Le sol, le calcaire et l’eau : le Comté

Le 9 octobre 2015, FNE Franche-Comté organisait une journée consacrée aux sols karstiques. Quelles pratiques agricoles de tels sols sont-ils capables de supporter ? Comment améliorer leur gestion pour protéger les ressources naturelles, dont l'eau ? À Labergement-Sainte-Marie, petite bourgade doubiste, ou doubienne, selon les degrés de pureté syntaxiques des habitants du département du Doubs…

… à Labergement, donc, où l’on fond encore des cloches pour les vaches, la causerie s’est tenue dans la Maison de la réserve naturelle du Lac de Rémoray. Une causerie qui prend une fois encore des résonances avec les inondations récentes, et, de façon récurente, avec les soucis des éleveurs qui ne manqueront pas d’occasionner de nouveaux sacrifices de pneus avant le début des vacances d’été.

Le plancher des vaches craquelle

Puisqu’il fallait bien démarrer à un moment, Éric Lucot, pédologue au laboratoire chrono-environnement de l’Uiversité de Franche-Comté, a dressé le portrait de ces sols si particuliers. Des sols qui boivent, des sols qui cachent. Comme dans le Lot, l’eau du ciel est ici absorbée par un sol peu épais garni de cailloux, et est bue dessous par une roche aussi poreuse que friable. L’eau de pluie dissout le calcaire, jusqu’à ce qu’elle tombe sur une veine de roches imperméables. Alors s’accumule-t-elle en une poche, une nappe, une rivière, un réseau hydrographique souterrain qui crée de la beauté à l’abri de la lumière. Ce type de sols non pas calcaires, mais « développés sur des calcaires », est donc très particulier, car le transfert vers la nappe y est rapide. Tout ce qui n’est pas été arrêté par lui, les fertilisants par exemple, se retrouve dessous en quelques jours. Toute l’année. Pour autant, ce sont des sols riches en argile, en conséquence dotés d’une bonne capacité de rétention et d’un pH assez élevé. Des sols à la fois fertiles et résistants, pour dire les choses plus simplement.

Cela tombe bien, les pluies sont dans la région abondantes, bien réparties toute l’année… et ces sols sont abondants, car ils portent des prairies, desquelles on extrait le Comté, qui couvrent près de 57% de la surface agricole utile de la région. Malheureusement, ici comme ailleurs, les chercheurs constatent une diminution lente mais certaine du taux de matières organiques. Paradoxalement, cela est dû à une surcharge de la production d’excréments (de la matière organique, pourtant), concomitante à une hausse massive de la production de lait (on est passé en quelques années de 4000 l à 8000 l de lait par vache et par an !). Il y a plus de vaches, qui mangent plus de tourteaux protéinés (soja, colza etc.), qui émettent plus de lisiers et de fumiers qui finissent par abîmer certains sols, car ceux-ci ne sont pas tous capables de dégrader ces concentrés de matières organiques.

Les sols profonds (35 cm au moins), bien aérés, n’ont pas ce souci. Les « hydromorphes », qui s’engorgent rapidement, décomposent mal lisiers et fumiers quand ils sont plein d’eau : il faut attendre qu’ils soient « ressuyés », secs, pour les nourrir à nouveau. Les sols superficiels, parce qu’ils sont peu épais, ne peuvent raisonnablement accepter que du compost ou du fumier, pas du lisier, sauf quand les plantes poussent. Quant aux sols très superficiels, leur dénomination parle d’eux-mêmes : trop peu profonds, perclus de roches affleurantes, ils sont incapables d’absorber et de filtrer l’eau, et s’étouffent vite sour l’afflux de matières organiques. Pour eux, du fumier, oui, mais surtout pas de lisiers. Sur tous ces sols, ce qui n’a pu être décomposé, transformé en éléments minéraux, est entraîné par l’eau vers les rivières et les nappes.

