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Journaliste congolais vivant à Paris, défenseur de la liberté d'expression. Fondateur de Réveil FM International.Créée en 1999 à Kinshasa, Réveil FM est devenu Réveil FM International depuis 2007 à Paris.
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Billet de blog 23 avr. 2014

Milan-Italie: La Radio Popolaré, la première radio communautaire de l'Europe, bientôt 40 ans !

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Milan-Italie: La Radio Popolaré, la première radio communautaire de l'Europe, bientôt 40 ans !

Par Freddy Mulongo, mercredi 23 avril 2014  Radio Réveil FM International 

La Radio Popolaré à Milan en Italie est la plus vieille radio communautaire de l'Europe. Elle a émis le premier son en 1976, et dans presque deux ans, la Radio Popolaré fêtera ses 40 ans. Nous avons connu cette radio en août 1998 lors de l'Assemblée générale de l'Association Mondiale des Radios Communautaires (AMARC). Et c'est la radio Popolaré qui avait tout organisé: accueil, logement et transport de plus de 300 participants venus du monde entier. La Radio Popolaré a beaucoup contribué avec ses émetteurs pour que Réveil FM fonctionne normalement à Kinshasa.

1)Davide Tavolato, 2)Roberto Sambo, 3)Renato Scuffietti, 4)Dario Falcini, 5)Omar Caniello, 6)Cristina Selva, 7)Nella Bertoldin, 8)Ira Rubini, 9)Davide Facchini, 10)Diana Santini, 11)Franco Ciappa, 12)Lorenza Ghidini, 13)Arianna Masera, 14)Massimo Rebotti, 15)Marco Di Puma, 16)Anna Santambrogio, 17)Barbara Sorrentini, 18)Silvia Giacomini, 19)Chiara Ronzani, 20)Marcello Lorrai, 21)Sara Milanese, 22)Emanuele Valenti, 23)Federico Bogazzi, 24)Guido Fogacci, 25)Beppe Viganò, 26)Raffaele Liguori, 27)Mirella Pedini, 28)Alessandro Principe, 29)Luca Gattuso, 30)Niccolò Vecchia, 31)Massimo Bacchetta, 32)Francesco Rocco Rossi, 33)Chawki Senouci, 34)Gennaro Montuori, 35)Eddi Berni, 36)Alessandro Braga, 37)Federico Simonelli, 38)Danilo De Biasio, 39)Fabio Fimiani, 40)Cecilia Di Lieto, 41)Catia Giarlanzani, 42)Tiziana Ricci, 43)Giuliano Nava, 44)Francesco Tragni, 45)Paola Piacentini, 46)Disma Pestalozza, 47)Gianmarco Bachi

Nous avons retrouvé la déclaration faite à l'époque à Milan par les radioteurs du monde entier.

Déclaration de Milan sur la communication et les droits humains Le 29 août 1998

Préambule

Nous, les participantes et les participants au Septième Congrès mondial de l’Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires tenu à Milan (Italie) du 23 au 29 août 1998, tenant compte notamment des contributions lors du Forum virtuel d’AMARC 7, qui a eu lieu du 20 juillet au 20 août 1998,

Rappelant l’Article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui garantit la liberté d’opinion et d’expression et la liberté de recevoir et de diffuser des informations et des idées par le biais des moyens de communication, sans considération des frontières, en ce cinquantième anniversaire de la Déclaration;

Considérant l’article 19 de la Convention internationale des droits civils et politiques, qui reconnaît le droit de chaque individu à se forger une opinion en dehors de toute interférence ainsi que la liberté d’expression, ce droit incluant la liberté de chercher, de recevoir et de diffuser les informations et les idées sans considération des frontières;

Tenant compte de la Plate-forme d’action de Beijing, qui stipule, dans sa section sur Femmes et Médias, que la participation démocratique des femmes dans les médias doit être garantie à tous les niveaux ;

