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Billet de blog 2 mai 2013

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«Moi président de la République», un an après

Un an après que le candidat François Hollande ait prononcé sa tirade « Moi président de la République » lors d’un débat télévisé qui l’opposait à Nicolas Sarkozy, les Dessous de Bruxelles proposent une mise à jour de la célèbre anaphore

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Un an après que le candidat François Hollande ait prononcé sa tirade « Moi président de la République » lors d’un débat télévisé qui l’opposait à Nicolas Sarkozy, les Dessous de Bruxelles proposent une mise à jour de la célèbre anaphore

 Moi Président de la République, je signerai des deux mains le traité budgétaire européen, qui justifiera a posteriori le renoncement à toute politique de « changement ».

Moi Président de la République, je couperai dans les dépenses et services publics au nom de la rigueur budgétaire et j’exonérerai encore davantage les grandes entreprises de cotisations sociales au nom de la compétitivité.

Moi Président de la République, je me garderai de taxer les riches - pour ne pas les « étrangler » - et augmenterai les taxes sur la consommation et la TVA, parce que la « compétitivité » fiscale vaut bien qu’on étrangle quelques pauvres.

Moi Président de la République, je soutiendrai les propositions du MEDEF, au nom de la « flexibilité », pour faciliter les licenciements, et faire prévaloir les accords particuliers sur le droit du travail.

Moi Président de la République, je prendrai garde à ce que les groupes qui licencient en France puissent le faire en l’absence de toutes entraves, si ce n’est la signature d’accords peu engageants qu’ils seront libres de ne pas tenir (Mittal, PSA, etc...).

Moi Président de la République, je demanderai à mon ami Didier Migaud de la Cour des comptes, d’agiter le chiffon rouge des déficits de l’assurance chômage et des caisses de retraites pour préparer le terrain à la remise en cause de la protection sociale et la financiarisation des retraites.

Moi Président de la République, je persisterai et signerai dans la mise en œuvre des projets écologiquement, socialement et économiquement contestés de Notre-dame-des-Landes et de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin, au plus grand bénéfice du secteur privé et des potentats locaux.

Moi Président de la République, je préparerai de nouvelles loi de décentralisation et une réforme de la fiscalité locale pour défiscaliser encore davantage les entreprises au nom de la compétitivité territoriale, au risque d’asphyxier financièrement collectivités locales et services publics.

Moi Président de la République, je porterai le nombre d’expulsion de Roms à des niveaux records et n’organiserai pas de régularisation massive de sans-papiers, je ne contribuerai pas à l’égalité des droits en proposant le vote des étrangers aux élections locales.

Moi Président de la République, je placerai un proche à la tête du CSA, débaucherai des syndicalistes peu scrupuleux, et soutiendrai jusqu’au bout un Ministre accusé de fraude fiscale, malgré un conflit d’intérêt évident.

Moi Président de la République, je ne ferai rien, si ce n’est de grands discours, pour empêcher l’évasion fiscale, quand bien même celle-ci représenterait de l’ordre de 80 millliards d’euros de recettes en moins dans le budget de l’Etat.

Moi Président de la République, je prendrai soin de ne jamais bousculer les intérêts des banques, de ne pas séparer strictement leurs activités de dépôt et de spéculation, de ne pas encadrer les stocks options, les bonus des traders, les activités des banques dans les paradis fiscaux, ni les pratiques spéculatives les plus dommageables à l’économie.

Moi Président de la République, je ferai insérer dans les programmes scolaires l’enseignement de entrepreneuriat dès le collège de sorte à faire « aimer l’entreprise » aux enfants.

En résumé, moi Président de la République, je m’appliquerai à rassurer les marchés financiers en appliquant les mêmes recettes que la Troïka impose dans les pays d’Europe du sud, et conduirai à ce titre une politique économique et sociale de droite, dans la droite ligne de celle de mon prédécesseur.

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