À cette diversité pédologique s’ajoute la spécificité des paysages karstiques : les pentes, les dolines, failles, les pertes et les affleurement rocheux sont des voies préférentielles pour l’infiltration de l’eau, et celle du lisier en surplus, vers les nappes. Et aussi les rivières, qui, en France Comté, sont très polluées par ces épandages mal contrôlées mais aussi, par un réseau d’assainissement collectif perfectible, comme il faut dire afin de rester courtois.

Le Comté est un excellent fromage parce qu’il provient de la transformation d’herbes diverses en lait de qualité, malgré tout sa production génère des conséquences fâcheuses car le plancher des vaches craquelle.

Pas de vie, pas de sol ; pas de sol, pas de vie

Leur nature fait des sols calcaires un formidable moyen pédagogique de montrer à quel point l’eau et les sols sont interdépendants. Prétendre parler de l’une sans causer des autres est une approche des choses pour le moins réductionniste. Une approche cela dit compréhensible compte tenu de notre faible intérêt pour les sols, en France, déplora Cécile Claveirole lors de cette fertile journée. Membre du CESE, elle a coécrit avec Agnès Courtoux l’avis de son institution sur les sols, paru en mars 2015 : « La bonne gestion des sols agricoles : un enjeu de société ».

Les sols sont la ressource naturelle la moins bien connue et la moins bien protégée, en France. Milieu caché, le sol est une boîte noire que les chercheurs commencent à explorer, afin d’en caractériser les fonctionnements. Moins de 1% du patrimoine génétique porté par les êtres qui s’y trouvent a été décrit, cela donne une idée du chemin qui reste à faire… Alors même que le sol subit des pressions qui sont sans commune mesure avec sa capacité à se renouveler : au rythme de 2 mm par an, aucun sol n’est capable de supporter par lui-même l’érosion que nous lui faisons subir. 

Or, sans sol, faut-il le rappeler, il n’y a pas de plantes, donc pas de nourriture ni de paysages ! Sans cette mince pellicule posée entre terre et ciel, l’eau n’est pas retenue ni filtrée et déboule, brute, brutale, vers les vallons dont elle gonfle les rivières. Sans sol vivant, la matière organique ne se décompose pas en éléments minéraux qui font pousser la matière organique. Le sol, c’est l’économie circulaire avant qu’on ne l’invente, un écosystème qui se renouvelle en permanence, qui vit « sur la bête » depuis qu’il existe. Mais cette fabrique de vie, ce recyclage fertile n’est possible que si le sol dispose 1) de suffisamment de formes de vie qui en assurent les fonctions, 2) d’assez de matières organiques pour nourrir celles-ci. Ce constat d’évidence conduit à un autre : un sol bien doté en matières organiques, donc bien équipé en biodiversité, est un sol bien structuré qui régule bien l’eau et donc limite le risque inondation. Un sol bien riche en matière organique c’est un sol par essence plein de carbone. Un puits de carbone. Un sol empli d’une foultitude de micro-organismes, bactéries, levures et champignons, c’est un sol dont on tire 70% de nos antibiotiques… Alors pourquoi le bétonne-t-on, pourquoi le gave-t-on de pesticides et d’engrais, pourquoi le labourons-nous trop ?

Le pire étant que nous étalons nos villes sur nos meilleures terres, vu qu’historiquement nos villes se sont bâties sur les meilleures terres. Soixante pour cent des terres artificialisées sont des terres à fort pouvoir agronomique, c’est-à-dire des terres très fertiles. Le CESE demande donc que les valeurs agronomiques et environnementales des sols ainsi que toutes leurs fonctions éco-systémiques (épuration et régulation des eaux, stockage de carbone, maintien des niches écologiques etc.) figurent dans les documents d’urbanisme (PLU, Scot etc.) afin d’être obligatoirement et explicitement prises en compte lors de toute décision de modification de ceux-ci. De façon, au moins, à ce que les meilleures terres soient en quelque sorte sanctuarisées, et que les plus mauvaises et elles seules soient destinées à la construction. 