Considérant l’article 13 de la Convention américaine des droits humains, qui garantit le droit à une liberté des opinions et à leur libre expression, et stipule que ce droit ne peut souffrir d’aucune restriction par des méthodes indirectes ou des moyens comme un contrôle abusif du gouvernement ou du secteur privé sur les fréquences ou les équipements nécessaires à la diffusion de l’information, ou par toute autre mesure tendant à restreindre la libre circulation de l’information et des idées ;

Considérant l’article 9 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui stipule que chaque individu a le droit de recevoir une information tenant compte de l’article 10 de la Convention européenne pour la protection des droits humains et des libertés essentielles, qui garantit le droit de chaque individu à la liberté d’expression, ce droit incluant la liberté d’avoir des opinions ainsi que celle de recevoir et de diffuser des informations et des idées sans aucune restriction par les pouvoirs publics ;

Rappelant les Déclarations de Windhoek, d’Alma-Ata, de Santiago, de Sana’a et de Sofia, adoptées lors de séminaires tenus sous l’égide de l’UNESCO, qui soutiennent que la création, le maintien et le renforcement d’une presse libre, pluraliste et indépendante sont essentiels au développement de la démocratie et au développement économique ;

Considérant la Charte de la communication des peuples qui, d’une part, dispose que les politiques de communication et d’information doivent reposer sur le respect des droits humains fondamentaux et de l’intérêt public et, d’autre part, définit les droits et les responsabilités des diffuseurs et de ceux et celles qui reçoivent les informations ;

Rappelant la Déclaration sur la communication comme droit humain, adoptée par le séminaire sur la démocratisation du spectre électromagnétique tenu au Vénézuela en 1996 ;

Rappelant la Déclaration des principes, adoptée par la conférence constitutive de l’AMARC à Managua en 1988;

Rappelant la Charte européenne des radios communautaires, adoptée par la conférence constitutive d’AMARC-Europe en Slovénie en 1994;

Rappelant la Déclaration du Festival des Radiopassionnés et Télévisionnaires adoptée à Quito en 1996;

Déclarons que:

1. Le droit à la communication est un droit humain universel à la base de tous les autres droits humains; il doit être préservé dans le contexte de l’évolution technologique rapide dans le domaine de l’information et des communications.

2. Tout individu doit jouir d’un accès juste et équitable à tous les moyens de communication.

3. Le pluralisme culturel, linguistique et sexuel doit être reflété dans tous les médias comme une donnée essentielle dans toute société démocratique.

4. La participation des femmes dans les médias doit être garantie à tous les niveaux;

5. Le besoin existe de respecter les droits des peuples indigènes dans leur lutte pour accéder aux moyens de communication.

6. Les médias ont le devoir de soutenir la diversité des cultures et des langues dans le monde; ils doivent ainsi bénéficier de mesures législatives, administratives et financières favorables.

7. Les médias communautaires peuvent jouer un rôle important dans le renforcement des droits culturels, en particulier les droits linguistiques et culturels des minorités, des indigènes, des émigrants et des réfugiés en favorisant leur accès aux moyens de communication.

8. L’accès aux moyens de communication doit être soutenu par une éducation et une formation pour une approche critique des médias et pour développer les capacités des peuples dans le domaine de la communication et des médias.

9. L’économie de marché ne constitue pas l’unique modèle d’élaboration de l’infrastructure des communications. La population doit être considérée comme une productrice d’informations au lieu d’être seulement perçue comme consommatrice d’informations.

10. L’expansion continue des entreprises multinationales caractérisée, entre autres, par la concentration de la propriété dans les médias, représente une menace de plus en plus sérieuse pour le pluralisme et pour l’existence de radios communautaires indépendantes.

11. Les nouveaux systèmes de diffusion audionumérique conduisent à une révision des systèmes actuels d’allocation des fréquences et à de nouvelles mesures en matière de réglementation, qui risquent de marginaliser encore davantage les services de communication dirigés par des citoyens, des communautés et des organisations sociales.

12. Alors que le développement de la convergence entre les télécommunications, l’informatique et la radiodiffusion entraîne une augmentation du nombre d’utilisateurs potentiels, le fossé s’agrandit dans le monde entre ceux qui ont accès aux informations électroniques et ceux qui n’y ont pas accès.

