Freddy Mulongo
Journaliste congolais vivant à Paris, défenseur de la liberté d'expression. Fondateur de Réveil FM International.Créée en 1999 à Kinshasa, Réveil FM est devenu Réveil FM International depuis 2007 à Paris.
Abonné·e de Mediapart

3338 Billets

0 Édition

Billet de blog 15 avr. 2014

Photos. A Berlin, Manuel Valls veut rassurer les partenaires de la France

Freddy Mulongo
Journaliste congolais vivant à Paris, défenseur de la liberté d'expression. Fondateur de Réveil FM International.Créée en 1999 à Kinshasa, Réveil FM est devenu Réveil FM International depuis 2007 à Paris.
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Photos. A Berlin, Manuel Valls veut rassurer les partenaires de la France

Par Freddy Mulongo, mardi 15 avril 2014  Radio Réveil FM International 

Temps maussade et pluvieux, la température 6°. Manuel Valls a effectué le lundi 14 avril 2014 son premier déplacement à l'étranger depuis sa nomination. Le Premier ministre français a choisi Berlin où il s'est exprimé à l'occasion d'une conférence organisée pour le centenaire de la Première Guerre mondiale. Lors de sa déclaration de politique générale mardi dernier à l'Assemblée nationale, Manuel Valls avait affirmé son attachement à « la solidité du couple franco-allemand ».

En attendant Valls, Martin Schulz le président du Parlement européen dans la lumière. Photos Réveil FM International

Manuel Valls a tenté de rassurer sur le sérieux budgétaire de la France en faisant lundi son premier déplacement à l'étranger, en Allemagne, pays qui passe pour le grand défenseur du dogme du budget équilibré.

Manuel Valls accueilli par le président du SPD, Sigmar Gabriel, par ailleurs vice-chancelier et ministre de l'Economie, et par le président du Parlement européen, Martin Schulz. Photos Réveil FM international

Nommé le 31 mars, Manuel Valls honorait une invitation adressée à son prédécesseur à Matignon, le germanophone Jean-Marc Ayrault, pour un colloque organisé par le Parti social-démocrate (SPD) autour du centenaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale.

Sigmar Gabriel, Manuel Valls et martin Schulz. Photos Réveil FM International

Le déplacement était traité comme un événement d'ordre privé par le gouvernement allemand, qui ne l'avait pas fait figurer à son agenda quotidien. La chancelière Angela Merkel, quant à elle, était comme prévu en vacances en Italie. M. Valls devrait la rencontrer "probablement après les élections européennes", a glissé l'entourage du Premier ministre.

Accueilli par le président du SPD, Sigmar Gabriel, par ailleurs ministre de l'Economie, et par le président du Parlement européen, Martin Schulz, M. Valls a prononcé un discours d'une vingtaine de minutes dans le cadre solennel de l'Eglise des Français, qui doit son nom à ce qu'elle fut un refuge pour les huguenots au XVIIIe siècle, bien qu'elle héberge aujourd'hui une paroisse allemande.

Sigmar Gabriel, vice-chancelier, Ministre fédéral de l'Economie. Photo Réveil FM International

Manuel valls, premier ministre; photo Réveil FM international

Martin Schulz, Président du Parlement européen. Photo Réveil FM international

Au-delà des célébrations convenues et attendues de l'amitié franco-allemande et du projet européen, M. Valls et ses deux hôtes ont abordé la question de l'Ukraine alors que le gouvernement de Kiev tentait lundi de reprendre le contrôle de l'Est du pays frappé par des insurrections armées pro-russes meurtrières.

"Nous sommes en train de vivre en Ukraine une des situations les plus tendues, les plus difficiles depuis la chute du Mur de Berlin. Nous en appelons donc au dialogue, au respect des règles internationales qui ne peuvent pas être violées", a déclaré M. Valls.

Interrogé par des journalistes à la sortie de l’église fondée par les huguenots qui avaient fui la France pour se réfugier à Berlin, Manuel Valls, après des accents à la fibre sociale, a voulu rassurer son monde, dans une Allemagne où la fiabilité des engagements français ne convainc pas toujours. Personne ne peut mettre en doute la crédibilité de la France, a déclaré le chef du gouvernement, estimant que le déficit budgétaire repasserait bien sous la barre des 3% en 2015. Photos Réveil FM international

"Ce qui a déclenché la Grande Guerre, les nationalismes, la haine des autres, les conflits frontaliers, les faiblesses diplomatiques, n'a pas disparu de notre continent", a souligné le Premier ministre français, qui a insisté sur la tenue des élections programmées le 25 mai à Kiev, par ailleurs jour des élections européennes. "La Russie a montré qu’elle était prête à lancer ses chars par delà les frontières européennes", a de son côté appuyé Sigmar Gabriel tandis que Martin Schulz, par ailleurs candidat des sociaux-démocrates à la présidence de la Commission européenne, a insisté sur la nécessité de "maintenir ouverts tous les canaux de discussion" avec la Russie.

