Freddy Mulongo
Journaliste congolais vivant à Paris, défenseur de la liberté d'expression. Fondateur de Réveil FM International.Créée en 1999 à Kinshasa, Réveil FM est devenu Réveil FM International depuis 2007 à Paris.
Abonné·e de Mediapart

3338 Billets

0 Édition

Billet de blog 1 nov. 2021

Message du Secrétaire Général de l'ONU, crimes des journalistes contre l'impunité !

La violence contre les journalistes est en hausse dans le monde entier. Depuis 1992, plus de 1 400 journalistes ont été tués, et dans huit cas sur dix où un journaliste est assassiné, les meurtriers ne sont pas appréhendés. Le niveau élevé et persistant d'impunité perpétue un cycle de violence contre les journalistes, ce qui constitue une menace pour la liberté de la presse.

Freddy Mulongo
Journaliste congolais vivant à Paris, défenseur de la liberté d'expression. Fondateur de Réveil FM International.Créée en 1999 à Kinshasa, Réveil FM est devenu Réveil FM International depuis 2007 à Paris.
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Message du Secrétaire Général de l'ONU, crimes des journalistes contre l'impunité!

Freddy Nulongo Mukena, Réveil FM International

MESSAGE SUR LA JOURNÉE INTERNATIONALE POUR METTRE FIN À L'IMPUNITÉ POUR LES CRIMES CONTRE LES JOURNALISTES

2 novembre 2021

L'année dernière, selon l'UNESCO, 62 journalistes dans le monde ont été tués simplement pour avoir fait leur travaux. Beaucoup ont perdu la vie en couvrant un conflit. Mais ces dernières années, le nombre de travailleurs des médias tués en dehors des zones de conflit a augmenté. Dans de nombreux pays, le simple fait d'enquêter sur la corruption, la traite, les violations des droits humains ou les problèmes environnementaux mettent la vie des journalistes en danger. L'impunité pour les meurtres de journalistes est extrêmement élevée. Selon l'UNESCO, près de 9 sur 10 cas restent impunis. Et les journalistes sont confrontés à d'innombrables autres menaces - allant de l'enlèvement, la torture et la détention arbitraire aux campagnes de désinformation et au harcèlement, en particulier dans le sphère numérique. Les femmes journalistes sont particulièrement exposées à la violence en ligne. Les crimes contre les journalistes ont un impact énorme sur la société dans son ensemble, car ils empêchent les gens de prendre des décisions éclairées. La pandémie de COVID-19 et la pandémie fantôme de désinformation, a démontré que l'accès aux faits et à la science est littéralement une question de vie et décès. Lorsque l'accès à l'information est menacé, cela envoie un message inquiétant qui mine démocratie et état de droit. Aujourd'hui, à l'occasion de la Journée internationale pour la fin de l'impunité pour les crimes commis contre les journalistes, nous commémorer l'héritage et les réalisations des journalistes tués dans l'exercice de leurs fonctions, et appeler à justice pour les crimes commis contre eux. J'exhorte les États membres et la communauté internationale à être solidaires des journalistes partout dans le monde aujourd'hui et chaque jour, et de démontrer la volonté politique nécessaire pour enquêter et poursuivre les crimes contre les journalistes et les professionnels des médias avec toute la force de la loi.

Mettre fin à l'impunité des crimes contre les journalistes constitue l'un des les plus pressants pour garantir la liberté d'expression et l'accès à l'information pour tous les citoyens.  Depuis 1992, plus de 1 400 journalistes ont été tués dans le monde et près de 9 cas sur 10 n’ont pas été élucidés, selon l'observatoire de l'UNESCO des journalistes assassinés. Ce cycle de violence à l’encontre des journalistes est souvent révélateur d’un affaiblissement de l'État de droit et du système judiciaire.

Ce chiffre n’inclut pas les nombreux autres journalistes qui, quotidiennement, subissent des agressions non mortelles, y compris la torture, la disparition forcée, la détention arbitraire, l’intimidation et le harcèlement, que ce soit en situation de conflit ou non. En outre, il existe, pour les femmes journalistes, des risques spécifiques, notamment les agressions sexuelles.

Si les meurtres constituent la forme la plus extrême de censure des médias, les journalistes sont également confrontés à d'innombrables menaces, allant de l'enlèvement, de la torture et d'autres agressions physiques au harcèlement, notamment dans la sphère numérique. Les menaces de violence et les attaques contre les journalistes en particulier créent un climat de peur parmi les professionnels des médias, entravant la libre circulation des informations, des opinions et des idées au sein de la population.

