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Billet de blog 21 avr. 2014

Vidéo. Deux jours avec Bernard Cazeneuve, le premier flic de France

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Vidéo. Deux jours avec Bernard Cazeneuve, le premier flic de France

Par Freddy Mulongo, lundi 21 avril 2014  Radio Réveil FM International 

Sa nomination Place Beauvau a déjoué tous les pronostics. Peu connu du grand public, Bernard Cazeneuve succède au populaire Manuel Valls. Portrait à travers ses premiers pas.

Saint-Lô (Manche), le 11 avril. Sur la route du retour d’un déplacement, le ministre de l’Intérieur s’arrête pour offrir un verre à ses collaborateurs. Saint-Lô (Manche), le 11 avril. Sur la route du retour d’un déplacement, le ministre de l’Intérieur s’arrête pour offrir un verre à ses collaborateurs.

Affaires européennes, Budget, et maintenant Intérieur : le discret Bernard Cazeneuve, 50 ans, dont près d'une vingtaine en tant qu'élu à Cherbourg (Manche), est désormais en pleine lumière. Nous l'avons suivi deux jours durant dans ses débuts en tant que « premier flic de France ». Impressions.

« La politique, un sacerdoce »

Ce mercredi, à l'Assemblée nationale, la séance des questions va démarrer dans dix minutes. Seul dans le vaste hémicycle, Bernard Cazeneuve est déjà assis à sa place, visage fermé, peaufinant les réponses aux questions qu'il connaît déjà. « Je ne suis pas stressé, mais concentré », dit le nouveau ministre de l'Intérieur, sur le banc duquel vont bientôt s'asseoir François Rebsamen et Benoît Hamon. Nommé à Beauvau à la surprise générale, l'ancien ministre délégué au Budget a la réputation d'être un gros bosseur. Jamais de vacances. Levé chaque matin à 5 h 30. Une discipline de moine. « La politique est un sacerdoce », dit-il, désolé du chahut auquel se livrent souvent ses collègues députés. Et succéder au très populaire Manuel Valls, devenu Premier ministre, n'est pas une mince affaire. « Je resterai moi-même », promet-il.

Le ministre de... l'extérieur

« Etre à l'Intérieur, c'est assurer la permanence de l'Etat jour et nuit. » Il y a les Conseils des ministres, les réunions, les rendez-vous avec les homologues étrangers, les remises de médaille. Et puis les imprévus, inondations, feux de forêt, catastrophes... « A Bercy, les sorties sur le terrain étaient rarissimes. Ici, c'est l'inverse, on est toujours dehors », se félicite Bernard Cazeneuve. Une heure après sa nomination, il était au commissariat et à la caserne de pompiers de Moissy-Cramayel, en Seine-et-Marne. « Ce qui m'a immédiatement impressionné, en arrivant à Beauvau, c'est la force du dévouement de ceux qui y travaillent. Ces gens-là fréquentent le risque et ont le sens du service public. »

VIDEO. Le nouveau Ministre de l'intérieur se ressource à Cherbourg


Le nouveau Ministre de l'intérieur se ressource... par leparisien

La famille, ce refuge

Son fils prépare Normale sup, sa fille est au lycée, son épouse travaille dans l'édition pour enfants. Une famille « normale », que Bernard Cazeneuve essaie de préserver. « Je ne dîne jamais en ville. Du coup, je les vois souvent le soir », assure le ministre. L'absence de vacances en famille, il la compense en s'octroyant avec eux des week-ends dans sa maison de l'Oise. « Quand je n'y travaille pas, je lis, j'écris ou je m'occupe de mes roses. »

Et quand les Cazeneuve sont de sortie, c'est à l'Opéra-Comique ou au cinéma qu'ils se rendent. « Paradoxalement, plus j'ai pris des responsabilités, plus je me suis rapproché des miens. Il faut toujours se rappeler d'où l'on vient. La famille aide à garder les pieds sur terre. »

Une sécurité de chef d'Etat

« Je ne suis plus jamais seul, même pour acheter une baguette. » Lors du déplacement à Cherbourg du ministre de l'Intérieur, quatre voitures suivaient la sienne, blindée, lancée à 180 km/h. A pied, un agent de sécurité portant une valise en kevlar de 3 kg le suit. Equipés d'oreillettes et dotés d'une impressionnante musculature, une armada de Men in Black, agents de sécurité plus ou moins discrets, s'attachent à ses pas et le couvent du regard.

Cazeneuve : « Arrêtons d'opposer police et justice »

Sur fond de projet de réforme pénale, les relations entre Christiane Taubira et Manuel Valls s'étaient franchement dégradées. Qu'en sera-t-il avec le nouveau ministre de l'Intérieur ? Le maintien de la ministre de la Justice à son poste et l'annonce que son projet de réforme serait examiné par les députés en juin ont surpris tout le monde. « Elle-même ne s'y attendait pas », ironise un membre de cabinet. Dans l'entourage de Cazeneuve, on reconnaît à mots couverts que la relation avec Taubira est « une question sensible ». « Tous deux se connaissent et s'estiment », tente de désamorcer un conseiller. « Elle est extrêmement narcissique », avance un autre. « C'est un peu tôt pour en parler », biaise un troisième. « Nous avons de bonnes relations », tranche Bernard Cazeneuve.

A sa manière souriante et ronde, le nouveau ministre de l'Intérieur a déjà prévenu : il va « poursuivre et amplifier » la politique de son prédécesseur. Et tout va bien se passer, assure-t-il. « Il faut arrêter d'opposer justice et police. » Développement des zones de sécurité prioritaires, lutte contre les cambriolages, plan contre la « délinquance d'appropriation » qui sévit dans les campagnes, réforme territoriale... le cahier de route compte de nombreux sujets potentiels de friction. « Il faut une sanction pénale quand des faits délictueux sont constatés », élude le ministre, tout à coup friand de généralités. Comme l'ex-locataire de la Place Beauvau, il ne manque pas une occasion de rappeler que « la lutte contre la récidive est une priorité ».

« Je verrais bientôt Christiane Taubira pour qu'on articule nos actions », promet-il.

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