La jeunesse, sacrifiée sur l'autel de la stratégie anti-covid

Si la situation s'améliore, le pouvoir ne pourra s'en revendiquer, tant sa stratégie reste incohérente et pour tout dire incompréhensible, qu'il s'agisse du sanitaire ou de l'économique. Les plus jeunes ayant été et restant encore inutilement maltraités, en particulier par une quasi-obligation vaccinale que rien ne justifie.

Au plan sanitaire la lutte contre une pandémie repose sur plusieurs piliers selon sa gravité : la politique de santé publique à l'instant « t », le traitement, l'isolation des sujets infectés, la vaccination éventuellement.

Sur la gravité, la rapidité de diffusion d'une pathologie intégralement nouvelle contre laquelle nous n'avions aucune défense collective avait de quoi légitimement inquiéter. D'autant que ce sacré SRAS avait en outre l'impudence de s'attaquer aux pays riches qui n'étaient plus habitués à ce genre d'immixion pour le moins intempestive. Mais il est apparu très vite d'une part que les plus âgés étaient les plus touchés (93% de morts au delà de 65 ans) et que les dégâts, pour impressionnants qu'ils étaient en valeur absolue, l'étaient moins en valeur relative : mortalité de 0,16% soit 99,84% de survivants pour la population, létalité (décès dans le seul groupe des infectés) plus difficile à apprécier du fait des cas asymptomatiques non comptabilisés mais que l'Impérial Collège de Londres estime à 1,15% pour les pays riches (soit 98,85% de survivants parmi les infectés) contre seulement 0,2% dans les pays pauvres (normal, seulement 3% de « vieux » par exemple en Afrique contre 21% chez nous)

Au plan sanitaire, le premier réflexe, intuitif si ce n'est instinctif de confiner, pouvait se comprendre. Il semble en fait qu'aucune preuve de son efficacité, du moins flagrante, n'ait été apportée. Et tout semble s'être passé comme si, le virus ayant déjà circulé un peu partout, le confinement avait "gelé" des petits groupes de population dans des endroits clos où ils ont pu se contaminer à foison. Ne revenons pas sur les épisodes ubuesques des masques, du traçage, jamais réalisé, pas davantage que l'isolement des porteurs, nous limitant à battre les records de tests pour le seul plaisir de s'en vanter. Quant aux dernières décisions, je ferme ici j'ouvre là, je limite le sport à 1 puis 10 km (explication ? Mystère) je confine puis je conseille de s'aérer au maximum, puis j'interdis à nouveau les grands espaces. Explication? Mystère. Je prévois l'accès sans PASS dans les cinémas mais avec pass dans les stades, au grand air. Explication ? Mystère. Je jauge à 800 ici, à 1000 là, à 5000 ailleurs, tout en interdisant les rassemblements de 10 personnes !

Au plan sanitaire encore, inutile de revenir sur la réduction dommageable de lits de réanimation et la décision, criminelle cette fois, de ne pas revenir sur cette décision et de persévérer dans la gestion dramatique de cette pénurie. Nul besoin de revenir non plus sur l'arrêt crapuleux des expérimentations de type discovery après l'article criminel du Lancet, ni sur l'interdiction de soigner proférée dans les 48 heures suivantes par un ministre de la santé, médecin par ailleurs, qui a cautionné une interdiction de prescrire, là où une simple consultation du Vidal aurait pu compenser son ignorance crasse concernant la non dangerosité de ce produit, l'hydroxychloroquine. Par bonheur les médecins réanimateurs ont compensé ce qui a possiblement été une perte de chance pour de nombreux patients...

Parlons vaccins : il semble bien qu'ils soient efficaces, c'est heureux pour les plus âgés. Mais pourquoi vacciner les moins de 65 ans ? Les vaccine-t-on habituellement contre la grippe, alors qu'ils peuvent la colporter autant que le covid ? Le problème est d'autant plus rude pour les moins de 25 ans que, si on impose un pass pour aller en discothèque ou en boite, ils seront contraints de se vacciner. Contre une maladie qui ne les atteint pas et dont ils n'ont donc pas besoin, avec des vaccins potentiellement dangereux dont rien ne prouve par ailleurs - l'argument de solidarité tombe - qu'ils protègent les autres. Alors que l'on ne trouve plus chez les malades (sauf covid long) de virus vivant dans les voies aériennes après le 17ème jour de maladie. En clair, il aurait probablement mieux valu non seulement autoriser les jeunes à se rencontrer, poursuivre leurs petits jobs, mais aussi aller en classe et à l'université, se réunir en fêtes sans restrictions, faire l'amour autant que faire se pouvait, afin de multiplier des contaminés non contaminants pour augmenter au plus tôt et le plus vite possible une immunité collective dont ils auraient pu être, si on ne les en avait pas empêchés, les meilleurs ambassadeurs. Alors que l'immunité collective vaccinale, de moins bonne qualité, risque de survenir trop tard, quand le virus aura (on l'espère) disparu, puisque au train où l'on va il faudrait plus d'un an pour vacciner tous ceux que l'on veut vacciner. A cet égard, le projet de vacciner les enfants se comprend pour Pfizer et qu'il le le recommande, (X fois plus de doses à vendre) mais que ce projet soit porté par quelques soignants me paraît étonnant et pour tout dire assez effrayant. Un dernier mot sur les vaccins : le Sanofi et le Novavax (ce dernier qui plus est stérilisant) ont une technologie plus rassurante à protéine recombinante et auraient mérité un meilleur sort...

