Quand la bulle Macron va-t-elle éclater ?

L’ancien banquier d’affaires de chez Rothschild passé par le gouvernement de François Hollande caracole dans les sondages. La question que tout le monde se pose c’est quand la bulle Macron va-t-elle éclater ?

La candidature Macron a été introduite sur le marché électoral tel un produit financier très prometteur. Ce Jeune réformiste, fringant et beau parleur, bénéficie de l’attrait de la nouveauté. Il représente un bon placement pour ses amis milliardaires qui financent sa campagne. Une carte qu’ils pourraient jouer massivement, ainsi qu’une partie de la droite, si la candidature Fillon venait à s’écrouler. Car en ce domaine, il faut toujours réfléchir en termes de base électorale. Le Pen falsifie le discours de la gauche sur la mondialisation pour faire passer son projet raciste et xénophobe au service du patronat, et capter le ressentiment social en se faisant passer pour la candidate anti système. Fillon souhaite capter l’électorat catholique réactionnaire, et plus largement toute une petite et grande bourgeoisie qui se réfugie sur les valeurs traditionnelles de droite, tout en affichant un libéralisme économique débridé. Hamon, Jadot et Mélenchon se partagent l’électorat progressiste avec chacun leurs spécificités. Hamon ratisse plus vers le centre, Mélenchon à l’extrême gauche et Jadot tente de conserver son leadership sur les écologistes.

Une troisième voie bien étroite

Sur quelle base électorale Macron peut-il s’imposer ? C’est le candidat des banquiers et des multinationales. Mais cela fait un peu court comme base électorale pour planer dans les sondages même s’ils sont gonflés. Alors qui sont les électeurs de Macron ? C’est cette génération peu ou pas politisée qui veut de nouvelles têtes. Qui ne se reconnait pas dans le salariat organisé, qui se veut pragmatique, modernes, profession libérale, entrepreneurs, cadres supérieurs, jeunes en quêtes de reconnaissance économique, mais sans problème de classe… Bref, Macron occupe cette espace politique libéré par Hollande et que voulait récupérer Valls avant de se faire doubler. Le quinquennat en trahissant la gauche a semé la confusion la plus totale dans un électorat qui votait traditionnellement PS d’un point de vue sociétal mais qui reste effrayé par un projet de transformation sociale radical. Aujourd’hui Macron leur promet des miracles, il professe à qui veut l’entendre que tout le monde peut s’en sortir, la preuve j’y suis arrivé. Et vient mordre jusque sur un électorat de droite qui ne se reconnait pas dans la figure constipée du catholique Fillon et son « choc thatchérien ». De droite, du centre et de gauche, Macron est en marche, c’est le retour de la troisième voie. Rien de très neuf, sinon son positionnement hors partis. Nous connaissons les dégâts causés par Blair et Schröder en Angleterre et en Allemagne qui sont ses modèles.

Un candidat sans programme

La grande inconnue reste encore le programme. Et c’est bien normal puisque Macron le dit lui-même « l’important ce n’est pas le programme mais le projet ! ». Peu importe l’odeur pourvu qu’on ait l’ivresse. Surtout quand le flacon au marketing particulièrement soigné bénéficie d’une campagne promotionnelle hors du commun. Il faudra pourtant en découvrir le contenu, et nous en avons déjà un avant-goût : Pacte de responsabilité, Loi Macron, Loi El Khomri, bref, la politique du gouvernement rejetée par les français. La nouvelle figure de l’échiquier politique n’est autre que l’héritier du bilan de Hollande qui nous refait le coup de la rupture. Le nouveau Sarkozy c’est lui. L’homme pressé, l’instrumentalisation des médias, les meetings fabriqués, les foules manipulées, les donateurs obscures, les costards de luxe…

Alors quel programme Macron va nous sortir de son chapeau ? La suppression de l’ISF et des cotisations sociales ont fixé le cap. Le prêcheur de la modernité aux truismes assumés risque de se montrer bien inconsistant et finalement apparaître pour ce qu’il est : le candidat de la finance. La fabrique de l’opinion aura-t-elle ses limites ? Sur le marché électoral, la bulle Macron a toutes les chances d’éclater. Mais quand ?

Quand la gauche se sera rassemblée.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.