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Billet de blog 24 avr. 2014

Plan d'économies : la fronde au PS est loin de se calmer

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Plan d'économies : la fronde au PS est loin de se calmer

Par Freddy Mulongo, jeudi 24 avril 2014 Radio Réveil FM International 

Paris, ce mercredi 23 avril 2014. Michel Sapin (à droite), le ministre des Finances, et Christian Eckert (à gauche), le secrétaire d'Etat au Budget, ont organisé une réunion avec une centaine de députés socialistes.

La fronde au sein du PS contre le plan d'économies du gouvernement, loin de se calmer après la présentation du programme de stabilité, était toujours vive mercredi, certains députés affirmant même qu'ils ne le voteraient pas le 29 avril.

En fin d'après-midi ce mercredi, une réunion d'une centaine de députés socialistes avec le ministre des Finances, Michel Sapin, et le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, a été «chaude», a rapporté le député Yann Galut.

Un peu plus tôt dans la journée, les huées et les sifflets qui ont rententi lors de la visite de François Hollande à Carmaux (Tarn) n'avaient sans doute pas échappé aux élus frondeurs.

Le député de Saône-et-Loire Thomas Thevenoud a ouvert le feu des critiques, suivi par Yann Galut, la députée de Paris Sandrine Mazetier ou la Bretonne Chantal Guittet qui a dit «ne pas avoir été élue pour cela». «C'était franc, viril» mais «pas du tout une ambiance de confrontation», relativise le député de la Loire Régis Juanico pour qui les mesures, en l'état, «ne passeront pas sur le terrain».

Plan d'économies: des députés PS toujours remontés


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Le président du groupe PS à l'Assemblée, Bruno Le Roux, entend cependant obtenir le «soutien de la totalité des députés socialistes» d'ici mardi. «Michel Sapin a entendu les demandes que je lui ai faites» sur quatre points : les petites retraites, les «petits contribuables», les «petits salaires de la fonction publique» et «la mise en place rapide du plan pauvreté», a-t-il expliqué à la presse à l'issue de la réunion. Il a toutefois concédé qu'«aucun de ces éléments» ne figurerait «dans le texte que nous allons discuter la semaine prochaine». La discussion «va se poursuivre», a-t-il assuré.

«Cette fois je ne vote pas»

Plus tôt dans la journée, alors que Michel Sapin et Christian Eckert étaient auditionnés par la commission des Finances, quelques députés avaient déjà dit qu'ils n'approuveraient pas le plan. Pascal Cherki (Paris) sera l'un d'eux. «On fait campagne en Europe contre le totem des 3% et en même temps notre propre gouvernement se comporte comme le bon élève austéritaire en Europe, c'est incohérent», tonne-t-il.

Si la position de ce membre de l'aile gauche du PS n'est pas surprenante (il faisait partie des onze — sur 291 — à s'être abstenus lors du vote de confiance), elle pourrait s'étendre à d'autres députés. «Cette fois je ne vote pas. Il n'y a pas d'inflexion sérieuse de la politique budgétaire. La déroute des municipales n'a servi à rien», répète ainsi Laurent Baumel, qui avait déjà voté avec réticence la confiance au gouvernement Valls.

Laurent Baumel fait partie de la douzaine de députés de diverses sensibilités qui ont réclamé en vain la semaine dernière dans une lettre à Manuel Valls que le volume des économies soit limité à 35 Mds€ d'ici 2017 au lieu de 50.

«Ce que j'ai entendu hier ou aujourd'hui ne m'a pas fait changer de position», renchérit Daniel Goldberg, autre signataire de cette lettre. «Nous allons continuer à défendre ce que nous croyons, c'est ce que nous demandent les militants, un député n'est pas un greffier», affirme-t-il, tout en restant silencieux sur son vote.

Et ces députés de constater que les «frondeurs modérés» qui avaient planché, à l'instar de Karine Berger, sur des scénarios alternatifs de répartition des économies au sein des 50 Mds€ «n'ont pas obtenu grand-chose».

Reste à savoir combien de députés s'abstiendront finalement si le gouvernement ne fait pas de geste d'ici le 29. «Si le gouvernement est mis en minorité, il sera décrédibilisé et nous aurons l'air de cons en Europe», reconnaît Thomas Thevenoud.

L'une des pistes d'atterrissage pour réunir les députés pourrait être selon lui de moduler différemment le rythme des économies en s'appuyant sur l'avis du Haut conseil des Finances publiques. Celui-ci a souligné ce point : la baisse des dépenses, qui est plus lourde en 2014 et 2015 que les années suivantes, pourrait au final «peser davantage que prévu par le gouvernement sur la croissance à court terme».

Sapin : un geste en faveur des petites retraites «sur la table»

Le ministre des Finances Michel Sapin a indiqué ce mercredi qu'un geste en faveur des petites retraites était «sur la table», expliquant que les 50 Mds€ d'économies d'ici à 2017 ne seraient «pas remis en cause» mais qu'à l'intérieur de cette enveloppe «toutes les évolutions sont possibles».

Dans le cadre du plan d'économies du gouvernement, les retraites ne doivent en principe pas être revalorisées avant octobre 2015. «Oui, cette question est sur la table, a déclaré Michel Sapin. Nous travaillons sur le sujet». Mais il s'est interrogé : «qu'est-ce qu'une petite retraite, jusqu'à quel niveau, suivant quel mécanisme?». Le ministre a rappelé qu'il n'était «pas question de baisser les retraites», mais a reconnu que «quand on en gèle le niveau, avec une hypothèse d'inflation de 1,5% (...) c'est un effort».

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Paris, ce mercredi 23 avril 2014. Michel Sapin (à droite), le ministre des Finances, et Christian Eckert (à gauche), le secrétaire d'Etat au Budget, ont organisé une réunion avec une centaine de députés socialistes.

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