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Billet de blog 11 avr. 2014

Elysée, gouvernement : le chamboule-tout de Hollande

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Elysée, gouvernement : le chamboule-tout de Hollande

Par Freddy Mulongo, jeudi 10 avril 2014  Radio Réveil FM International 

Paris (VIIIe), mardi. Le temps de la « normalité » est terminé : François Hollande, qui a décapité son cabinet à l’Elysée et cerné Manuel Valls en plaçant des proches au gouvernement, ne veut plus perdre de temps… en vue de 2017.

ON LE SURNOMMAIT Pépère. Depuis hier, les socialistes sont tentés de le rebaptiser... Attila ! En une seule journée, François Hollande a renversé la table en décapitant son cabinet à l'Elysée et la tête du PS, neuf jours après avoir déjà coupé la tête de Jean-Marc Ayrault. Le tout en n'hésitant pas à se salir les mains en envoyant certains de ses proches au tapis.

Un acte d'autorité que le président tenait à marquer, lui qu'on dit souvent indécis, pour montrer qu'il a compris que la gifle des municipales s'adressait d'abord à lui. « Il se remanie lui-même en faisant ça », analyse un cadre de la majorité. « Il fait le big-bang, il change tout en même temps. On ne l'attendait pas là-dessus », complète un fidèle.

Si Hollande a appuyé sur le bouton nucléaire hier, c'est aussi pour montrer à son ambitieux Premier ministre qu'il tient le volant. « C'est un gouvernement de hollandais. Valls est cerné, encerclé, même par les secrétaires d'Etat nommés hier. Ils sont où, les vallsistes ? Hollande le met sous contrôle, il lui a tout imposé. Il lui signifie que le patron, c'est lui ! » décrypte un ami du chef de l'Etat.

« Le quinquennat commence »

De fait, le Premier ministre n'a pas placé ses proches au gouvernement, comme le député Jean-Jacques Urvoas ou le sénateur Luc Carvounas. Les hollandais, en revanche, sont en force : Michel Sapin, François Rebsamen, Stéphane Le Foll, sans compter ceux repêchés ou promus secrétaires d'Etat comme Frédéric Cuvillier, Kader Arif ou André Vallini.

« Ce président à 25 % dans les sondages, qui suscite le doute et les moqueries, envoie le signal qu'il peut remanier tous les postes de la majorité à sa main et de façon violente ! » applaudit un conseiller ministériel, pour qui l'ère de la « normalité » est bien terminée. « Le quinquennat commence », ironise même un cadre du PS, qui raconte qu'Ayrault n'a cessé de plaider pour ce grand nettoyage. Entendu, mais trop tard, l'ancien Premier ministre a décidé de partir en vacances à l'étranger.

Il se replie sur un tout petit carré d'intimes

Pour relancer son mandat très embourbé, le président se replie aussi sur un tout petit carré d'intimes : l'ami avocat Jean-Pierre Mignard, Sapin, Rebsamen, la sénatrice Frédérique Espagnac, le « visiteur du soir » Julien Dray. Et l'ami de trente ans Jean-Pierre Jouyet, rencontré sur les bancs de la promotion Voltaire à l'ENA. C'est lui qui va reprendre les commandes du cabinet élyséen au poste de secrétaire général, à la place du préfet Pierre-René Lemas. « Je le fais pour lui », confie en petit comité Jouyet, qui aurait hésité mais cherche peut-être à laver son péché sarkozyste. Il avait en effet été débauché par l'ancien chef de l'Etat dans le cadre de l'ouverture. « C'est la seule fois où j'ai vu Hollande les larmes aux yeux », se rappelle un cadre PS.

Reste une question : le président a-t-il tiré sa dernière cartouche avec ce grand chamboule-tout, au risque de se trouver démuni en cas de claque aux européennes fin mai ? Selon des habitués de l'Elysée, le président, qui pense très fort à sa réélection, ne veut plus perdre de temps. L'un d'eux confie : « Bien sûr qu'il a 2017 dans la tête. Il regarde l'opinion, il voit bien que ce ne sera pas facile. »

VIDEO. Hollande prive ses ministres de téléphone pour qu'ils soient «concentrés»


Hollande prive ses ministres de téléphone pour... par BFMTV

Paris (VIIIe), mardi. Le temps de la « normalité » est terminé : François Hollande, qui a décapité son cabinet à l’Elysée et cerné Manuel Valls en plaçant des proches au gouvernement, ne veut plus perdre de temps… en vue de 2017.

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