Freddy Mulongo
Journaliste congolais vivant à Paris, défenseur de la liberté d'expression. Fondateur de Réveil FM International.Créée en 1999 à Kinshasa, Réveil FM est devenu Réveil FM International depuis 2007 à Paris.
Abonné·e de Mediapart

3338 Billets

0 Édition

Billet de blog 12 avr. 2014

Besancenot et Mélenchon défilent à Paris contre l'austérité

Freddy Mulongo
Journaliste congolais vivant à Paris, défenseur de la liberté d'expression. Fondateur de Réveil FM International.Créée en 1999 à Kinshasa, Réveil FM est devenu Réveil FM International depuis 2007 à Paris.
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Besancenot et Mélenchon défilent à Paris contre l'austérité

Par Freddy Mulongo, samedi 12 avril 2014  Radio Réveil FM International 

L'opposition de gauche compte ses forces. Le Front de gauche, le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), un collectif d'associations et plusieurs fédérations syndicales ont commencé à manifester ce samedi à Paris «contre l'austérité, pour l'égalité et le partage des richesses». La manifestation partira à 14 heures de la place de la République pour rejoindre la place de la Nation, par le boulevard Voltaire.

En tête de cortège se trouvent notamment, comme le montre cette photo relayée sur le compte Twitter de «l'Humanité», Jean-Luc Mélenchon (à gauche), coprésident du Parti de gauche, Alexis Tsipras (au centre), leader de la gauche radicale grecque, et Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français.

L'appel à ce rassemblement s'intitule «Maintenant ça suffit ! Marchons contre l'austérité pour l'égalité et le partage des richesses». Il a été signé par plus de 200 personnalités, dont l'humoriste Christophe Alévêque, l'artiste Ernest Pignon-Ernest, Mgr Jacques Gaillot, les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, des syndicalistes, Jean-Baptiste Eyraud du DAL (Droit au logement)... Le texte dénonce «la rigueur budgétaire et l’austérité imposées par la Commission européenne, François Hollande et le gouvernement pour satisfaire les marchés financiers», qui s'accompagnent du «recul général des droits à l’éducation, à l’emploi, à un revenu correct, à la santé, à un logement stable et décent». Il dénonce également les «dividendes insolents» versés «aux actionnaires» et récuse le pacte de responsabilité. «Qui peut croire que ce nouveau cadeau permettra de lutter contre le chômage ?» est-il écrit.

Besancenot : «L'enjeu est de reprendre la rue.»

Interrogé ce samedi sur i>Télé, Olivier Besancenot, du NPA, a développé les raisons de cette manifestation. «C'est la première manifestation de l'opposition de gauche au gouvernement. Il s'agit de fédérer une opposition de gauche décomplexée face à ce gouvernement. Il y aura des suites. Depuis qu'Hollande a été élu, on a surtout vu une opposition de droite, d'extrême droite, voire d'ultra-droite. L'enjeu est de reprendre la rue», a-t-il expliqué.

«Nous sommes rassemblés contre les politiques d'austérité, qui nous conduisent à la catastrophe» a pour sa part estimé, sur Europe 1, François Delapierre, secrétaire national du Parti de Gauche. Il estime que l'audience de la gauche de la gauche augmente parmi les électeurs. «Avec les municipales, il y a eu beaucoup d'abstention à gauche et beaucoup de voix pour nous. Ce fait a été passé sous silence avec le score du Front national», assure-t-il. Parmi ses propositions, il suggère d'augmenter les salaires «pour relancer la consommation». «On peut le faire en diminuant les dividendes versés à la finance, l'ennemi du Bourget», dit-il en référence au discours de campagne présidentiel de François Hollande, où il avait déclaré «mon véritable adversaire n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti, mais il gouverne ; cet adversaire, c'est le monde de la finance». Concernant l'éventail politique des manifestants, François Delapierre ajoute : «Vous allez voir que les Verts vont, petit à petit, rentrer dans l'opposition de gauche».

Chez Europe Ecologies-Les Verts (EELV), alors que la direction a adressé une fin de non-recevoir à l'invitation, quelques cadres ont d'ailleurs lancé un appel à rejoindre le cortège de ce samedi. «Notre présence (...) est cohérente avec la décision d'EELV de ne pas participer au gouvernement de Manuel Valls», écrivent les signataires parmi lesquels ne figurent aucune figure nationale du mouvement écologiste. «Nous serons dans la rue avec toutes les forces sociales qui ne renoncent pas à une politique de gauche et écologiste pour changer le cap de la France et infléchir celui de l'Europe», ajoutent-ils. Cette marche divise aussi la CGT, puisque la direction de la centrale n'y appelle pas, tandis que plusieurs fédérations et unions CGT ont annoncé leur soutien à l'initiative.

Pour Mélenchon, Valls «pose problème à tout le monde»

Jean-Luc Mélenchon, le coprésident du Parti de gauche, «pense que ce sera un succès. Comme d'habitude il sera nié». Selon lui, la nomination de Manuel Valls a «beaucoup accéléré la préparation de cette marche depuis une semaine et l'a amplifiée», car le nouveau Premier ministre «est un socialiste qui pose problème à tout le monde, à commencer par les socialistes eux-mêmes». Lors d'un précédent rassemblement de la gauche de la gauche, le 5 mai 2013, Jean-Luc Mélenchon avait appelé à une «insurrection». «Le compte n'y est pas», avait-il notamment déclaré à propos de la politique de François Hollande. Une querelle l'avait opposé à Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, sur le nombre de participants : 180 000 selon les organisateurs, 30 000 selon la police. «La réalité, c'est 30 000. C'est déjà pas mal, il faut l'accepter. On en a assez de ceux qui remettent en cause ceux qui représentent l'Etat», avait déclaré celui qui est devenu Premier ministre.

