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Billet de blog 27 juin 2022

EL BUEN PATRON de Fernando Leon Aranoa

El buen patron est de la belle ouvrage, en tout cas un honnête film.

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Le bon patron de Fernando Leon de Aranoa est un film sur l'entreprise, tout au moins sur une des manières d'en assurer la gestion des ressources humaines. La plus vieille de toutes sans doute, la plus efficace peut-être à condition de penser à tout et surtout à tous les petits grains de sable qui peuvent gripper les rouages du système le mieux huilé. La plus efficace à condition d'accepter l'idée que les systèmes les plus rodés connaissent tôt ou tard leurs dérives et peut-être pire.

Juan Blanco, héritier de l'entreprise familiale qui fabrique depuis des générations des balances avec comme devise exactitude, précision et fiabilité, gère son affaire en bon père de famille, sévère et exigeant, mais juste et proche de son personnel qu'il connaît et qui le connaît depuis presque toujours. Juan Blanco est un patron paternaliste, très présent et qui se dit accessible .

Dans le meilleur des mondes, il arrive toutefois qu'il faille parfois se séparer d'un employé ou faire des remontrances à celui qui crée le trouble dans le travail parce qu'il se laisse envahir par un problème personnel ou familial. La proximité trop grande et la confusion des genres dans les relations interpersonnelles sur le lieu de travail peuvent également oblitérer gravement la bonne gestion des conflits toujours possibles.

Un événement important attend tout ce monde, un prix qui est censé honorer l'entreprise et lui donner une visibilité nouvelle doit être décerné par un jury attendu avec impatience. Juste au moment où trois grains de sable viennent gripper l'harmonie générale.

L'employé licencié fait son sit-in avec banderoles et mégaphone devant l'entrée principale et refuse désormais tout arrangement ; l'ami d'enfance et chef du service achat s'est trompé dans la commande des fournitures créant un chômage technique inattendu ; une jeune et séduisante stagiaire, un peu délurée, très adroite et qui n'a pas froid aux yeux, séduit le patron trop près de son personnel. Elle est de surcroît la fille de son meilleur ami.

El buen patron n'est pas un film à thèse. Il est une comédie légère qui tient plutôt de la farce et dont le cadre est l'entreprise industrielle comme il aurait pu être un autre lieu de travail ou de vie. C'est un film plaisant, distrayant même, qui n'invite pas vraiment à s'attarder une fois les premiers sourires effacés. Cependant, il serait injuste de dire que le prix Goya qui a récompensé Javier Bardem dans le rôle de Juan Blanco n'est pas mérité. Il serait tout aussi injuste de penser que le réalisateur et son scénariste ont usurpé le leur. El buen patron est de la belle ouvrage, en tout cas un honnête film.

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