Les sols ? Une économie circulaire

Et l’agriculture ? Elle devrait considérer le sol non comme un support, mais tel un allié. L’agriculture doit augmenter la teneur en matière organique de ses sols de façon à nourrir leur biodiversité. Elle doit améliorer leur structure pour accroître leur capacité à retenir l’eau. Comme l’écrit le conseil scientifique du programme de recherches GESSOL (Fonctions environnementales et GEStion du patrimoine SOL), qui a financé 46 projets de recherche,  « les sols se trouvent à la croisée des enjeux globaux d’atténuation du changement climatique, d’adaptation à ce changement et de sécurité alimentaire. Les matières organiques des sols contribuent positivement à ces enjeux, par le stockage du carbone dont elles sont constituées et par leur rôle majeur dans la fertilité des sols. Les besoins de connaissances sont très importants pour quantifier, comprendre et modéliser l’évolution des stocks de carbone des sols dans différents contextes, établir les bilans des différents gaz à effet de serre, identifier les effets des changements climatiques sur les matières organiques, améliorer notre capacité à suivre et vérifier les stocks de carbone des sols par des méthodes plus rapides et moins coûteuses qu’actuellement. »

Concrètement, comment fait-on sur le terrain ? Cultures appropriées aux sols, assolements longs et variés, mise en place de surfaces enherbées, de haies, d’arbres, de couvertures quasi permanente sont autant d’actions efficaces. Moins de labours, moins profonds - ce qui ne veut pas dire plus aucun labour, car il est des sols qui ont besoin d’être retournés pour pallier leur tassement, et le labourage reste le meilleur moyen de désherber ; moins d’engrais qui diminuent l’enracinement, moins de pesticides qui peuvent détruire champignons et bactéries sans lesquels la fabrication d’éléments minéraux à partir de la décomposition de la matière organique est impossible. Ces nouvelles techniques, qui peuvent être coûteuses en investissement, font faire des économies d’intrants chimiques (surtout en carburant pour le tracteur, moins sollicité !).

À une échelle territoriale, cette nouvelle façon d’appréhender les sols pousse à (re) développer la polyculture-élevage, à relocaliser des élevages là où l’on n’en fait plus depuis des lustres, de façon à ce que « l’économie circulaire de la matière organique » puisse opérer : que les matières organiques du bétail, oserait-on dire comme dans le temps, aillent à nouveau enrichir les sols qui les fabriquent… Mais pour cela, nous rappelle le GESSOL, il faut de l’éducation, de la formation, de la communication à destination du plus grand nombre. 

De la science participative entre chercheurs et agriculteurs C’est ce que fait Lionel Ranjard, écologue à l’Unité Mixte de Recherches Agroécologie de l’antenne INRA de Dijon. Il incarne cette « science participative » qui, effectivement, met sur un pied d’égalité chercheurs et agriculteurs. Pour lui, la biodiversité est une assurance écologique. Une assurance-vie, par et pour la vie. La biodiversité créée de la productivité et de la stabilité, donc de la fertilité, elle supporte la santé des plantes, ainsi que la résistance et la résilience des biotopes. De tout cela, ensemble, découle la durabilité des productions agricoles. Ce qui ne veut pas dire que la nature a toujours raison ni que rien ne doit la perturber. Car les écologues le savent bien, dans un écosystème, toute perturbation crée de la diversité, et toute perturbation intermédiaire crée un optimum de diversité. En termes plus clairs, cela signifie qu’un labourage de temps en temps, c’est bien, ça favorise les microorganismes et donc la minéralisation de la matière organique, mais trop de labourage oxyde la matière organique et favorise le développement de micro-organismes pathogènes. Tout est dans la mesure. Dans le monde des engrais, les synthétiques, minéraux, perturbent beaucoup trop l’écosystème-sol que les organiques, plus lents à assimiler, et donc plus favorables à la biodiversité de la décomposition. Quant aux perturbations générées par la rotation des cultures et le développement de la végétation en bordure de parcelles, l’agroforesterie, elles participent de la bonne santé de la vie microbienne.