Le Front de gauche a lancé la campagne des élections Européennes

Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), vendredi. Jean-Luc Mélenchon (à gauche), coprésident du Parti de gauche, Alexis Tsipras (au centre), leader de la gauche radicale grecque, et Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français. (AFP/Pierre Andrieu.)

Le Front de gauche (FG) a trouvé comment répartir les têtes de listes pour les élections européennes. Cet accord intervient après que le Parti communiste français (PCF) et le Parti de gauche (PG), les deux principales composantes du FG, se sont déchirées sur la stratégie à adopter face au Parti socialiste lors des municipales. Vendredi soir, PCG et PG ont donc pu lancer ensemble la campagne des élections européennes (25 mai) à la bourse du travail de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), en présence d'Alexis Tsipras, leader du Syriza (gauche radicale), principal parti d'opposition grec et candidat à la présidence de la Commission européenne. «Plus que jamais, le combat contre l'austérité en France et en Europe est nécessaire», a déclaré Pierre Laurent, secrétaire national du PCF.

«Les élections européennes vont être le juge d'appel des municipales, qui confirmera le verdict politique qui est que les gens sont excédés par la politique de droite de François Hollande», a renchéri Jean-Luc Mélenchon, coprésident du PG.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Entreprises
Un scandale financier luxembourgeois menace Orpea
Mediapart et Investigate Europe révèlent l’existence d’une structure parallèle à Orpea, basée au Luxembourg, qui a accumulé 92 millions d’actifs et mené des opérations financières douteuses. Le géant français des Ehpad a porté plainte pour « abus de biens sociaux ».
par Yann Philippin, Leïla Miñano, Maxence Peigné et Lorenzo Buzzoni (Investigate Europe)
Journal — Exécutif
Macron, la gauche Majax
Pour la majorité présidentielle et certains commentateurs zélés, Emmanuel Macron a adressé un « signal à la gauche » en nommant Élisabeth Borne à Matignon. Un tour de passe-passe qui prêterait à sourire s’il ne révélait pas la décomposition du champ politique orchestrée par le chef de l’État.
par Ellen Salvi
Journal
Élisabeth Borne à Matignon : le président choisit la facilité
Trois semaines après sa réélection, Emmanuel Macron a décidé de nommer Élisabeth Borne comme première ministre. À défaut d’élan ou de signal politique, le chef de l’État a opté pour un profil loyal, technique et discret, dans la veine de son premier quinquennat.
par Dan Israel et Ilyes Ramdani
Journal — France
Le documentaire « Media Crash » de retour sur Mediapart
Après quelque 150 projections-débats dans des cinémas partout en France, « Media Crash » est désormais disponible sur Mediapart, avec des bonus. Le film a suscité l’inquiétude des dizaines de milliers de spectateurs qui l’ont déjà vu, face à la mainmise sur l’information de quelques propriétaires milliardaires, aux censures qu’il révèle et à la fin annoncée de la redevance.
par Valentine Oberti et Luc Hermann (Premières lignes)

La sélection du Club

Billet de blog
La Méditerranée pour tombeau, pièce journalistique n°1
Changer la compréhension du monde par le partage d’enquêtes sur le terrain. À La Commune CDN d'Aubervilliers, la pièce d'actualité n°17 est aussi la pièce journalistique n°1. Etienne Huver et Jean-Baptiste Renaud ont enquêté sur la route migratoire la plus dangereuse du monde. À l’heure de la solidarité ukrainienne, la Méditerranée n’en finit pas de tuer et nous regardons ailleurs.
par guillaume lasserre
Billet de blog
L'UE a dépensé plus de 340 millions d’I.A. pour le contrôle des frontières
Comme l'écrit Statewatch depuis 2007 l'UE a dépensé plus de 340 millions pour la recherche sur les technologies de l’Intelligence Artificielle (I.A.) destinée au contrôle des frontières, des demandeurs d’asile, de l’immigration, alors que la proposition de loi en la matière actuellement en discussion ne fournit pas les sauvegardes contre les emplois dommageables de ces technologies.
par salvatore palidda
Billet de blog
Le radeau de la Méduse ou le naufrage du vieux monde
[Rediffusion] Les connivences du pouvoir politique et financier aux affaires du vieux monde témoignent chaque jour de leur mépris pour les populations et la démocratie. Partout la nostalgie impérialiste de la domination s'impose comme sauvetage de la mondialisation sauvage. Ne laissons pas le saccage et la peur nous plonger en eaux troubles et relisons plutôt Le radeau de la Méduse du génial Géricault.
par jean noviel
Billet de blog
Migrations environnementales #1 : la sécheresse dans la Corne de l’Afrique
Le manque d’eau pourrait, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), concerner 40 % de la population mondiale avant 2050 et pousser à la migration jusqu’à 700 millions de personnes. Dans la Corne de l'Afrique, le réchauffement climatique entraîne déjà des déplacements de population.
par BPI - Migrants, réfugiés, exilés