L'historien José Kagabo est mort. Il se trouve que c'était un ami. De cette disparition, que faire? Les vivants éprouvent parfois le besoin de saluer les morts, pour pouvoir mieux passer le cap et, finalement, les oublier. Ce n'est pas que cela soit condamnable. Mais ce n'est pas ce que j'ai envie de faire ici. Et ignorant si José apprécierait un hommage public, je veux m'en tenir à une certaine sobriété.

S'il faut saluer José, donc, je rappellerai son engagement auprès du Secours populaire (une part importante, me semble-t-il, de sa vie) et le fait que cet homme était bien trop historien pour être un historien militant, comme ses détracteurs n'ont pas manqué ou ne manqueront pas de l'insinuer.

On ne rendra certes pas totalement hommage à José en poursuivant le nécessaire travail qu'il avait entrepris, avec d'autres, pour contribuer à écrire l'histoire du génocide des Tutsi. Mais ce travail doit être poursuivi, et certaines zones d'ombre (je parle ici de l'implication de la France) davantage éclairées. Tout cela dans l'exigence de rigueur historienne qui était la sienne (une exigence qui ne l'autorisait pas à faire reposer ses conclusions sur son intime conviction).

Claude Lanzmann, qu'un texte précédent de José avait marqué, lui avait confié la direction d'un numéro des Temps Modernes consacré au génocide.

Ce numéro est présenté ici

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Revue-Les-Temps-Modernes/Les-Temps-Modernes598

et peut être lu ici

https://www.cairn.info/revue-les-temps-modernes-2014-4.htm

Ce travail avait en outre été présenté par José lui-même sur les ondes de RFI

http://www.rfi.fr/emission/20150322-rwanda-genocide-tutsi-histoire-memoire-tragedie

et

http://www.rfi.fr/emission/20150329-rwanda-genocide-tutsi-memoire


Frédéric Debomy.

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