Ces bonnes pratiques ne peuvent pas être les mêmes d’un sol à l’autre, ce qui en rend le choix et la conduite difficiles, car elles obligent l’agriculteur à savoir ce qu’est son sol. La recherche scientifique l’aide en développant avec lui des programmes de formation à la biologie des sols et à des indicateurs de leur bonne santé. Le but étant d’équiper les agriculteurs de savoirs et d’outils pour évaluer leurs pratiques via la biologie de leurs sols, et, en retour, d’éclairer les chercheurs sur leur approche théorique. Mise en place sur 250 exploitations tests (céréaliculture et viticulture), ce programme de science participative dénommé Agrinnov a largement fait ses preuves. Achevé fin 2015, il est en phase de maturation afin de professionnaliser son rapport avec les agriculteurs par une proposition de conseils en bonne et due forme.

Des pâtures, des arbres et le campagnol

Denis Narbey n’a pas participé à ce programme. Mais il n’en pense pas moins. Ses 30 vaches laitières de race Montbéliarde broutent dans le Doubs, près de la frontière suisse, à l’altitude conséquente de 800 mètres. Lui est en bio. Il laboure peu profondément (moins de 10 cm), n’a pas pulvérisé d’engrais depuis dix ans et n’épand son lisier que durant les six mois de la période végétative de ses prés, soit entre le printemps et le début de l’automne. Dans ses prairies, justement, il plante des légumineuses, comme le trèfle violet et la luzerne, d’une part pare qu’elles captent elles-mêmes l’azote de l’air, et donc, enrichissent le sol naturellement en azote, libérant celui-ci du besoin d’engrais, d’autre part ces plantes sont riches en protéines, ce qui évite à l’exploitant d’importer des tourteaux hyperprotéinés venus d’ailleurs. Lesquels aggraveraient le bilan carbone de son élevage et accroîtrait par trop la lactation, et donc, la quantité de lisier etc.

D’ailleurs, ce lisier est plutôt utilisé sous forme de fumier car il est mêlé avec de la paille, que Denis Narbey produit lui-même.

Toute médaille a son revers, cependant. Elle a le nez du campagnol. Le rongeur n’aime rien tant que les prairies permanentes, ouvertes et très productives. Celles de l’élevage laitier. Les herbes hautes le garantissent de la prédation des rapaces, que la rareté des haies, des bosquets et des arbres n’aide pas à se percher… Qui plus est, l’absence de perturbation comme le labourage pérennise les galeries des campagnols qui sont celles, en vérité, des taupes. Bref, toutes choses étant égales par ailleurs, le campagnol est un indicateur de faible diversité et d’homogénéité des paysages agricoles. Un indicateur de l’intensivité d’une conduite de pâturage en quelque sorte. Rien n’est simple dans la nature. Surtout quand on est en bio, comme Denis Narbey, et qu’en conséquence on en veut ni ne peut utiliser la bromadiolone, pesticide souverain mais toxique pour bien d’autres animaux, notamment les rapaces qui profitent des cadavres. En fait, des études ont montré que ce produit chimique est utilisé systématiquement par les agriculteurs qui considèrent le campagnol comme un nuisible, alors que ceux qui le regardent comme un élément, certes emmerdant, de leurs itinéraires de cultures, n’y pensent pas. Ceux-là optent notamment pour le piégeage et la mise à disposition d’affûts pour les rapaces. Des affûts qui, naturellement, sont les arbres, les haies et les bosquets : l’enclosure des champs par une diversité de bocages a décidément bien des mérites. On appelle cela aujourd’hui l’agroforesterie.