Parlons vaccins génétiques encore : parfaitement inconnus (sauf les vaccins ADN à adénovirus dont les expérimentations de thérapie génique et d'immunothérapie avaient révélé les dangers potentiels) ils ont été adoptés à la va-vite sans aucune des procédures habituelles de prudence. Alors même que l'on connaissait pour ces vaccins génétiques le risque de créer des mutants par contact entre le matériel génétique vaccinal et celui d'un virus hôte concomitant du vacciné.  Je crains qu'à injecter ainsi du matériel génétique nous jouions un jeu dangereux, pour ne pas dire aux apprentis-sorciers. À ce propos, n'étant pas suffisamment compétent, je pose ici la question aux virologues et autres généticiens : l'injection de matériel génétique viral SRAS à des millions de malades possiblement asymptomatiques SRAS n'a-t-il pas pu favoriser la multiplication – tout à fait étonnante même si l'on connait la tendance des virus ARN à muter - des variants et recombinants qui sont semble-t-il la seule cause de la prolongation de la pandémie ? Ce qui expliquerait du reste qu'après 4 mois de vaccination, les courbes de nouveaux cas ne semblent pas être fondamentalement influencées par celle-ci (voir ce site remarquable : https://graphics.reuters.com/world-coronavirus-tracker-and-maps/fr/countries-and-territories/france/)

Quant au PASS sanitaire, s'il voit le jour, il sera truffé d'erreurs : une vaccination de deux jours n'est ni immunisante ni stérilisante. Il en va de même pour un test récent, la contamination ayant pu survenir dans les heures qui l'ont suivi. Quant aux anticorps sériques, on sait que des malades peuvent ne pas en faire, ou les voir s'estomper même si l'immunité-mémoire (cellulaire en particulier) persiste. Au total on laissera entrer ou voyager ici où là des contamineurs potentiels, tout en interdisant ces possibilités à des non-contaminants.

Mais on se sera donné bonne conscience à peu de frais, la décision étant ici purement économique et non sanitaire. Comme la volonté de garantir tous les salaires en chômage partiel jusqu'à 7000 euros brut par mois sans contrôle (on parle d'une très forte proportion de tricheurs) tandis que l'on octroyait généreusement 50 centimes quotidiens aux étudiants (victimes encore ici). Une année de destruction de l'économie- sauf un soutien massif à la voiture et à l'avion, bonjour l'écologie -, une population muselée par la contrainte d'attestations ubuesques d'autorisation de déplacements (jusqu'à 100 000 policiers et gendarmes mobilisés par jour pour environ 15 millions de contrôle, et il paraît que l'on manque de personnel pour assurer notre sécurité), le bilan est lourd.

En fait, tout se fait au doigt mouillé. Et au doigt mouillé d'un seul homme, d'un homme seul, qui dévoie du reste en cela les institutions qu'il est censé défendre, sans que personne apparemment ne s'en offusque (mais à quoi sert donc le premier ministre censé diriger et déterminer avec son gouvernement la politique de la France, à quoi servent les ministres, le Parlement, les corps constitués?) Mais tant que cet homme seul brasse du vent et fait l'important, multiplie les interventions pour susciter des commentaires sur ces seules interventions, on ne parle pas du remboursement de la dette, ni de la réforme de l'assurance chômage, ni du maintien en l'état – qui vire à l'obscénité conte tenu du contexte financier dramatique - de l'ISF, de la flat-tax et autres refus d'augmenter par exemple l'impôt sur le revenu. Tandis que de l'autre côté de l'Atlantique, Joe BIDEN (ou devrait-on l'appeler Joe SANDERS?) lui, agit.

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