Qui s'est promené sur ma terrasse ce matin ? Qui a laissé des traces de pas très caractéristiques dans la neige ? Non vous n'y êtes pas. Ce n'est pas un petit marquis qui déambulait, tenant délicatement entre le pouce et l'index la tige d'un ballon de vin rouge en se mirant avec satisfaction dans sa robe et concluant : « Il a un goût de noisette ! ». C'est bien de la robe du vin que je parle et non de celle que le petit marquis ne porte pas. Le cas échéant c'est une petite marquise que j'évoquerais. Il en existe mais la question n'est pas à l'ordre du jour aujourd'hui.
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Le mystère n'est plus entier.
Les traces de pas dans le beurre de mon réfrigérateur ce n'est pas lui non plus mais je vous ai mis sur la voie. J'ai semé un indice avec innocence. Je vois votre regard briller...Oui, vous semblez brûler...Non, ce n'est pas une cigogne d'Alsace. Elle, c'est le Riesling qu'elle déguste.
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Traces de pas dans le beurre.
Je vois que vous êtes un fin renard, vous vous interrogez sur lui mais vous savez que ce n'est pas elle. Ce n'est ni un renard, ni une cigogne, ni un raton laveur. Ce n'est pas une triple buse non plus, mais la buse simple en ferait volontiers son déjeuner. Je vais vous présenter mon visiteur sans que vous donniez votre langue à votre chat.
Depuis quelques temps, je reçois la visite amicale et furtive d'un écureuil et par la force des choses nous avons sympathisé. Entendons-nous. Nous ne nous adressons pas la parole, du moins pas encore. Mon noisetier semble l'intéresser plus que moi-même et il doit être du genre aventureux. Il fait régulièrement de petites incursions près de la maison mais ne s'attarde pas. Il est affable mais c'est moi qui suis sensé tenir table ouverte car ce qu'il a enterré à l'automne il n'arrive visiblement pas à le retrouver ou alors c'est qu'il a déjà vidé son garde-manger.
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Garde-manger resté porte ouverte.
Avant cet hiver nous ne nous connaissions pas. Tout au plus nous sommes nous croisés mais comme nous sommes aussi distraits l'un que l'autre nous avons oublié d'échanger un sourire. Je ne renonce pas à l'idée que nous fassions connaissance bientôt, que nous sympathisions même. Pour que nous ne nous rations pas la prochaine fois que nos routes se croiseront, j'ai pris quelques renseignements sur lui. J'ai exhumé de mes archives le double numéro 36-37 de la Hulotte Spécial EPICEA publié en 2004. La Hulotte est le journal le plus lu dans les terriers et ceux qui en sont les créateurs savent de quoi ils parlent. Ce double numéro consacre de belles pages, magnifiquement illustrées, aux mœurs, us et coutumes de mon désormais ami, l'écureuil.
Pour l'inévitable allusion cinématographique de ma chronique, je ne peux que vous recommander chaudement Les aventures de Spirou et Fantasio. Pour le plaisir d'y voir Alex Lutz bien sûr mais surtout Spip, l'écureuil. Un des écureuils, que Muriel Bec a recueillis à leurs naissances et qu'elle a élevés, tiendra ce rôle. L'écureuil reste un animal sauvage, craintif et furtif et cela ne devait pas être simple de le faire travailler tout en le respectant « Gageure ! » m'étais-je dit. En plaçant ce point que je voulais final, je pensais vraiment en avoir fini pour l'instant. Nenni ! A la relecture à haute voix de ma chronique mes oreilles sifflent.
Gageure comme cageot et geai ? Ou gageure comme gerçure et gibbon ? Gageure comme Georges et son genou ? Ou gageure comme bonheur et l'heure ? Ou gageure comme parjure et injure. Georges dont la guenon a mal au genou a quant à lui emmener son gamin acheter une guirlande pour sa girafe qui n'aime pas les gorilles.
Mon Spip des jardins n'imaginait sans doute pas un seul instant les méandres de la pensée dans lesquelles il allait m'entraîner.
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Vieille connaissance .
Par un bel après-midi de septembre, nous avons joué aux échecs
dans Washington Square Park à New York.