La question de la co-belligérance se pose en permanence même s'il est difficile de dire quand la ligne rouge serait franchie. Livrer des armements et contribuer sur place à leur maintenance, contribuer à l'instruction des combattants , mettre à disposition des renseignements militaires fiables sont autant de forme de co-belligérance.
La question n'est donc pas de trouver une définition juridique de la "co-belligérance" acceptable et qui ferait l'unanimité dans les camp des alliés de l'Ukraine mais surtout qui siérait à l'ennemi dont nous connaissons le peu de cas qu'il fait du droit. Ce n'est donc pas de cette définition introuvable que doivent dépendre l'accroissement de nos aides à l'Ukraine, mais de notre capacité à continuer à dissuader l'agresseur et le contraindre à renoncer à ses projets et reprendre nous-même la main.
L'autre aspect de la question est bien de rester les maîtres de notre engagement à côté des Ukrainiens et d'éviter toute escalade intempestive d'un conflit qui pourrait dès lors devenir hors de toute maîtrise.
C'est ce que vivent à intervalles réguliers et particulièrement aujourd'hui les Etats Unis d'Amérique dans leur soutien à l'Etat hébreu. Aujourd'hui Israel mène la danse en faisant la sourde oreille aux demandes de tous ceux qui souhaitent un cessez-le-feu humanitaire, une plus grande retenue et de manière générale un changement de pied pour que les droits des populations palestiniennes soient davantage prises en compte.
Contrairement à ce que pensent les stratèges du café de commerce, il ne suffirait pas que le président Biden gèle les livraisons d'armes pour que cessent à ce stade les agissements de Netanyahu. Ce dernier a su s'y prendre de longue date pour limiter sa dépendance à l'égard de ses protecteurs. A l'approche des élections de novembre le risque politique serait d'ailleurs trop grand pour les démocrates qui se sont piégés eux-mêmes depuis des années par leur manque de fermeté avec Israël. Les autocrates, de Netanyahu à Poutine, savent jouer des contradictions de ceux qu'ils veulent circonvenir et à qui ils veulent forcer la main. Le premier comme le second compte sur les mouvements de menton du sinistre Trump et sur la pusillanimité de la communauté des nations. En France, le second a même trouvé sa cinquième colonne avec le RN et , il faut bien dire, ses idiots utiles toujours à la recherche d'un non-alignement introuvable.