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Billet de blog 4 avr. 2014

Fièvre Ebola en Guinée: peur sur Guéckédou

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Fièvre Ebola en Guinée: peur sur Guéckédou

Par Freddy Mulongo, jeudi 3 avril 2014  Radio Réveil FM International 

Guéckédou (Guinée) (AFP) - Le centre-ville grouille de monde, l'administration, les écoles et les commerces sont ouverts. Mais derrière l'apparence d'un quotidien normal, les habitants de Guéckédou, une des villes les plus touchées par l'épidémie d'Ebola dans le sud de la Guinée, ont peur.

Dans cette grosse agglomération de quelque 200.000 personnes, "tout le monde a peur. (...) C'est comme si chacun attendait son tour", confie Koin Barry, employé administratif dans une station-service rencontré sur son lieu de travail.

Avec Macenta (sud) et la capitale Conakry, Guéckédou est une des villes où les autorités guinéennes et des organisations internationales luttent contre l'épidémie de fièvre hémorragique, qui a fait 84 morts en Guinée sur 134 cas enregistrés depuis janvier, selon un nouveau bilan communiqué mercredi soir par le ministère de la Santé.

35 des cas de fièvre ont été confirmés en laboratoire comme étant dus à l'Ebola, a précisé le ministère. Ce virus hautement contagieux est mortel neuf fois sur dix. Il n'existe ni vaccin, ni traitement, et selon les spécialistes, l'isolement des malades confirmés et des cas suspects est l'unique moyen de casser la chaîne de transmission.

Mariam Sandounou, 14 ans, raconte qu'après l'annonce de l'apparition de la maladie, sa mère lui a interdit de se rendre dans son école primaire publique Patrice Lumumba, qui compte un millier d'élèves, pour éviter d'être contaminée.

Pendant qu'elle est restée à la maison, poursuit-elle, deux de ses amies, qui n'étaient pas de son école, sont décédées de fièvre hémorragique.

"J'ai dit à ma mère: +Même si je ne vais pas à l'école, je vais mourir ici à la maison si Dieu le veut+. Elle m'a dit de reprendre les cours, sous la pression aussi de mon papa, fonctionnaire à Conakry", indique-t-elle.

Le centre-ville est animé, les commerces, les écoles et l'administration fonctionnent à Guéckédou. Mais un fait détonne: un ballet incessant de véhicules estampillés Médecins sans frontières (MSF), une des organisations les plus actives sur le terrain dans le combat contre l'épidémie.

- 3,3 millions d'euros nécessaires contre l'Ebola -

MSF a monté des structures de prise en charge pour l'isolement des malades, dont un centre installé dans la cour de la Direction préfectorale de la Santé de Guéckédou. Des dizaines de personnes, Guinéens et étrangers, y travaillent, et ceux qui doivent entrer en contact avec les cas suspects et confirmés d'Ebola portent des combinaisons totalement hermétiques, avec gants, lunettes, masques et bottes.

L'ONG mène aussi des actions de sensibilisation et recherche d'autres cas.

Lors d'une séance de sensibilisation mardi, un laborantin a estimé que les bruyantes évacuations de malades vers le centre d'isolement ajoutaient le malaise à la peur au sein de la population.

Il faudrait "arrêter d'utiliser la sirène de l'ambulance" lors des transfert, "cela met mal à l'aise la population qui ne comprend pas que MSF garde au secret sans visites les malades jusqu'à leur mort", a-t-il expliqué.

L'ONG avait appelé lundi à une "mobilisation contre une épidémie d'Ebola sans précédent", en expliquant que la dissémination du nombre de cas sur le territoire compliquait "énormément la tâche" pour enrayer sa propagation.

Selon le ministère guinéen de la Santé, les besoins pour le "plan de réponse à l'épidémie d'Ebola" sont estimés à un peu plus de 4,5 millions de dollars (près de 3,3 millions d'euros).

Au-delà de la Guinée, deux cas d'Ebola ont été confirmés au Liberia voisin. Des cas suspects ont été rapportés en Sierra Leone, autre pays limitrophe, mais ils ont été testés négatifs au virus Ebola, d'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Le porte-parole de l'OMS, Gregory Härtl, a tempéré les déclarations de MSF sur l'épidémie sans précédent.

"Nous devons faire très attention à la façon dont nous caractérisons une flambée avec des cas sporadiques", a déclaré mardi à Genève M. Härtl, indiquant qu'en termes de bilans, de précédentes épidémies ont été plus graves que celle en Guinée, qui "est encore relativement faible".

Toutefois, "les flambées épidémiques d'Ebola sont toujours extrêmement préoccupantes. (Elles) ne peuvent jamais être considérées sous contrôle tant qu'il ne s'est pas passé 42 jours depuis le dernier cas", a-t-il précisé.

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