Lettre aux indécis

Vous qui hésitez entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, puissiez-vous trouver dans cette lettre de quoi vous déterminer. Comme en toute chose, c’est la fin qui est essentielle et les réponses complexes appellent des questions simples : comment faire gagner la gauche dimanche prochain ?

Les deux candidats ont leurs qualités et leurs défauts mais un seul est en position de se qualifier pour le second tour : Jean-Luc Mélenchon.

« Oui, mais je ne veux pas voter utile, je veux voter pour mes convictions ! » Quelles que soient nos convictions de gauche, aucune ne pourra se réaliser sous un gouvernement de droite. Alors que sous un gouvernement de gauche, les grandes orientations sociales et écologiques qui nous préoccupent seront au cְְœur des débats. La vie politique ne s’arrête pas avec les présidentielles et nombreuses seront les batailles à mener. Mais ce qui sera possible dans une majorité de gauche deviendra impossible sous une majorité de droite.

« Mélenchon n’est-il pas un peu autocrate ? » La question revient souvent, son tempérament et ses méthodes inquiètent certains. Aucun homme politique n’est à l’abri d’une pratique autoritaire et il y a toujours une part de risque à lui remettre le pouvoir, nous l’avons vu avec le 49-3 et la loi El Khomri. Si une chose doit nous rassurer, c’est qu’une fois Mélenchon élu, il devra s’appuyer sur une majorité parlementaire constituée d’une coalition de gauche, rose, rouge, vert, sans quoi, il ne pourra pas appliquer sa politique. Aucun parti ne sera hégémonique comme sous Hollande. Le mouvement des Insoumis a permis de passer par-dessus les appareils politiques, mais aux législatives c’est sur un réseau d’élus et une implantation régionale que repose la rançon du succès. L’unité qui n'a pu se faire à la présidentielle devra trouver sa résolution dans le partage des investitures. C’est la meilleure garantie pour l’exercice d’un pouvoir démocratique, avant la mise en œuvre de la VIe République souhaitée pas les deux candidats. Ce sera surtout l’occasion d’éviter la guerre sociale de la droite qui se propose de gouverner par ordonnances.

« Il y a trop de désaccords entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon pour qu’ils puissent gouverner ensemble ». Il y a quelques jours, pendant deux heures d’un échange courtois et amical à la revue Politis, les économistes Jacques Généreux, conseiller de Jean-Luc Mélenchon, et Thomas Piketty, qui épaule Benoît Hamon sur les questions européennes, ont affiché un accord quasi unanime sur le fond. Les grandes oppositions de principe entretenues par les deux candidats s'évaporent loin des caméras, dès qu'il s’agit de débattre sur le fond, sans affichage électoral. La convergence des programmes est actée, les divergences feront l’objet d’un consensus national constructif au parlement.

Les grandes questions internationales qui aujourd’hui divisent si fortement durant une campagne électorale, nous savons qu’elles nécessitent des réponses prises dans l'exercice du pouvoir, et nous savons que les deux candidats sont déterminés à changer l’Europe et à apporter la paix au moyen orient. Le plus important c’est d’accéder au pouvoir, le vote utile, c’est aujourd’hui Mélenchon. Hamon est jeune, il a tout son temps et il sortira grandi de ces élections s’il appelle à voter Mélenchon au second tour comme il l'a déclaré.

Une dernière chose, Mélenchon est donné largement gagnant face à l'extrême droite (60/40).

Dimanche, votons Mélenchon sans hésitation !

indecis

 

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