Pour son premier déplacement, Manuel Valls a également assuré que la France "tiendrait ses engagements" en matière de réduction des déficits sous le seuil européen des 3% en 2015, comme l'avait réaffirme un peu plus tôt le ministre des Finances, Michel Sapin, alors que la trajectoire des finances publiques françaises pour les trois prochaines années doit être précisée avant la fin du mois.

Freddy Mulongo à Berlin. Photos réveil FM international

"Il faut baisser le déficit, faire du déficit ne fait pas une politique", a-t-on précisé dans l'entourage du Premier ministre. Plus généralement, ce premier déplacement éclair a fourni au nouveau locataire de Matignon une occasion de décliner hors de l'Hexagone les grands thèmes de sa déclaration de politique générale. D'abord en s'affirmant "social-démocrate". "Nous le sommes tous", a-t-il insisté dans une salle acquise. "La social-démocratie a toujours été pour moi une référence, dès mon premier engagement politique, et (l'ancien chancelier SPD) Willy Brandt sans doute l'une des plus belles figures que nous ayons jamais eues en Europe".

Ensuite, Manuel Valls a évoqué, comme devant l'Assemblée nationale française, la défiance envers la parole publique. "Soyons francs, soyons lucides, la défiance est installée. L'Europe aussi parle une langue morte. Il faut redonner vie à la langue européenne, redonner du souffle au projet européen", a lancé le Premier ministre qui, à peine nommé, devance le président François Hollande d'une marge record dans les enquêtes d'opinion.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Aurélien Rousseau, l’autre caution de gauche de Matignon
Le nouveau directeur de cabinet d’Élisabeth Borne, Aurélien Rousseau, a été directement choisi par Emmanuel Macron. Sa réputation d’homme de dialogue, attentif aux inégalités, lui vaut de nombreux soutiens dans le monde politique. D’autres pointent sa responsabilité dans les fermetures de lits d’hôpitaux en Île-de-France ou dans le scandale du plomb sur le chantier de Notre-Dame.
par Ilyes Ramdani
Journal
Législatives : pour les femmes, ce n’est pas encore gagné
Plus respectueux des règles de parité que dans le passé, les partis politiques ne sont toujours pas à l’abri d’un biais de genre, surtout quand il s’agit de réellement partager le pouvoir. Nouvelle démonstration à l’occasion des élections législatives, qui auront lieu les 12 et 19 juin 2022.
par Mathilde Goanec
Journal
Orange : la journée des coups fourrés
Redoutant une assemblée générale plus problématique que prévu, la direction du groupe a fait pression sur l’actionnariat salarié pour qu’il revienne sur son refus de changement de statuts, afin de faire front commun pour imposer la présidence de Jacques Aschenbroich. Au mépris de toutes les règles de gouvernance et avec l’appui, comme chez Engie, de la CFDT.
par Martine Orange
Journal
Élisabeth Borne, une négociatrice compétente et raide au service du président
Ces deux dernières années, celle qui vient de devenir première ministre était affectée au ministère du travail. Tous les responsables syndicaux reconnaissent sa capacité de travail et sa propension à les recevoir, mais ont aussi constaté l’infime marge de manœuvre qu’elle leur accordait.
par Dan Israel

La sélection du Club

Billet de blog
Qu’est-ce qu’un premier ministre ?
Notre pays a donc désormais un premier ministre – ou, plutôt, une première ministre. La nomination d’E. Borne aux fonctions de premier ministre par E. Macron nous incite à une réflexion sur le rôle du premier ministre dans notre pays
par Bernard Lamizet
Billet de blog
par C’est Nabum
Billet de blog
De l'art de dire n'importe quoi en politique
Le problème le plus saisissant de notre démocratie, c’est que beaucoup de gens votent pour autre chose que leurs idées parce que tout est devenu tellement confus, tout n’est tellement plus qu’une question d’image et de communication, qu’il est bien difficile, de savoir vraiment pour quoi on vote. Il serait peut-être temps que ça change.
par Jonathan Cornillon
Billet de blog
Qui est vraiment Élisabeth Borne ?
Depuis sa nomination, Élisabeth Borne est célébrée par de nombreux commentateurs comme étant enfin le virage à gauche tant attendu d'Emmanuel Macron. Qu'elle se dise de gauche, on ne peut lui retirer, mais en la matière, les actes comptent plus que les mots. Mais son bilan dit tout le contraire de ce qu'on entend en ce moment sur les plateaux.
par François Malaussena