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Billet de blog 12 avr. 2014

Valls et le couac Désir

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Valls et le couac Désir

Par Freddy Mulongo, vendredi 11 avril 2014 Radio Réveil FM International

Gouvernement.L'opération d'exfiltration du premier secrétaire du PS passe décidément mal dans les rangs du parti.

« On reproche souvent de mettre des personnes qui ne connaissent rien à l’Europe, lui connaît parfaitement ce qu’est l’Europe », se justifie Manuel Valls après la nomination d’Harlem Désir au secrétariat d’Etat aux Affaires européennes.

« JE VAIS DEMANDER un logiciel anti-couac à Thales. » En visite hier dans les locaux de l'entreprise d'électronique à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), Manuel Valls fait de l'humour. Pourtant, avec la nomination mercredi d'Harlem Désir au secrétariat d'Etat aux Affaires européennes, le Premier ministre essuie ses premières critiques internes. « Cette manœuvre pour exfiltrer Désir de la tête du PS est le premier couac de l'ère Valls », se désole ainsi un élu qui a pourtant applaudi à l'arrivée du nouveau Premier ministre.

« On reproche souvent de mettre des personnes qui ne connaissent rien à l'Europe, lui connaît parfaitement ce qu'est l'Europe », se justifie Valls, qualifiant Désir d'« atout pour le gouvernement ». « Valls est celui qui a mis Désir à la tête du PS pour empêcher Jean-Christophe Cambadélis de prendre le parti et, aujourd'hui, il fait tout l'inverse, c'est n'importe quoi », grince un socialiste. Les militants, qui avaient désigné Désir en octobre 2012, commencent également à faire part de leurs interrogations. « Dégager Désir du PS, où il est critiqué pour son bilan, pour le nommer secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, à un mois des élections où nous sommes bien partis pour un score historiquement faible, ça rime à quoi ? » s'interroge ainsi Vincent. « Je regrette que la nomination de Cambadélis se fasse sans consultation des militants », gronde un autre. « Cela pose un souci démocratique, confirme le député de l'aile gauche Pouria Amirshahi, nous atteignons là un niveau stupéfiant de dépossession des militants. » « Les militants en ont ras le bol, certains dans ma section parlent déjà de partir », lâche un conseiller régional.

Cambadélis cherche à calmer la grogne en assurant qu'il y aura bien une consultation interne sur « celui qui sera désigné premier secrétaire et sur les questions d'organisation et de rénovation du PS ». En attendant, il espère bien être élu mardi par le conseil national du parti. Cette réunion, qui sera forcément agitée, devra régler une autre question épineuse : qui pour prendre la tête de liste aux européennes en Ile-de-France à la place de Désir ? L'arrivée de Vincent Peillon, ex-ministre et actuelle tête de liste dans le Sud-Est, a été envisagée, mais l'intéressé aurait refusé. « Il en a assez de faire le Peillon voyageur », sourit un dirigeant socialiste en allusion aux parachutages passés de ce dernier.

VIDEO. PS : Cambadélis souhaite un vote des militants

Une autre solution consisterait à faire remonter Pervenche Berès, actuelle numéro deux et eurodéputée chevronnée. « C'est ce que défendent plusieurs premiers fédéraux franciliens », confie Luc Carvounas, patron de la fédération du Val-de-Marne et proche de Valls. Une solution qui convient également à Amirshahi. « Il ne faut pas en rajouter dans la tambouille électorale », justifie-t-il. « Cela permettrait aussi à Cambadélis de s'assurer les votes de l'aile gauche pour sa propre nomination », note un socialiste. En effet, si Berès devient numéro un, Guillaume Balas, proche de Hamon, remonte à la deuxième place et s'assure un siège... « Tant pis si Pervenche n'a pas le charisme, au moins c'est une experte », glisse un député.

Enfin, il reste l'idée de placer une personnalité qui n'est pas encore sur la liste. « Ils espèrent trouver une bonne volonté, grince un élu. Mais je ne vois pas qui est assez suicidaire pour aller au casse-pipe. » Réponse mardi au plus tard.

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