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Journaliste congolais vivant à Paris, défenseur de la liberté d'expression. Fondateur de Réveil FM International.Créée en 1999 à Kinshasa, Réveil FM est devenu Réveil FM International depuis 2007 à Paris.

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Billet de blog 8 mars 2015

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Bientôt, le Mémorial ACTe de l’esclavage ouvrira ses portes à Pointe-à-pitre en Guadeloupe

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Le Mémorial ACTe de l’esclavage à Pointe-à-pitre en Guadeloupe. Photo Réveil FM International

Pas un musée, le Mémorial ACTe sera inauguré par le président de la République François Hollande le 27 mai 2015. le Mémorial ACTe qui va devenir le monument phare de Pointe à Pitre et de toute la Guadeloupe. Sur les quais de l’ancien quartier mal famé de Darbousier, cet élégant bâtiment qui se présente coiffé de racines d’argent représentant les millions d’âmes disparues accrochée à une boite noire, se veut un « centre d’interprétation, d’expression et de recherche témoignant de la traite des esclaves ».

Le Mémorial ACTe de l’esclavage à Pointe-à-pitre en Guadeloupe. Photo Réveil FM International

Autant dire que le sujet est délicat, pour ne pas dire brûlant, surtout si l’on se souvient des polémiques suscitées par un Dieudonné déplorant que cette tache noire de notre histoire soit souvent occultée. Ce qui ne justifie pas évidement, d’insulter d’autres tragédies. Il est prévu qu’il ouvre le 6 juillet au public. Il sera inauguré le 27 mai, Jour de la commémoration annuelle de l’esclavage en 1848. Ce sera le Mucem des Antilles. A Marseille, le musée veut fédérer les cultures de la Méditerranée, à Pointe-à Pitre c’est toute la Caraïbe qui est conviée à se souvenir de l’esclavage. Ce petit paradis du tourisme qu’est devenue la Guadeloupe, ne veut pas oublier l’enfer qu’y ont vécu ses aïeux.

Le port de Pointe-à-pitre. Photo Réveil FM International

Le port de Pointe-à-pitre. Photo Réveil FM International

La Guadeloupe et les Antilles en général étaient un carrefour du commerce triangulaire(entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique) qui consistait notamment à fournir des esclaves africains aux planteurs blancs. « Notre ADN est constituée de cette histoire-là » poursuit Medhi Keita. Le film de Steeve Mac Queen récemment diffusé sur le petit écran (12 Years a Slave) montre la cruauté inimaginable qui prévalaient, il n’y pas si longtemps, non loin de la Guadeloupe, au sud des Etats-Unis. Sur l’île même, un cimetière découvert au Moule, voici quelques années, prouve que les esclaves mourraient le plus souvent avant trente ans. Des coups, de l’arthrose et de la tuberculose. Ce n’est qu’en 1848 que l’esclavage fut aboli grâce à l’Alsacien Victor Schoelcher qui fut, ne l’oublions pas, député de la Guadeloupe, et auquel un petit musée rend hommage à deux pas de là. Ce n’est pas vieux.

Le Mémorial a déjà acquis environ 500 pièces : témoignages, objets de la vie quotidienne, oeuvres d’art du monde entier, consacrés à l’esclavage;… Conçu par le cabinet d’architectes guadeloupéen BMC sur le site d’une ancienne sucrerie. Il va coûter 60 millions d’euros, dont 30 apportés par l’Etat, 13 par la région, et 17 par l’Europe.

Le Monument ACTe qui se veut un « lieu de recueillement, d’information, un lieu éducatif pour apprendre une histoire commune à l’humanité » envisage d’être aussi un signal, « un phare culturel » à l’entrée du port de Pointe-à-Pitre, notamment pour les nombreux bateaux de croisière qui mouillent au port. Pour l’instant, la capitale administrative de Guadeloupe se dépeuple au profit des petites villes balnéaires de sa banlieue et manque cruellement de site culturel. « C’est un projet pertinent car la Guadeloupe n’avait aucun lieu où se souvenir de cette période de souffrance et où l’exorciser », dit Lise Coudoux, directrice de cabinet du maire du Gosier, une ravissante commune à sept kilomètres de Pointe à Pitre. « A l’heure où la solidarité entre les gens se dissout, il nous faut un lieu de mémoire. La vie c’est la mémoire, la culture… ».

Il s’agit aussi d’un projet urbain disent les représentants du cabinet d’architecte Berthelot, le Mémorial et ses abords vont ouvrir ce quartier défavorisé sur le reste de la ville. Une passerelle reliera par ailleurs les bâtiments du Mémorial au morne mémoire de Darboussier qui deviendra un jardin paysager et panorama, avec table d’orientation.

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