POUR SAMA de Waad al-Kateb et Edward Watts

Ce ne sont pas des pétales de roses que les hélicoptères du sinistre Bachar Al Assad larguent du ciel, ce ne sont pas des colis de vivres que les bombardiers du non moins sinistre Poutine lâchent dans le ciel. Ce sont des barils bourrés d'explosifs, d'hydrocarbures et de mitraille qui tombent sur les immeubles d'habitation, ce sont des missiles que les russes tirent sur les écoles et les hôpitaux.

Sama est le nom d'une petite fille dont les parents vivaient à Alep en Syrie au pire moment de l'histoire de cette ville. Sama veut dire Ciel. Ciel comme ce lieu au-dessus de la ville que toute la population d'une ville scrute avec angoisse chaque fois qu'un hélicoptère de l'armée syrienne y surgit ou qu'un chasseur-bombardier russe apparaît à l'horizon.

Ce ne sont pas des pétales de roses que les hélicoptères du sinistre Bachar Al Assad larguent du ciel, ce ne sont pas des colis de vivres que les bombardiers du non moins sinistre Poutine lâchent dans le ciel. Ce sont des barils bourrés d'explosifs, d'hydrocarbures et de mitraille qui tombent sur les immeubles d'habitation, ce sont des missiles que les russes tirent sur les écoles et les hôpitaux.

A Alep, la population souffre et vit dans la terreur. Les immeubles s'effondrent sur leurs occupants, les alépins meurent ou se meurent de désespoir dans l'indifférence générale comme d'autres syriens, dans d'autres villes avant eux. Des hommes et des femmes font cependant face et notamment l'équipe médicale emmenée par Hamza, un médecin, mari de Waad et père de Sama.

Waad al-Kateab, la mère de Sama filme. Elle filme tout ce qu'elle peut filmer autour d'elle, inlassablement. Elle filme pour que sa petite fille voit et comprenne un jour, ce qui s'est passé à Alep. Elle filme pour que le monde entier voit, entende et s'approprie les agissements et les crimes de Bachar Al Assad quand il massacre son propre peuple avec la bénédiction et l'aide de Poutine. Elle filme pour qu'un jour, le monde civilisé dispose des preuves d'un crime contre l'humanité, quand l'heure viendra de demander des comptes.

Waad al-Kateab à Alep, Pablo Salas à Santiago-du-Chili. A Cannes en 2019. Sama de Waad al-Kateab et Edward Watts et La Cordillère des songes de Patricio Guzman et Pablo Salas se partagent ex-aequo la récompense « L'oeil d'or » du meilleur documentaire du Festival.

Les images du film sont sans fioritures. On ne sort pas indemne du film et j'ai envie de dire, de le crier le plus fort possible : ALLEZ LE VOIR ! Allez le voir, ne serait-ce que pour que les entrées soient nombreuses. Allez le voir, pour que les assassins et leurs complices sachent que nous les avons vus à l'oeuvre et que nous ne dirons pas que nous ne savions pas.

 

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