Appelons à:

1. Une reconnaissance internationale du secteur de la radio communautaire comme service public essentiel et comme élément vital au pluralisme dans les médias et la liberté d’expression et d’information.

2. Un soutien des gouvernements, entreprises privées et institutions internationales au développement du droit à la communication, notamment par les moyens suivants :

une régulation du secteur des télécommunications favorable au développement de l’infrastructure des communications dans les pays du Sud, l’attribution d’un pourcentage des fonds publics alloués pour les projets de développement incluant une contrepartie en faveur de l’amélioration des capacités de communication, l’évaluation du respect, par les gouvernements, du droit à une communication libre et sans entraves.

3. L’établissement de normes et de mesures au niveau national, régional et international pour soutenir le développement des radios communautaires, incluant :

la création d’organes indépendants de régulation pour assurer la transparence, un meilleur contrôle et une meilleure régulation des télécommunications,

des mesures visant à prévenir la concentration des médias et le contrôle des services des médias communautaires par des entreprises commerciales,

des mesures pour favoriser l’adaptation des médias communautaires aux nouvelles technologies convergentes,

l’allocation d’une portion de tout nouveau spectre numérique aux médias communautaires,

l’évaluation et l’observation de l’impact de la convergence des technologies et des nouvelles réglementations sur la diffusion communautaire,

le soutien au développement de systèmes numériques conformes aux besoins actuels et futurs des services de diffusion communautaire.

la sauvegarde des fréquences analogiques utilisées actuellement par les diffuseurs communautaires aussi longtemps qu’ils n’auront pas les capacités d’accéder au système numérique et jusqu’à ce que le remplacement en système numérique soit possible,

l’allocation d’une portion du spectre des fréquences aux micro-diffuseurs.

4. La vérification par l’UIT du fait que la planification des fréquences, les normes techniques de télécommunication et de radiodiffusion, ainsi que l’allocation des ressources pour le développement des télécommunications accordent une grande priorité aux besoins de la société civile.

5. L’établissement par l’UNESCO, dans le cadre du Programme international pour le développement des communications (IPDC), d’un fond des médias communautaires pour soutenir la création de nouveaux médias communautaires, leur adaptation aux nouvelles technologies, la recherche sur l’impact de la convergence des nouvelles technologies sur ces médias, et de projets pilotes sur de nouvelles formes de distribution des médias communautaires et de leur contenu.

6. L’allocation par les institutions financières internationales d’un pourcentage des prêts et des titres pour appuyer les formes communautaires de communication.

7. La prise des mesures suivantes par le secteur des médias communautaires :

transnationales, et déployer des efforts visant à faire prendre conscience et à développer des stratégies pour arrêter la mainmise des entreprises transnationales sur l’avenir de nos communications ;

faire pression au niveau national et international pour l’adoption de mesures afin que les nouvelles technologies de l’information soient d’accès abordable pour les citoyens et les communautés, leur permettant ainsi de créer de nouveaux services médiatiques communautaires ;

développer des échanges de programmes entre médias communautaires, et construire un réseau de solidarité et d’appui aux luttes pour les droits humains et pour une justice sociale ;

promouvoir et soutenir la formation de journalistes, diffuseurs et autres professionnels des médias, en particulier ceux et celles qui travaillent dans les régions rurales et les zones urbaines marginalisées ;

éduquer les organisations de la société civile, les gouvernements et les organes de régulation ainsi que le public sur les objectifs de la régulation, l’importance d’une communication pluraliste et pérenne, l’intérêt de la production et le bénéfice des médias communautaires ;

créer un comité technique pour étudier, déterminer et analyser l’impact des technologies numériques sur les médias communautaires.

8. L’établissement, par le secteur des médias communautaires, de coalitions locales, nationales, régionales et mondiales, travaillant à travers des forums de communication officiels et alternatifs pour la promotion des droits de la communication et la réalisation des objectifs de cette déclaration.

La Radio Popolaré émet en FM et par satellite sur toute l'Europe.

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