Art. 544

Leur fragilité démontre l’importance de la biodiversité et de la relation avec l’eau : les sols karstiques sont symboliques de la nécessité, aujourd’hui, de préserver les sols, à la fois dans leur fonctionnement, et dans leur quantité. Mais comment faire, alors que dans le Code de l’environnement, comme l’a rappelé Maylis Desrousseaux, juriste à l’Institut pluridisciplinaire de l’eau, de l’environnement et du développement durable de l’Université Aix-Marseille, il existe un livre sur l’eau, un livre sur l’air, un livre sur les milieux naturels, et aucun sur les sols ? Que faire tandis que ce sont leurs qualités d’usage et non leurs qualités environnementales qui sont prises en compte dans l’aménagement du territoire ? Les sols, dans la législation française, ne bénéficient pas de la même protection que celle attribuée à l’air et l’eau, qui disposent d’un statut juridique veillant à leur « bon état écologique ». Malgré tout, ne désespérons pas : les choses avancent ! Les États reconnaissent progressivement la nécessité de protéger les sols, dans la mise en adéquation de leurs qualités avec leurs usages et leurs modes d’occupation, et, de ce fait, dans la capacité à moduler ceux-ci. En Flandre, en Suisse et  en Allemagne, à différentes échelles, des ordonnances relatives à la définition des sols selon leur fertilité ou fonctions écosystémiques sont entrées en application dès 1998. 

D’une façon ou d’une autre, la prise en considération des sols selon leurs valeurs agronomiques et écologiques, ainsi que cela a été fait avec bonheur par le Scot de l’agglomération de Tours et dans le PLU de Gardanne, exemples uniques en France, malheureusement, conduit de fait à une hiérarchisation des usages en fonction des fonctionnalités des sols, et de l'influence du changement climatique sur celles-ci. Et puisque les sols et l’eau, c’est un peu la même histoire, on peut se demander si les agence de l’eau, les comité de bassin, les commissions locales de l’eau, ne devraient pas également s’occuper des sols. On y vient, mais c’est long, car la société française est féodale, la transversalité n’est pas une habitude, et la construction des lois de l’environnement opère par milieu, non par fonctions. 

Un autre biais pour donner enfin une valeur aux sols est d’appliquer… la loi. En l’occurence le code civil et la loi Alur qui adossent le droit de propriété au respect de servitudes d’utilité publique selon le principe que « La propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu'on n'en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements » (art. 544 du Code civil). Autrement dit, la propriété peut être tout ou partie annulée si ce qu’on en fait entraîne un préjudice aux autres. Mais elle ne l’est jamais car sinon, il n’y aurait sans soute pas de rivières tellement polluées en France-Comté. 

Pourtant, l’eau est de fait gérée selon ce principe, car dans un bassin versant, les usagers de l’amont d’un cours d’eau doivent se coordonner avec ceux de l’aval, afin que les derniers ne soient pas les victimes du laisser-aller des premiers. Même si cette gestion intégrée est encore largement perfectible, il ne serait pas inutile de l’appliquer au sol.

Les sols « développés sur des calcaires », comme il faut dire pour ne point choquer la Science, sont décidément révélateurs d’un mal général : la méconnaissance. On n’a jamais autant parlé de sols que depuis 2015, parce qu’on les connaît mal, alors qu’on se rend compte, sous l’éclairage de la Cop21, des inondations dans le Var, du Loing et de la Seine, et de la pollution générale des rivières et des nappes, qu’il serait temps de se préoccuper de leur bon fonctionnement. Il y a un réel et profond besoin de connaissances, de transfert de celles-ci entre chercheurs et agriculteurs, dans les deux sens. De connaissances cartographiées précisément, à l’échelle de la parcelle. Mais aussi, et surtout,  de pédagogie à destination des élus, qui feraient bien de considérer les sols selon leurs qualités écologiques, et nous, public râleur et sauveur de planète, qui continuons d’acheter notre nourriture trop peu cher pour que les agriculteurs qui travaillent convenablement avec leurs sols puissent en vivre longtemps. « Remettre du lien entre la bouche du consommateur et les réalités du sol, du produit et du producteur », cette phrase prononcée lors de cette journée est le meilleur résumé de ce qui s’y est dit. Sans les sous du consommateur, le citoyen ne sera pas vertueux, et les sols continueront de s’éroder. 

 

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