Faire barrage à la droite dès le premier tour

Détrompons-nous, l’enjeu de cette présidentielle, ce ne sont pas les candidatures de Hamon ou Mélenchon, ni les programmes « Faire battre le cœur de la France » ou « L’avenir en commun ». Ce n’est pas choisir entre « un futur désirable » ou « les jours heureux », même si le vote de conviction reste nécessaire et sous-jacent à tout engagement politique sincère.

Non, ce qui compte avant tout, c’est d’empêcher que la gauche soit éliminée au premier tour. À tout prix, nous devons faire barrage à ce qui débouchera sur une casse sociale sans précédent et qui serait un marchepied pour le FN en 2022, si celui-ci n'est pas élu cette année, ce qui n'est pas garanti. La gauche ne doit pas faire candidature de témoignage.

L'oligarchie s’offre trois candidats : Macron, Fillon, Le Pen

Jamais peut-être l’offensive n’a été aussi brutale, décomplexée, réactionnaire et destructrice de notre modèle social. La gauche est divisée, alors la finance en profite. Après Hollande, elle considère qu’elle peut monter d’un cran. L’aile droite du PS a suffisamment trahi pour pouvoir se compromettre dans une alliance du centre et de la droite. Alors l'oligarchie s’offre trois candidats : Macron, Fillon, Le Pen. Les candidats du fric : le banquier, l’escroc et la milliardaire. Il y en a pour tous les goûts : libéral, conservateur, facho. Tandis que le peuple de gauche assiste désemparé à la division de son camp.

Les sondages font office de primaire de la gauche

D'abord, on l’a privé d’une grande primaire de toute la gauche, avec l’absence de Mélenchon et l’éviction arbitraire de Filoche, au bénéfice de sombres inconnus Bénamias et De Rugy. Le peuple de gauche ne s’est pas démonté et a investi la candidature la plus à gauche dont il disposait pour éliminer Valls, en la personne de Benoît Hamon. Ensuite, entre deux candidatures très proches sur le fond qui se font concurrence, il a reporté massivement ses intentions de vote sur celle de Mélenchon. Afin qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, il n’accorde pas moins de 10 points d’avance dans les sondages à son favori. C’est sans appel. En quelque sorte, les sondages font office de primaire de la gauche. Les candidats ne se sont pas mis d’accord sur une candidature commune comme le souhaitaient 78 % de l'électorat de gauche, eh bien l’unité se fera dans les urnes ! Cela suffira-t-il ? Nous verrons dimanche. Aussi, aucune voix ne doit manquer à la victoire potentielle de la gauche.

Désolé pour Benoît Hamon, mais il devra passer son tour. Pour les socialistes, le vote de conviction attendra un peu. Il faut privilégier le vote utile. Benoît est encore jeune, il s’en remettra. Il a devant lui du temps pour assouvir ses ambitions politiques.

L’élection de Mélenchon ne serait pas une fin en soi

Nous, électeurs de gauche, devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour ne pas subir les 5 années à venir. L’élection de Mélenchon ne serait pas une fin en soi, mais le début d’une coalition où toutes les sensibilités de la gauche devront constituer une majorité parlementaire. Ce ne sera pas sans difficultés ni désaccords, mais assurément plus salutaire que les ordonnances de Fillon et Macron. Chacun doit comprendre qu’il vaut mieux défendre ses positions dans une majorité de gauche que minoritaire sous un gouvernement de droite ou d’extrême droite.

A cet instant rien n’est joué, tout est encore possible. Les sondages n’ont jamais été aussi incertains pour départager les candidats. Tout va dépendre du nombre de socialistes qui va se reporter sur la seule candidature utile à gauche. Alors dimanche, prenons nos responsabilités et votons Mélenchon sans hésitation !

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