du survivalisme.

Je continue d’acheter mon pain chez un artisan boulanger et mes viandes chez le boucher de la même manière que je confie le ressemelage de mes chaussures au cordonnier du bout de la rue. Je ne donne donc ni suite aux propositions de machines à pétrir et à cuire le pain soi-même et n’achète ni lapin angora, ni poule naine à la jardinerie du coin dans l’espoir d’avoir un civet ou une poule au pot toujours à portée de main.

Je crois m’être fait comprendre en suggérant que faire la cuisine soi-même sans se laisser tenter est non seulement une première garantie d’une saine nutrition et d’une maîtrise retrouvée de ses dépenses mais également une réappropriation de sa liberté de consommateur en tenant à distance tous ceux qui ont toujours quelque chose à nous fourguer à grand renfort de messages publicitaires en spéculant sur notre naïveté ou notre paresse.

Puis j’ai découvert tout le profit qu’il est possible de tirer d’un congélateur pour gagner du temps (time is money, isn’t it?). Il était hors de question de faire l’acquisition d’un congélateur coffre ou armoire pour y stocker les produits surgelés de la grande distribution et contribuer ainsi à un transfert de frais de conservation de chez eux à chez moi. Je me suis contenter d’un modeste congélateur-cube de classe E (je n’ai pas trouvé plus économe en consommation électrique) strictement réservé à la conservation de mes propres préparations réparties en parts pour un ou deux repas.

Je conserve ainsi des parts de lasagne, des canneloni-maison, des barquettes de sauce bolognaise, de choucroute garnie et même de soupe aux courgette, carottes et céleri. Pour ce qui de la décongélation, je n’utilise dans aucun cas le four à micro-onde. Je place ma barquette à décongeler dans le réfrigérateur la veille au soir. Le froid dégagé contribue à refroidir mon réfrigérateur et me fait économiser une partie de l’électricité consommée précédemment dans l’opération congélation.

Les pâtes délicatement préparées «  al dente » ne supporteraient pas une seconde cuisson lors de la décongélation dans votre micro-onde : elles en deviendraient molles et leur indice glycémique exploserait. Une minute ou deux en micro-onde tout juste pour réchauffer est jouable cependant. Pour ce qui est de la choucroute je conseille de la réchauffer plutôt à la poêle pour en développer de nouveaux arômes.

Le même type d’opérations est bien entendu possible quelque soit la taille de la famille, sauf que le recours à un congélateur de taille supérieure peut alors s’imposer. L’idée-clé est de renoncer à la cuisine industrialisée et de renouer avec l’art culinaire et la gastronomie-maison.

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