Saint-Martin. Joëlle Petchy-Dorville, la directrice de l’école Clair Saint-Maximin

Je comprends pourquoi le Premier ministre Edouard Philippe ne condamne pas les fonctionnaires enseignants dont certains ont déserté des postes depuis Irma. Ceux qui ont été et sont encore là sont courageux. Elle est une femme courage. Joëlle Petchy-Dorville est la directrice de l'école Clair Saint-Maximin. Elle parle aux journalistes avec ses yeux plein des larmes.

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Saint-Martin. Le Premier ministre Edouard Philippe et Joëlle Petchy-Dorville

Elle a les yeux emboués, la voix sanglotante mais se refuse de pleurer lorsqu'elle s'exprime devant les journalistes. Joëlle Petchy-Dorville est la directrice de l'école Clair Saint-Maximin de Saint-Martin  que le Premier ministre Edouard Philippe et ses ministres ont décidé de visiter pour la rentrée scolaire du lundi 6 novembre 2017.

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Elle a son fils qui fréquente l'école, au de la joie de retrouver les écoliers, Joëlle Petchy-Dorville exerce sa vocation en toute humilité. C'est en tout cas le soulagement qui domine aujourd'hui à l'école Clair Saint-Maximin. " Les enfant ont déjà été traumatisés, même les grands, ils ont envie d reprendre une activité normale", explique Joëlle Petchy-Dorville, la directrice de l'école. L'école a bien résisté. Elle est debout. Et nous aussi ! "

Réveil-FM: Joëlle Petchy-Dorville, la directrice de l'école Clair Saint Maximin à Saint-Martin © Freddy Mulongo

Il y a quelques jours, la ministre des Outre-mer Annick Girardin avait dénoncé des "abandons de poste" de la part de certains enseignants de l'île. Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'éducation nationale  avait répondu en assurant que 90 % des professeurs seraient bien présents. 

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Dès la reprise début octobre, des psychologues scolaires ont arpenté les établissements pour assurer un suivi des enfants, des enseignants. C’est notamment le cas Maryse, présente dans l’école de Quartier d’Orléans. "Les petits ont fait preuve d'une certaine résilience, pour ceux qui sont restés" explique-t-elle, tout habillée en noir. Pour les autres, ceux qui viennent de revenir, ou reviendront dans les semaines à venir, il faudra encore être là. "S'ils sont partis c'est que leurs parents, ou même eux, ont eu un vrai traumatisme. Il faudra donc rester à l'écoute des signes de traumatismes", confie Maryse. Elle a aussi parlé aux plus grands, collégiens et lycéens, qui eux, dit-elle, s’inquiètent de leur avenir, de la présence de leur professeurs ou de la suite de leur études dans un territoire où tout est à reconstruire. 

 

 

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