Dans de nombreux cas, les menaces de violence et les attaques contre les journalistes ne font pas l'objet d'enquêtes appropriées, ce qui conduit trop souvent à des agressions plus graves, voire à des meurtres.

Lorsqu’elles restent impunies, l’UNESCO s’inquiète que les agressions de journalistes envoient aux gens ordinaires un message très négatif selon lequel s’ils diffusent une « vérité embarrassante » ou des « opinions indésirables », ils s’attireront des problèmes. En outre, la société perd confiance dans son propre système judiciaire, censé défendre les droits de chacun. Les auteurs de crimes contre des journalistes s’enhardissent donc lorsqu’ils se rendent compte qu’ils peuvent agresser leurs cibles sans jamais être traduits en justice.

En outre, les systèmes judiciaires qui enquêtent fermement sur toutes les menaces de violence à l'encontre des journalistes envoient un message fort, à savoir que la société ne tolèrera pas les attaques contre les journalistes et contre le droit à la liberté d'expression pour tous.

L’édition 2021 de la Journée internationale contre l'impunité pour les crimes contre les journalistes met en lumière le rôle déterminant des services de poursuite judiciaire dans les enquêtes et les poursuites, non seulement des meurtres, mais  également  des  menaces de violence contre les journalistes. Les  commémorations  de  la journée cette année introduiront également le 10e anniversaire  du  Plan d'action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l'impunité, qui sera marqué par l’édition 2022 de la journée.

Faire taire un journaliste ne devrait pas être l'affaire d'un seul individu. C'est une question qui touche la société dans son ensemble, son présent et son avenir.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Aurélien Rousseau, l’autre caution de gauche de Matignon
Le nouveau directeur de cabinet d’Élisabeth Borne, Aurélien Rousseau, a été directement choisi par Emmanuel Macron. Sa réputation d’homme de dialogue, attentif aux inégalités, lui vaut de nombreux soutiens dans le monde politique. D’autres pointent sa responsabilité dans les fermetures de lits d’hôpitaux en Île-de-France ou dans le scandale du plomb sur le chantier de Notre-Dame.
par Ilyes Ramdani
Journal
Législatives : pour les femmes, ce n’est pas encore gagné
Plus respectueux des règles de parité que dans le passé, les partis politiques ne sont toujours pas à l’abri d’un biais de genre, surtout quand il s’agit de réellement partager le pouvoir. Nouvelle démonstration à l’occasion des élections législatives, qui auront lieu les 12 et 19 juin 2022.
par Mathilde Goanec
Journal
Orange : la journée des coups fourrés
Redoutant une assemblée générale plus problématique que prévu, la direction du groupe a fait pression sur l’actionnariat salarié pour qu’il revienne sur son refus de changement de statuts, afin de faire front commun pour imposer la présidence de Jacques Aschenbroich. Au mépris de toutes les règles de gouvernance et avec l’appui, comme chez Engie, de la CFDT.
par Martine Orange
Journal
Élisabeth Borne, une négociatrice compétente et raide au service du président
Ces deux dernières années, celle qui vient de devenir première ministre était affectée au ministère du travail. Tous les responsables syndicaux reconnaissent sa capacité de travail et sa propension à les recevoir, mais ont aussi constaté l’infime marge de manœuvre qu’elle leur accordait.
par Dan Israel

La sélection du Club

Billet de blog
De l'art de dire n'importe quoi en politique
Le problème le plus saisissant de notre démocratie, c’est que beaucoup de gens votent pour autre chose que leurs idées parce que tout est devenu tellement confus, tout n’est tellement plus qu’une question d’image et de communication, qu’il est bien difficile, de savoir vraiment pour quoi on vote. Il serait peut-être temps que ça change.
par Jonathan Cornillon
Billet de blog
par Fred Sochard
Billet de blog
Qu’est-ce qu’un premier ministre ?
Notre pays a donc désormais un premier ministre – ou, plutôt, une première ministre. La nomination d’E. Borne aux fonctions de premier ministre par E. Macron nous incite à une réflexion sur le rôle du premier ministre dans notre pays
par Bernard Lamizet
Billet de blog
Qui est vraiment Élisabeth Borne ?
Depuis sa nomination, Élisabeth Borne est célébrée par de nombreux commentateurs comme étant enfin le virage à gauche tant attendu d'Emmanuel Macron. Qu'elle se dise de gauche, on ne peut lui retirer, mais en la matière, les actes comptent plus que les mots. Mais son bilan dit tout le contraire de ce qu'on entend en ce moment sur les plateaux.
par François Malaussena