Compiègne : Le 21 juin 1940, Hitler rasait la clairière de l'Armistice
Par Freddy Mulongo, mercredi 12 novembre 2014 Radio Réveil FM International
Compiègne, le 21 juin 1940. Hitler aura passé 45 minutes à la clairière de l'Armistice. Il y a donné l'ordre de la détruire tout en épargnant la statue du Maréchal Foch.(Collection du musée de la clairière de l'Armistice.)
Il y a 74 ans, le 22 Juin 1940, à 18 h 50, l'Armistice est signé à la clairière de Rethondes, à Compiègne. La France est occupée, les prisonniers de guerre ne seront finalement pas libérés et l'Etat doit verser une indemnité journalière à l'Allemagne de 400 millions de francs. Le III e Reich veut laver l'affront de la défaite de la Grande Guerre et mettre la France à genoux. Il faut humilier ce pays.
L'armistice du 11 novembre 1918, qui mit fin à la Première Guerre mondiale, fut signé en forêt de Compiègne, dans le wagon-bureau du maréchal Foch. C'est donc dans ce même wagon qu'Hitler signera son Armistice et viendra en personne, non pas le 22 mais le 21 juin. Il se rendra à la clairière et y restera 45 minutes, le temps suffisant pour ordonner sa destruction. « Il est parti de son QG en Belgique à 11 h 30 et est revenu à 20 heures, d'après les notes de son secrétaire, souligne Didier Dumay, vice-président de l'association du Mémorial de la clairière de l'Armistice. Il est arrivé en avion à Margny-lès-Compiègne à bord d'un Junkers 52, a franchi l'Oise sur un bateau monté par la Wehrmacht. Une photo a été prise de lui dans la maison du baron de Soultrait. Nous savons que la photo date du 21 juin, mais ne connaissons pas l'horaire. Je pense qu'il a dû y déjeuner. Hitler est arrivé à 15 heures à la clairière avec le maréchal Keitel, chargé de la négociation. » Il n'a pas dit un mot, a observé la clairière et est resté un long moment devant la statue du Maréchal Foch, est entré dans le wagon et a remis un exemplaire de l'Armistice écrit en allemand à la délégation française.
« En repartant, il donne ordre d'effacer la clairière de la terre, fait dynamiter le musée, arracher les rails, labourer le champ de bataille. Seule la statue de Foch sera épargnée, reprend Didier Dumay. Si Hitler, en avril 1945, donne ordre de dynamiter le wagon, les pierres du monument seront retrouvées dans un hangar près de Berlin par un officier soviétique. Il prend contact avec le capitaine Charles Goldfel, qui ramènera le monument en pièces. Il sera remonté à la clairière en 1949 sur l'initiative de Jean Legendre, l'ancien maire de Compiègne. » En 1950, la clairière est inaugurée avec un nouveau wagon, une voiture similaire à l'ancienne, construite en 1913 pour la Compagnie internationale des wagons-lits. C'est ce véhicule qui est actuellement exposée au musée.
« Cet épisode tragique de l'histoire de France fait désormais partie du passé, de la grande histoire, on n'est plus dans la passion, la vengeance. Nous échangeons d'ailleurs désormais beaucoup avec des historiens allemands qui nous ont confié des photos d'archives »,conclut Didier Dumay.